Salamandre : à chacun son vélo ...

16 novembre 2017

Les ailes de la Salamandre

Anthony, l'un des 4 piliers du magazine Carnets d'Aventure, a subtilisé mon fat de test à boîte Pinion (ne vous méprenez pas, malgré la couleur, ce n'est pas le même vélo que celui qui est en vente dans le message précédent) pour parcourir toute la côte de basse Normandie de Deauville au Mont Saint Michel pendant 3 semaines. Equipé de matériel de bivouac ultra léger, il a réussi à emmener sur son vélo une voile de parapente ultra légère et a écumé les spots de soaring (vol en sommet de falaise, dune ou autre relief en utilisant l'effet tremplin du relief sur le vent de mer).

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Je ne suis pas parapentiste et spontanément pas plus attiré que ça par les côtes normandes mais là il faut avouer qu'il m'a donné sacrément envie de suivre ses traces !!! Il m'autorise à vous partager ces quelques photos en avant goût de l'article qui paraitra dans Carnets d'Aventure au printemps 2018 (si vous ne connaisez pas Carnets d'Aventure, n'attendez pas le printemps pour découvrir ce magazine).

 

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Initialement Anthony voulait rallier ses différents points de vol par la route avec son vélo de voyage habituel, le fat, lui permettant de suivre la côte au plus près, a donné toute sa dimension au voyage. Et le voyage d'Anthony, par la variété des terrains rencontrés, a donné toute sa dimension au fat...

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Euh Antho, je te prête des vélos à deux roues, tu serais prié de les utiliser...

Le jeu de la Salamandre : une photo d'Ardèche s'est glissée au milieu des photos de Normandie. Si vous la trouvez vous gagnez le droit de venir faire un nose wheeling en Salamandre.

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10 novembre 2017

Un vélo de neige sous le sapin ?

Vous trouverez probablement au même moment ces deux messages : celui où je présente ce vélo et celui où je le vends !

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Donc oui, je vends ce vélo unique car je n'en ai pas l'usage. La neige est rarement présente ici et quand je monte la chercher, c'est plutôt pour glisser sur des planches de fond.

Vous trouverez toutes les explications techniques concernant ce vélo dans le message le concernant.

Sa valeur neuve est estimée à 4700€ (sans tenir compte de l'aspect prototypal, le cadre est estimé au prix Salamandre normal et les jantes comptées au même prix que les DT). Ce vélo a servi 3 fois, chaque fois dans la neige non salée. Je le vends 3200€. Il est disponible de suite.

Ce vélo conviendra à une personne mesurant autour de 1,75m. Si vous êtes trop petit ou trop grand mais que ce vélo vous intéresse, je peux vous proposer une reconstruction de la partie avant en conservant la partie arrière, et bien évidemment passage en peinture neuve, pour 300€ de plus.

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Enfin si le Rohloff ne vous convient pas mais que vous vous sentez quand même pousser des envies d'ultra fatteux, je dispsose de deux autres jantes sur le même modèle (ou presque : la troisième a été réalisée à partir de deux Surly Marge Lite non recoupées donc la soudure est restée visible). Je peux vendre les jantes seules 300€ l'une (mais sur quel cadre les monter ? Aucun fat du commerce n'est prévu pour ça).

Je peux aussi fabriquer le cadre qui va autour, toujours dans la même technologie offset pour dégager la ligne de chaine en montage dérailleur ou Rohloff ou centré pour un montage Pinion, singlespeed ou dinglespeed (sur la photo le moyeu était rayonné centré pour montage avec une boite Pinion). Des solutions de pédalier sont possibles notamment à partir d'un pédalier Hope avec une couronne direct mount artisanale. Le tout étant proposé au tarif habituel Salamandre (par exemple 950€ le cadre pour dérailleur), les jantes vendues avec un cadre seront facturées 200€.

Et si cette envie devient dévorante, il est encore temps (mais juste, juste...) pour l'avoir sous le sapin ! Si la décision est plus difficile à prendre, l'hiver devrait continuer après le 25 décembre...

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L'Ultra fat lave-t-il plus blanc ?

