Salamandre, à chacun son vélo

02 novembre 2019

Toussaint productive

Hier matin, je me suis réveillé avec un programme bien établi : aujourd'hui je fabrique le cadre d'Olivier. Puis je tombe sur la date : 1er novembre. Hum ça me dit quelque chose cette date... Ah oui la Toussaint, mais c'est férié !!! Quand on vit la moitié du temps dans sa cabane et qu'on travaille quand on veut c'est le genre de notion qui a tendance à vous échapper. Pas un problème pour moi, j'ai envie de faire ce cadre.

Oui mais je suis presque à court d'argon et la douille de direction n'arrivera pas aujourd'hui comme je l'avais prévu. Donc si je commence par le cadre d'Olivier, je vais immobiliser mon gabarit. Je vais donc commencer par fabriquer ce tandem qui attend depuis des mois (une Recyclette avec une partie arrière de Sobre Off) qui est programmé en peinture en même temps que le cadre d'Olivier (même couleur). Et ne surtout pas le souder complètement pour ne pas vider l'argon et me retrouver coincé...

Voilà comment je me suis retrouvé à pointer deux cadres dans la même journée (à une douille de direction près). Certes un cadre pointé est loin d'être terminé. Mais c'est quand même vachement gratifiant !

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Yesterday morning, I woke up with a well-established program : today I build Olivier's frame. Then I come across the date: November 1. Um, that date sounds familiar... Oh yes, All Saints. But it’s a holiday !! For someone who lives half the time in a cabin and works when he wants, this kind of notion makes no sense. So it's not a problem for me, I want to build this frame.

Yes, but I’m almost out of argon and the headtube won’t be there today like I first planned. So if I start with Olivier’s frame, I won't be able to fully spot weld it and my building table won't be available for anything else. So I will start by making this tandem that has been waiting for months (a Recyclette including a Sobre Off tail). It is programmed to be painted at the same time as Olivier's frame (same colour). And I'll only spot weld in order not to empty the argon and be stuck…

At the end of the day, I had spot welded 2 frames (excepted Olivier's headtube). Of course, a spot welded frame is anything but finished. But it's really rewarding !

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30 octobre 2019

Une jolie Recyclette de ville à vendre

Décidément, que de vélos dorment dans cet atelier ! Il faut faire du ménage. C'est dans ce cadre que je vous propose ce joli vélo de ville qui conviendra à une personne d'environ 1,65m à 1,75m.

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Ce vélo a été réalisé sur la base d'un cadre Surly 1x1 et d'une fourche Kona Project 2 sur lesquels j'ai greffé de jolis porte-bagages maison. Le porte-bagages arrière est dimensionné pour recevoir une personne (de préférence un enfant ou un adulte de petit gabarit tout de même), qui pourra disposer de repose pieds fixés directement sur les axes de roue. Des tubes de protection évitent le passage de pied du passager dans la roue arrière. Enfin, deux petits tubes en haut permettent de fixer des sacoches. Le porte bagages avant reste disponible pour emport de cartable, ordinateur portable, sac de courses...

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La transmission est confiée à un moyeu arrière Shimano Alfine à 8 vitesses intégrées. A l'avant, son homologue à dynamo intégrée fournit l'électricité pour alimenter l'éclairage Bush & Müller. Les pneus Schwalbe Big Apple Plus offrent tout à la fois un bon roulage, du confort pour le pilote et son éventuel passager et une très bonne protection contre les crevaisons. Des garde-boues SKS, une béquille Pletscher viennent compléter la panoplie indispensable du vélo utilisé au quotidien.

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La selle et les poignées cuir Lepper donnent à ce vélo une touche résolument classe tout en offrant un très bon confort. Le cintre Mary Bar et la potence Ergotec High Charisma viennent ajouter au confort général avec une position modérément relevée.

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A l'exception du cadre et de la fourche recyclés et dotés d'une peinture poudre polyester neuve, de la roue arrière qui a été utilisée quelques centaines de kilomètres quasi exclusivement par mon fils Arthur, alors âgé de 10 à 13 ans, la totalité des pièces de ce vélo est neuve. Ce vélo est donc tout comme un vélo neuf que je propose au prix de 1800€

 

English version :

 

Too many bikes in this workshop ! So today I propose you this nice utility bike that will fit a 1,65-1,75m rider.