Parfois mon envie d'explorer me pousse à creuser des pistes inexplorées, ou pas suffisamment. C'est comme ça que j'ai voulu suivre la piste du vélo de neige, le fat vraiment conçu pour faire mieux que les autres fats dans la neige. Je veux dire dans des neiges pas artificialisées par des dameuses (ce qui n'a aucun sens pour moi) ou des voitures (ce qui présente en revanche un sens véritable pour ceux qui y sont confrontés 6 mois par an, nettement moins pour un sud ardéchois d'adoption). J'en ai donc rapidement conclu que les pneus fat que l'on connaissait n'étaient pas assez larges. C'est comme ça qu'est né ce gros nounours aux énormes boudins.

Ultra fat 1

J'étais parti (le projet date de 2015) dans l'idée de souder deux jantes existantes et de coudre deux pneus ensemble. Bref, rien de neuf, les pioniers du fat ont fait ça en leur temps. La seule différence était que cette fois je partais déjà de matériel fat pour faire de l'ultra fat. Puis j'ai eu la chance qu'entre temps Vee Rubber sorte le Snowshoe 2XL annoncé à 5.05 pouces réels sur une jante de 100mm (à noter qu'un pneu annoncé à 4.8" mesure dans les faits autour de 4.3" sur une jante de 80mm). Restait à voir ce qu'il donnerait sur une jante de 130mm ! J'ai donc recoupé puis fait souder ensemble deux jantes surly Rolling Darryl pour cet essai. Pour ne pas que ça ait l'air d'un bricolage, j'ai passé pas mal de temps à poncer le résultat puis l'ai fait peindre. Bilan  en tubeless, le gros Vee sort à 5.25" réels. Beau bébé !!!

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Ne restait plus qu'à construire la monture capable d'accueillir un tel bestiau (et même plus gros si ça se présentait !). Il a encore fallu tricher. Pour que la chaine puisse passer au delà d'un tel pneu, il aurait fallu un moyeu Rohloff en 190mm ou un moyeu classique en 220mm. Une fois encore j'ai eu recours à une solution des pionniers du fat : réaliser un cadre avec un décalage latéral (offset) et rayonner la roue de manière décentrée pour compenser. C'est la solution que Surly avait retenue sur son Pugsley pour pouvoir utiliser les moyeux coventionnels en 135mm. Sauf que cette fois encore j'ai appliqué cette recette à du matériel déjà fat. Résultat, avec un offset de 17.5mm (le même que celui qu'avait choisi Surly) j'obtiens l'équivalent d'un moyeu Rohloff en 205mm. La roue a la même résistance qu'une roue rayonnée centrée, peut être même plus car ses parapluies sont plus inclinés. Sur la photo on voit bien que base et hauban droits sortent de la roue alors qu'à gauche ils rentrent dans le volume de la jante. Sur la photo de droite on voit également bien que les rayons sont sur la rangée de trous extérieurs à droite mais sur la rangée intérieure à gauche.

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Enfin, il a fallu un pédalier capable de passer au delà des bases et de fournir la ligne de chaine compatible avec ce montage, à savoir 89mm (pour comparaison, la ligne de chaine d'un vélo de route est de 42,5mm). C'est Spécialités TA qui a confectionné un axe sur mesure de 195mm pour les manivelles Véga. DN-UP a de son côté fabriqué une couronne de 26 dents à montage direct sur le pédalier.

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Le reste est plus conventionnel, à commencer par la roue avant dont la jante Surly Clown Shoe ne mesure que 100 presque ridicules mm (l'occasion de vérifier que le Vee mesure effectivement 5.05" sur cette jante) ! Conventionnel n'exclut pas la qualité puisque la plupart des pièces de ce vélo proviennent de chez Hope (moyeu avant, freins, jeu de direction, potence, collier de selle).

Et en action, parce qu'en définitive il n'y a bien que cela qui nous intéresse ? Il est bien évident qu'un vélo restera toujours un vélo et qu'il avouera à un moment ou l'autre ses limites face à la neige. Celui là ne contredit pas cette règle. Mais sur la neige de printemps très difficile de la "Coupe du Monde d'Ardèche de Fat et Ski" il a clairement démontré que fatter is better. Sur les neiges damées voire gelées, il n'était pas meilleur qu'un autre. En revanche dans les secteurs où la neige fondait, il était très clairement le seul vélo contrôlable de tout le parc vélo, le seul sur lequel le pilote pouvait utiliser son énergie pour avancer et non pour simplement rester debout. Cette ligne d'arrivée qu'Antoine passe sur le vélo, la plupart l'ont passée en poussant.