This bike was built from a Surly 1x1 frame + Kona Project 2 fork. I built nice integrated front and rear racks. The rear rack has been designed to carry a passenger (preferably a child or light weight adult). Footrests are attached to the rear wheel and wheel guard tubes have been welded for comfort and safety. The upper tiny tubes allow to fix paniers. The front rack is ready for school bag, portable computer or shopping bag.

Both hubs are Shimano Alfine. The rear one provides 8 integrated gears while the front one makes electricity to feed rear and front Bush & Müller lights. Schwalbe Big Apple Plus tires provide nice rolling, comfort for both pilot and passenger and very good puncture protection. SKS mudguards and Pletscher bike stand complete the essentiel equipement of a daily used bike.

Lepper leather saddle and grips give this bike a really classy line and provide good comfort. Ergotec High Charisma stem plus Mary Bar give the pilot a moderatly high position. 

The frame and fork are used but renewed with the add of the racks and new polyester coating. The rear wheel has only been used by my son who was 10-13 years old at this time. Any other part on this bike is new. This makes this bike equivalent to a new one. I want to sell it for 1800€

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06 octobre 2019

Et toi tu m'emmènes où ?

En 2016, Dominikia et Mickaël ont réalisé un beau périble en Europe de l'Est et Asie centrale. J'étais là, c'est moi qui avait la belle mission de transporter Dominikia et ses bagages

In 2016, Dominikia and Mickaël went for a wonderful trip in Eastern Europa and Central Asia. I was there ! I had the tough but pleasant mission to carry Diminikia and her luggages

Dominikia Mickaël Aragak

Pour Noël 2017, Armel s'est offert pour Noël un beau voyage solitaire sur le fleuve Amour gelé. J'étais encore là, parfois juste en dessous de lui, bien souvent à ses côtés sur ces terrains difficiles, mais toujours transportant ou tractant vaillamment son lourd chargement.

For Christmas 2017, Armel offered himself a lonesome trip on frozen Amur river in Siberia. I was still there, sometimes just below him, more often at his side on these very difficult riding terrains, but always carrying or hauling his heavy load

Armel amur

En 2018 et 2019, William, son épouse et un de leurs amis ont parcouru l'Amérique latine et australe pendant 10 mois. J'étais encore et toujours là, toujours lourdement chargée mais tellement heureuse de partager avec eux tous ces beaux paysages.

In 2018 and 2019, William, his wife and a friend had a 10 months trip in southern and austral America. I was here again. Heavily loaded as usual, but so happy to share with them these wonderful landscapes.

William Salar Uyuni

Pour la troisième fois, je rentre à la maternité où Yann me refait une santé. Quelques légères modifications, une peinture neuve et un équipement presque entièrement neuf. J'attends désormais patiemment celui ou celle qui voudra continuer l'aventure à mes côtés.

For the third time, I'm back to the nursery where Yann made me ready for the next start. A few frame modifications, new coating and nearly fully new parts. I'm patiently waiting for the one who'll bring me to new adventures

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Cadre (frame) Salamandre cargo fat

Fourche (fork) Salamandre fat neuve (new)

Moyeu arrière (rear hub) Rohloff 500/14 XL servi environ 20h sur ultra fat neige (used around 20h on ultra snow bike)

Moyeu avant (front hub) Hope Fatsno 135

Jantes (rims) Sun Ringle Mulefut 65SL - 27.5" servi environ 100km sur fat test (used around 100km on test fatbike)

Pneus (tires) Maxxis Minion FBF 27.5" x 3.8" servi environ 100km sur fat test (used around 100km on test fatbike)

Montage tubeless neuf, le préventif sera mis au moment de la vente (new tubeless mounting, sealant will be inserted just after the sale)

Jeu de direction (headset), potence (stem), cintres (handlebars), selle (saddle) neufs (new) XLC

Tige de selle (seatpost) Ergotec Hook Evolution neuve (new)

Freins (brakes) Shimano BR-M6000 neufs (new)

Pédalier (crankset) Suntour XCT, boîtier (bottom bracket) Shimano BB-UN55

Chaîne (chain) KMC Z1HX neuve (new)

Sacoche artisanale (handmade rear bag) Russian

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Valeur neuve 4200€, prix de vente 2900€ (new value 4200€, sold 2900€)

Possibilité de faire fabriquer une sacoche de cadre sur mesure par Cévènavélo (possibily to ask for a frame bag handmade by Cévènavélo)

Ce vélo, conçu pour l'aventure, n'est pas adapté à une électrification (this adventure oriented bike hasn't been designed for electrical power assistance adaptation)

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Alors tu m'emmènes où ?