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Le résultat dans les faits est que ce vélo est Champion du Monde d'Ardèche de Fat et Ski, certes parce qu'Antoine a bien pédalé, mais surtout parce que les autres ne tenaient pas debout ! Je ne retrouve plus la vidéo où Antoine est à la lutte avec Jean-Daniel, pourtant plus fort physiquement et techniquement. Plus que de longs discours ces images exprimaient bien la facilité de ce vélo face à une autre Salamandre plus conventionnelle (pneus de 4.8 sur jantes de 80).

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Si vous vous sentez l'âme d'un ultra fatteux, alors ce vélo sera peut être mieux entre vos mains que suspendu à un crochet de mon atelier. Rendez-vous au prochain message pour en parler.

 

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18 octobre 2017

Fatall : l'arme ultime

Oui si vous vous sentez seul et voulez vous faire des amis, Fatall est l'arme ultime. A moins d'être au fond des bois (j'ai failli écrire au fond du Cantal mais certain pourrait mal le prendre...) il est garanti que vous engagiez une conversation moins d'une minute après l'avoir enfourché. Ce ne sera pas forcément une jolie fille (mais ça marche aussi avec les jolies filles rassurez-vous !) mais certain, au guidon de Fatall on ne peut pas se sentir seul...

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... enfin sauf le jour où, autour de mon atelier (qui équivaut largement au Cantal en termes de densité de population), je me suis rendu compte que la potence n'était pas serrée et que le guidon commençait à tourner... Oui là j'avoue avoir vécu un grand moment de solitude au guidon de Fatall. Mais même dans cette situation désespérée 2m au dessus du plancher des vaches, un buis salvateur m'a tendu les branches (ses pauvres branches ravagées par la pyrale).

Une autre situation pour laquelle Fatall est vraiment l'arme ultime, c'est pour aller chercher les pizzas que vous avez commandées alors que vous êtes une bonne vingtaine. Aucun souci Fatall s'occupe de tout. Le seul danger est de croiser plein de jolies filles sur le trajet retour. Les pizzas vont arriver froides. On appelle ça le deuxième effet kiss cool... Elles vont aussi arriver collées aux cartons qui n'auront pas manqué de se ramollir avec la vapeur sauf si le pizzaïolo a pris soin de mettre les petites tables à trois pieds pour playmobil qui ont trouvé une deuxième vie dans la lutte anti écrasement des carton de pizza.

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Fatall c'est de la faute à Fat(sc)al ! Ben oui tout est toujours de la faute à Pascal. Il m'a trop redonné envie de rouler sur un tall bike en m'envoyant le lien vers "tall bikes will save the world". Et comme Atom Earth Mother est en avancée très lente, genre artiste qui attend l'inspiration, il m'a fallu un truc vite fait à me mettre dans l'entrejambe. A noter que mon entrejambe n'est que de 82 cm donc il faut feinter pour enjamber cette jolie monture. Alors j'ai sorti de sous l'établi plein de morceaux de vélos : du Décathlon évidemment, du Surly et bien sûr de la Salamandre. Puis j'ai commencé à tronçonner et à souder, sans rien dessiner évidemment parce que dessiner c'est tricher ! J'ai sorti une seule fois le mètre pour dégrossir l'angle de direction avec la règle 1cm / 60cm = 1 degré. Une fois le cadre soudé, je l'ai posé sur une paire de roues pour constater qu'il était encore 20cm plus haut que Atom Earth Mother (vous saurez pourquoi Atom Earth Mother quand vous la verrez, mais c'est pas de suite...).

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Il ne vous aura pas échappé que sur la mouture non peinte il y avait un arrière Salamandre de première génération et un porte bagages. Mais ils cassaient la dynamique visuelle de la grande courbe qui monte à la selle et le porte bagages était inutilisable à cause de la chaine. Donc j'ai refait tout ça avant la peinture. La couleur de la selle et des jantes de trial, qui trainaient sur une étagère depuis des années, et un envoi de vert Kawa programmé ont déterminé l'harmonie picturale de l'ensemble. Ainsi peint, Fatall est franchement discret (c'est sa caractéristique première, la discrétion) et se noie à merveille dans un environnement printanier de feuilles vert tendre et de fleurs blanches, ce qui est très pratique pour un mois d'octobre.

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Voilà vous aurez aussi évidemment bien compris que Fatall est la contraction de fat tall (bike), même si, en définitive il est franchement plus tall que fat... Ah oui, un dernier point, si vous en voulez un, je vous filerai quelques tuyaux bien pratiques, mais ce sera à vous de le penser, de récupérer les morceaux de vélo et de faire le boulot. C'est la règle ("tall bikes will save the world" à 23'00") !

Bon allez je vous laisse, je m'en vais faire le tour de mon territoire du haut de mon mirador à roulettes.

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14 septembre 2017

Une Salamandre de raid-aventure à vendre

EDITION : Le vélo vert sur la photo est vendu. Il est parti dans les Alpes où il servira de mulet pour transporter du matériel de balisage de sentier (pancartes, visseuse, marteau et même sacs de béton !). Son jumeau (bleu) va partir jusqu'en février en expédition sur le fleuve Amour gelé encette saison. Il sera remis en vente au printemps mais pour l'instant ce vélo va servir àce pourquoi il a été conçu : le voyage extrême en autonomie ! Plus d'infos ici : http://amurxp.strikingly.com/

Et même deux !

Je mets aujourd'hui en vente un vélo (mais le second peut venir très vite si besoin) de raid-aventure, un vélo conçu pour les grands espaces, la durée, le froid, les sentiers hasardeux. Un vrai VTT et un vrai transporteur !

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Dominikia et Mickaël sont partis à l'été 2016 sur ces deux montures à l'assaut de l'Europe de l'est et de l'Asie. Ces vélos avaient probablement une capacité d'emport trop importante pour eux qui voyageaient à deux (donc en mutualisant certains accessoires) et n'ont pas affronté de conditions très dures. Ils sont repartis sur des montures plus compactes sur lesquelles ils ont gardé leurs équipements. J'ai repris leurs anciens cadres que j'ai ré-équipés pour les proposer aujourd'hui à la vente.

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Ces deux cadres sont identiques en termes de dimensions et sont prévus pour un pilote entre 1.80m et 1.90m. L'un est vert turquoise RAL 6016 (celui en photo), l'autre est bleu saphir satiné RAL 5003. Mais une nouvelle peinture est possible.

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Petite revue des pièces d'occasion :

- cadre fat bike cargo Salamandre avec porte bagage et garde boue intégrés, Fourche ICT repeinte de la couleur du cadre

- sacoches de cadre triangle principal et arrière de selle (grande capacité pouvant recevoir par exemple une tente et plus encore) artisanales Rusjanbgs

- roue arrière Rohloff speedhub XL / jante Sun Ringle Mulefut / rayons Sapim race (le moyeu sera vidangé juste avant la vente, il est à peine rodé)

- pneus Surly Lou / Kenda Juggernaut avec montage tubeless (sera réalisé au moment de la vente pour éviter que le préventif ne sèche)

- selle Italia Max Flite gel

Quant aux pièces neuves :

- tige de selle, potence, cintre, jeu de direction XLC

- roue avant moyeu Hope Fatsno 150x15 /  jante Sun Ringle Mulefut / rayons DT competition

- freins TRP Spyke / leviers Avid FR5

- pédalier Suntour XCT / boitier Shimano BB-UN55 / couronne Middleburn Mono 32T

- chaine KMC Z1HX (spécialement résistante pour usages intenses mono plateau-mono pignon)

Ce vélo coûterait environ 4300€ neuf, je le propose à 2500€ (j'ai appliqué une vétusté de 50% aux pièces d'occasion qui sont très loin d'être à mi vie et 0% aux pièces neuves). Je le propose également à 2700€ avec une peinture neuve.

N'hésitez pas à me contacter si vous avez d'autres questions.

Envie de rouler ? Alors à vous d'inventer la vie qui va avec...

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05 septembre 2017

Tall bikes will save the world !

Peut être avez vous déjà vu, voire essayé mon tall bike.

Le premier proto bricolé en trois heures suite à une rencontre sur le marché des Vans m'a montré le bonheur qu'on pouvait trouver en prenant de la hauteur à vélo. J'ai fait comme tous les tall bike newbies : deux cadres soudés l'un au dessus de l'autre et un plateau coincé pour la tension de chaine. C'est basique, tout simple, mais un peu casse-gueule. Le centre de gravité à la fois haut et très en arrière donne une bonne tendance au cabrage. Pour l'anecdote, slooping (avec deux "o") ça veut dire que le tube supérieur est incliné pour que le vélo soit plus facile à enfourcher !!! (je le remarque seulement maintenant...)