So, where will you bring me ?

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27 septembre 2019

Le cargo ultime ?

Dans le domaine du cargo bike il y a les inconditionnels du Long Tail et les indécrotables du Long John, chacun affirmant que son préféré est plus polyvalent que l'autre. Et si la vérité était ailleurs ?

The world of cargo bikes is divided by the Long Tail vs Long John war. Every camp strongly affirms that his favourite is the best. But if the truth was out there ?

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1 cadre à expédier + bouteille de gaz vide sur Chadouillet - Saint Paul le Jeune (6km), pas de cadre et bouteille pleine au retour

1 frame to be shipped + empty gas canister from Chadouillet to Saint Paul le Jeune (6km), no frame and full canister on the way back

 

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2 cadres + fourches Salamandre, 2 cadres + fourches Recyclette + un porte bagages sur Chadouillet - Les Vans (19km)

2 Salamandre frames + forks, 2 Recyclette frames + fork + 1 rear rack from Chadouillet to Les Vans (19km)

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Trajet aller à vélo, trajet retour en transportant le vélo Chadouillet - Chadouillet (1km)

Way forward by bike, way back carrying the bike from Chadouillet to Chadouillet (1km)

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Escabeau 6 marches de Chadouillet à Banne (9km)

6 steps ladder from Chadouillet to Banne (9 km)

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Rouleau de toile cirée et colis de Banne à Chadouillet (9km)

Roll of waxed canvas and parcel from Banne to Chadouillet (9km)

 

Plus j'utilise ce vélo, plus je m'amuse à transporter les charges les plus improbables. Pourtant il n'était vraiment pas prévu pour ça au départ. Je l'ai construit en quelques heures après avoir visionné la très addictive vidéo des Zenga Bros "Tall bikes will save the world". Le prochain que je vais construire va intégrer toute l'expérience et les rêves que Fatall fait naître en moi. Je le laisse encore infuser un peu mais ça va être à n'en point douter le cargo bike le plus bad ass d'Ardèche !

The more I ride this bike, the more I have fun and try to carry the most unconventionnal possible loads. But at the beginning I didn't design it for this purpose. As a matter of fact I didn't design it at all and built it in a few hours after visionning the addictive video from Zenga Bros "Tall bikes will save the world". The next one I'll build will integrate all that I'm currently experiencing and dreaming of with this bike. I let the ideas become clearer and clearer in my mind, but no doubt it will be the most bad ass cargo bike ever in Ardèche !

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24 septembre 2019

En 2019, je fais ce que je veux - saison 3

There is an english version of the post at the bottom of this page. I'll try to make this on every post.

Je vous l'accorde, la saison 3 arrive avec un peu de retard. L'été est fini, l'automne s'installe doucement. Peut être que justement cet été j'ai un peu fait ce que je voulais. A moins qu'au contraire je me sois un peu laissé aller à la facilité... Qui sait ?

Je me suis offert un peu de vacances au frais. Une semaine en Bretagne avec Tifor mon camion, Laure ma bicyclette et Exocet Crosspro 94 ma planche à voile qui n'a pas la chance d'avoir été baptisée par moi-même... Puis une dizaine de jours en Ecosse avec Cendrine, ma compagne, en voiture, sans vélo ni planche à voile. J'adore ce pays réellement magnifique. J'espère bien y retourner en mai pour la Highland Trail 550... Mais à côté de tout ça, j'ai aussi fait ce que je veux vraiment à l'atelier. Et notamment, j'ai approvisionné des composants "équitables".