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Ses défauts m'ont conduit à fabriquer un autre Tall Bike, plus haut, plus stable, plus beau, plus abouti. La photo présentée ici est la première mouture (février 2014). Là on entre dans un autre monde. Le vélo est rassurant (si, si, essayez vous verrez !!!), facile à piloter, confortable et avec une capacité de chargement qu'on ne soupçonne pas.

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Depuis, il a subi une première refonte (juin 2016) et a vécu un bel été de balade entre les mains de Rémy qui l'a conduit à la Vélorution Universelle de Toulouse puis de rencontres alternatives en festivals à travers une bonne partie du sud de la France. Puis, au début de l'hiver 2016-2017, j'ai eu envie de le faire évoluer encore. Je suis en train de terminer la troisième évolution sur laquelle je me suis vraiment lâché. Je vous  la dévoilerai quand elle sera suffisamment aboutie. Ce vélo est devenu "ma danseuse", un vélo juste pour me faire plaisir de créer, d'inventer auquel je consacre du temps épisodiquement.

Et ce matin, alors que je m'étais remis çà travailler sur ce beau vélo, Pascal m'a envoyé (le hasard n'existe pas !) cette magnifique vidéo que je n'hésite pas à partager avec vous. Si vous vous demandez pourquoi rouler sur de tels vélos, "Tall bikes will save the world" pourra vous apporter un élément de réponse. Mais vous ne saurez vraiment qu'une fois que vous aurez essayé...

 

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16 juillet 2017

Téléphone-Tour

Je tourne à droite sur la petite route qui monte à Villeneuve et l’odeur me saute au nez. A cette époque, la France sent le foin, le Mont Lozère sent les genêts. J’attendais cette odeur, signe de l’entrée dans la dernière étape de mon périple. La France qui sent le foin, j’en ai traversé un bon petit morceau depuis une semaine. Parti de Saint Malo, j’ai suivi les canaux d’Ille et Rance puis de la Vilaine jusqu’à Saint Nazaire, longé la côte atlantique jusqu’à la Charente Maritime, remonté la Sèvre jusqu’à Niort, tracé mon itinéraire à la carte à travers la Haute Vienne, la Dordogne, le Lot et Garonne, suivi les canaux de la Garonne et du midi de Moissac à Castelnaudary, obliqué plein nord vers Albi pour  rejoindre le Tarn que je suis en train de remonter jusqu’à sa source, au Mont Lozère. Quel étrange parcours ! Quelle cohérence dans cet itinéraire ? Qu’est ce qui un jour a bien pu me pousser à créer tel tracé ?

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Mode "super-touriste" pour Laure et son valeureux pilote !

Cette idée est née d’un message dans lequel je donnais à mon correspondant un numéro de téléphone sous la forme de cinq départements. C’est la première fois que j’ai vu mon numéro de téléphone comme une invitation au voyage ! Pourquoi réfléchir plus loin ? Ce compagnon qu’on craint plus que tout au monde de laisser seul quelques minutes - ou plutôt que, sans lui, le monde ne nous laisse seul - nous offre une opportunité d’itinéraire qu’aucun guide de voyage n’oserait proposer ! Un voyage inédit, presque parfaitement à la carte : il n’existe théoriquement que 24 personnes (48 pour les numéros qui comportent  06 et 07) au maximum qui ont les mêmes nombres à deux chiffres dans leur numéro, à supposer que tous soient attribués. Ça laisse peu de chances qu’un ami à vous fasse le même voyage…

Dans mon cas, une fois réorganisé en un parcours logique, ça m’a donné Côtes d’Armor (22), Haute-Vienne (87), Tarn-et-Garonne (47), Aude (11) et Ardèche (07).  Bien heureux pour un ardéchois d’avoir un numéro en 07 plutôt qu’en 06…  J’ai donc pris le train d’Avignon à Saint-Malo (qui n’est pas dans le 22 mais bien dans le 35) pour un périple en forme de fil téléphonique, ce qui, pour un téléphone portable, est bien un comble. Et puisqu’un voyage se veut une coupure, une évasion, j’ai fait celui-ci en laissant justement mon téléphone à la maison. Ce fil à la patte sans fil qui nous relie en permanence à ce qui n’est pas ici et maintenant, ce petit joujou dont je suis, à l’instar de bien de mes congénères, accro voire franchement dépendant, cet objet  indispensable dont on s’est pourtant bien passé  depuis les débuts de l’humanité, n’était pas de la partie. Petit clin d’œil, à peine monté dans le train, alors que j’avais déjà eu envie d’envoyer dix SMS, juste en face de moi, une mère et son fils s’échangeaient leurs contacts. Le premier commençait par 0 666 ! Diabolique cet outil ?

La suite est un n-ième voyage à vélo qui n’appartient qu’à moi : longues pédalées sous un soleil omniprésent, petits soucis mécaniques, petits soucis bio-mécaniques, rencontres sympathiques, bivouacs improvisés… Rien que vous ne connaissiez déjà tous. La petite différence ce sont ces mille petites occasions où j’aurais eu tendance à prendre mon téléphone et où je n’ai pas pu le faire. Mon seul but aujourd’hui est de vous faire découvrir  le concept du Téléphone-Tour : un voyage à vélo, en suivant les numéros de son téléphone, sans prendre son téléphone. On peut broder autour du concept. J’ai choisi la version soft : liaison en train (et arrivée à la maison puisque dans mon cas ça collait on ne peut mieux). Mais on peut envisager des versions plus sport : liaisons de départ et d’arrivée à vélo, numéros pris dans l’ordre… Et quand un numéro est supérieur à 95 ? On peut certes envisager le pédalo pour partir dans les DOM. Mais inverser les deux chiffres ou les additionner donnera de manière simple un numéro plus exploitable.

En espérant que ces quelques lignes vous aient donné des idées. A vos numéros, posez vos téléphones, partez!

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12 mai 2017

Le vélo de Yohan

Si chaque cadre que je construis à son histoire unique, née de la rencontre entre son futur utilisateur et moi-même, celui que je vous présente ici en a une bien particulière. Yohan est originaire de mon village natal près de Saint Etienne. Bien que nous ne nous connaissions pas personnellement, une dizaine d'années nous séparant, je me souvenais de lui, plus jeune.Yohan travaille sur plusieurs dossiers avec ma maman. Et c'est elle qui lui a conseillé de me contacter. Yohan est une personne de petite taille. Eloïse, sa fille de 7 ans, qui n'est pas de petite taille, veut faire du vélo avec son papa. Mais Yohan, s'il rêve de rouler à vélo avec elle, n'a jamais pu rouler sur un vélo adapté à sa morphologie et souffre le martyr sur tous les vélos qu'il a essayés.

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Les vélos enfant, conçus comme de petits vélos adulte (rarement bien conçus d'ailleurs...) sont en effet totalement inadaptés à son type de morphologie, à savoir un buste d'une taille habituelle pour un adulte, mais des membres très courts. Les vélos enfant ont donc une selle trop haute, un guidon trop bas, un pédalier et un tube supérieur bien trop hauts et des manivelles de pédalier trop longues. Il en résulte des difficultés pour monter sur le vélo, une position très inconfortable, mais surtout la quasi impossibilité de pédaler assis sur la selle et un déhanchement permanent au pédalage.

Dès l'instant où Yohan m'a contacté, l'envie de fabriquer ce vélo m'a gagné. Ce projet a fait "tilt" et mille idées ont jailli dans ma tête. Je savais globalement dans quelle direction aller, mais jusqu'où ? Je ne pouvais pas travailler en théorie sur ce vélo, il me fallait du concret. Alors avant sa première venue j'ai fabriqué un premier prototype, vite fait - mal fait, "à l'arrache" à partir de morceaux de vélos de récup ajustés et soudés sans grandes précautions. Mais en quelques heures j'ai mis sur roues un premier mannequin sur lequel je pouvais faire rouler Yohan. Je n'étais pas tombé si loin du but puisque Yohan s'est tout de suite senti presque à la maison sur ce vélo. Quelques réglages et essais plus tard, je tenais les cotes du futur vélo de Yohan.

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Le reste c'est un peu de jus de cervelle pour contourner des problèmes auxquels je n'avais pas encore été confronté, du découpage, de la soudure et un choix judicieux de composants pour obtenir le vélo le plus fiable et le plus adapté possible.

Les jambes très courtes ont imposé de raccourcir sensiblement les manivelles du pédalier. A 125mm le déhanchement était encore trop important. A 110mm il en restait toujours un peu, mais descendre plus bas n'aurait pas permis un pédalage suffisamment puissant. J'ai obtenu ces manivelles très courtes en recoupant et reperçant d'anciennes manivelles Shimano. Le déhanchement résiduel ne pouvant être compensé, une selle pivotante Proust permet de l'accompagner le plus naturellement possible. Ces manivelles très courtes ont permis de rabaisser d'autant le boitier de pédalier, ce qui, couplé à un tube supérieur cintré, permet à Yohan de rester debout à l'arrrêt en enjambant le tube supérieur. Cette position, qui permet de démarrer facilement en donnant le premier coup de pédale avant de s'asseoir, est une évidence pour nous tous, mais cela ne lui a jamais été possible auparavant.

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Les roues de 20 pouces se sont imposées, des roues de 24 pouces auraient imposé de rallonger l'avant du vélo ou seraient passées trop près du dos. En corrolaire, un moyeu à vitesses intégrées (Shimano Alfine 11) offre une large plage de développement sans qu'un dérailleur avec une chape suffisamment longue passe au ras du sol. Et allez placer un dérailleur avant sur un cadre aussi compact... Il ne fut pas évident de trouver des rayons de 154mm pour la roue arrière. C'est un monteur de moteurs-roue pour vélos électriques qui nous a offert la solution.

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Le reste est du fiable et de l'éprouvé, du standard lorsque l'on veut un vélo fiable et avec peu d'entretien. Pneus anticrevaison Schwalbe Marathon plus, freins à disque hydrauliques Shimano Deore, jantes à double paroi, une béquille raccourcie...

Je me suis vraiment régalé sur cette belle aventure. La suite de l'histoire, c'est maintenant à Yohan et Eloïse de l'écrire...

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08 janvier 2017

Fatscal propulse Salamandre en hauteur en 2017

Pour vous souhaiter une bonne année 2017,  je n'hésite pas un instant à vous offrir la première vidéo de Pascal en 2017. L'enfoiré !!!

Le gap de la roue bignole !!!

Et tant que j'y suis, notre petite sortie de Noël...

La cheminée du Père Noël

Bonne année 2017 à tous

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01 septembre 2016

A chacun sa géométrie

Petit message technico-théorique, tout en texte et sans images pour diluer. Avis aux amateurs...

Une bonne géométrie, c'est comme le fat, ça ne convient pas à tout le monde mais quand ça nous convient on a du mal à rouler sur autre chose. Les constructeurs de vélos de série cherchent des géométries en général moyennes, censées convenir au maximum de personnes, au maximum de composants et au maximum d'utilisations. En tant que constructeur artisanal, j'ai la chance de pouvoir explorer des options moins "standard" et de rechercher pour chaque personne la géométrie qui lui conviendra.

Un certain nombre de Salamandre à bases ultra courtes (géométrie "Lara") ont été montrées ces derniers temps. Ce qui a pu pousser certains à penser que c'était devenu un standard Salamandre, voire à dire que j'essayais de lancer la modes des bases courtes. Il n'en est rien. Ce type de géométrie convient à certaines personnes (dont moi même) et certains usages, mais est à proscrire pour d'autres. Je vais donc vous expliquer ma démarche. Il s'agit en gros de répondre à 3 questions primordiales :

- Un vélo pour qui ?

Si je demande désormais à tous mes clients de venir faire quelques tours de roue avec moi, ce n'est pas uniquement pour le plaisir de boire une bière ensemble (attention message subliminal : pour que je puisse servir une bière fraiche, artisanale évidemment, il faut que le frigo ait auparavant été alimenté en bière pas fraiche !), c'est surtout pour cerner le pilote qui se cache derrière les échanges de mails. Les mots sont une chose, mais d'une part ils sont sujets à interprétation, et d'autre part teintés de la personnalité (fin pilote timide et modeste ou pilote moyen mais fanfaron ?). Donc rien ne vaut l'essai in situ pour recueillir l'avis du pilote sur les géométries testées, complété de ma propre observation.

- Un vélo pour quel usage ?

Balade tranquille, sorties sportives musclées, descentes techniques, montées impossibles... La géométrie unique qui excelle dans tous les domaines n'existe pas. Il va falloir faire des choix.

- Un vélo avec quels composants ?

Les composants employés vont influencer la géométrie, soit directement en imposant des contraintes (un pneu large et une transmission 3x10 , Rohloff ou a fortiori Pinion vont par exemple imposer une certaine longueur de base en dessous de laquelle il ne sera pas possible de tout loger sans interférences), soit indirectement en influençant le pilotage (une fourche télescopique va modifier la façon d'appréhender le terrain et donc le pilotage, permettant ou pas certains types de géométrie).

A partir de là on va pouvoir commencer à penser géométrie. Tout développer serait trop long aussi je vais juste prendre 3 géométries types :

- Le randonneur :

Il adopte une position relativement redressée, confortable dans la durée sur un effort relativement peu intense. Son poids est donc naturellement basculé sur l'arrière. Cela combiné à de tout petits braquets en montée fait que des bases courtes rendraient le vélo très difficile à contrôler en montée (cabrage intempestif), ce qui ne correspondrait pas du tout au tempérament tranquille du pilote. La géométrie adaptée sera courte à l'avant, longue à l'arrière, très stable et sécurisante. La contrepartie se trouvera dans un comportement peu vif au pilotage et un chargement important de l'avant dans les descentes, rendant le vélo moins confortable

- Le sportif :

Ayant besoin d'une position allongée pour exprimer sa puissance, son poids est naturellement placé plus en avant. On peut alors se permettre de raccourcir les bases pour rendre le vélo plus joueur sans risquer le cabrage intempestif, d'autant plus que le sportif utilisera en montée des braquets plus importants.

- Le pilote :

Adepte des parcours très techniques et engagés tout autant que des descentes rapides où il faut piloter, il a besoin d'une position pas trop sur l'avant et d'un vélo qui lui réponde au doigt et à l'oeil. La réponse Salamandre à ce besoin est la géométrie Lara : extrèmement court de l'arrière (des longueurs de bases pouvant atteindre 400mm), un empattement avant plutôt long mais un poste de pilotage court (potence très courte, angle de direction relativement couché). C'est une "géométrie de pilote" : le vélo ne fait pas le travail à la place du pilote mais lui donne les moyens de le faire efficacement lui même. Les masses sont facilement transférables sur une roue ou sur l'autre pour confier l'adhérence à celle qui en a le plus besoin, les sauts de marche peuvent s'enchainer sans avoir à réarmer une bascule avant-arrière, les bunnies peuvent s'enclencher au dernier moment, les changements de trajectoire sont très rapides, la roue avant naturellement peu chargée transmet moins d'impacts au pilote. Imposant un chargement volontaire de l'avant ils peuvent être déroutants au début, plus fatigants dans les longues montées. C'est le prix à payer pour un maximum de contrôle, de facilité et de confort en descente. Cela implique un certain apprentissage (ma premire sortie sur la dompteuse m'a dérouté) mais une fois pris le coup il devient très difficile de rouler sur autre chose.

Pourquoi cette géométrie va complètement à l'encontre des géométries de plus en plus longues proposées par les constructeurs sur les vélos d'enduro ? Les vélos longs sont stables et rassurants dans le rapide. Mais il ne permettent pas les transferts de masse rapides imposés par un terrain difficile. Ils permettent également difficilement de soulager l'avant. De ce fait, j'estime que les géométries enduro longues sont des géométries peu ludiques mais très efficaces quand elles sont couplées à des suspensions. Mais elles ne sont pas transposables à des vélos non suspendus : un vélo long sans suspensions malmène son pilote dans le cassant rapide, venez je vous ferai essayer. Elles sont en particulier très adaptées aux bike parks, monnaie courante dans les pays anglo-saxons où certains ne roulent plus que sur terrain aménagé, où l'enchainement des obstacles est conçu pour un certain "flow" correspondant aux vélos et offrant un maximum de sensations, notamment à haute vitesse. Le terrain et le vélo sont conçus l'un pour l'autre. Ils conviennent aussi aux terrains naturels rapides et connus où l'on peut rentrer plein pot dans l'obstacle sans réfléchir. Mais en terrain naturel (ou du moins aménagé par des générations de randonneurs), et notamment en montagne, il faut souvent être plus rapide car ce flow n'existe pas, les marches peuvent se succéder sans temps de reprise, les épingles peuvent être plus serrées, les déplacements type trial obligatoires. Dans ce cadre la géométrie Lara avec fourche rigide sait tirer son épingle du jeu : suivre le rythme dans le rapide et s'imposer dans la montagne brute.

Posté par stephyann à 11:04 - Commentaires [0] - Permalien [#]