Paragon Machine Works

J'ai immobilisé beaucoup d'argent dans des éléments de cadres Paragon (pattes de roue arrière et avant, axes de roue, boitiers de pédalier...). Outre la qualité de ces produits, ça me plait de travailler avec cette entreprise située dans la baie de San Francisco où il semble faire bon travailler. Ces composants en remplacent d'autres dont je ne connais pas la provenance exacte mais que l'on retrouve sur un certain nombre de cadres fabriqués à Taïwan, ce qui permet a priori de douter de leur production dans une petite entreprise artisanale... Ces nouveaux composants demandent une adaptation de mes outillages qui est en cours. La première fourche les intégrant a été fabriquée la semaine dernière. Le premier cadre est prévu pour la première semaine d'octobre.

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Velocity USA

Ayant repris à mon propre compte l'activité de montage des Salamandre, j'ai choisi d'approvisionner des jantes Velocity. Pourquoi Velocity ? Parce que cette entreprise fabrique elle-même les produits qu'elle distribue et a la main sur son outil de production. Chaque profil est décliné en de multiples diamètres (tableau des tailles et profils), de multiples perçages (de 20 à 48 trous) et une myriade de couleurs (noir, argent, poli et 8 couleurs parfois très originales). Evidemment tout cela a un prix et engendre un certain délai. Mais c'est possible. Pour cette première commande mon choix s'est porté sur des Dually (modèle plus en 45mm) et des Cliffhanger (modèle robuste pour usage touring, utilitaire ou VTT), toutes deux compatibles tubeless.

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Source: Externe

Mais peut être que la meilleure raison pour choisir Velocity est que Jeff Jacobi, l'un de leurs employés, est champion du Monde de skim bike !!! J'aime l'idée que cette entreprise soit une entreprise de passionnés et de gens qui savent ne pas se prendre au sérieux (tout en travaillant sérieusement). Cela m'amène à approfondir la conception que j'ai d'un vélo équitable, ou plus largement la conception que j'ai du travail. J'ai envie que les personnes avec qui je travaille prennent du plaisir à faire ce qu'elles font. J'ai envie de travailler avec des gens passionnés, avec des gens aussi fous que moi et, si possible, avec des personnes qui feraient ce métier même si cela ne leur rapportait rien.

D'un point de vue environnemental, bien que j'essaie de grouper au maximum mes commandes (les jantes de 20" sont empilées à l'intérieur des jantes de 26", elles-même dans les jantes de 29", le 27.5" étant l'erreur de l'évolution du vélo qui vient mettre le bazar dans ce jeu de poupées russes...), c'est certainement bien plus mauvais que de faire venir par bateau un container de jantes asiatiques. Mais d'un point de vue de l'énergie "subtile", ça n'a rien à voir. Ce que je vais dire ici n'est que pure supposition, mais j'ai dans l'idée que les grandes entreprises du cycle asiatiques ne sont pas des entreprises de passionnés mais simplement des structures destinées à générer un revenu. Cela n'enlève rien à leur compétence, mais ce n'est absolument pas en accord avec l'énergie qui m'anime.

Nos vélos sont des véhicules de loisir, des machines à plaisir. Est-il cohérent que pour notre plaisir d'autres aillent travailler dans des conditions que nous refuserions ? N'avons nous pas plus envie d'imaginer ceux qui ont fabriqué nos pièces comme des personnes aussi passionnées, voire aussi folles que nous qui s'éclatent sur leurs vélos comme derrière leurs machines ? Je ne suis pas allé visiter toutes ces entreprises. Je le ferai peut être un jour. Mais faire baisser artificellement le prix d'une Salamandre en montant des pièces asiatiques de grande série me semble profondément incohérent. J'ai envie de voir les Salamandre rouler en Paragon, Velocity, Middleburn, Hope... Je suis en train de mettre au point une politique tarifaire allant dans ce sens que je vous dévoilerai très prochainement.

Dans les années 90, une marque grenobloise, Emery (qui comme tout le monde faisait fabriquer ses vélos à Taïwan) avait un slogan "Inventer pour le plaisir". C'est tellement vrai et je veux faire mien ce slogan. Inventer, fabriquer, rouler pour et avec plaisir. Pour mon plaisir et pour le vôtre...

 

Sorry for the english speaking readers, the 2 first seasons of my 2019 story "In 2019, I do what I want" hadn't been translated.

To be short, by "I do what I want" I mean that I choose the directions I want to follow. I can't follow all the directions so I have to renounce to some I would like to follow and choose only my favourite ones. And then, I do anything I can to follow them. It also means that I become, by my work, the change I want to see happening in the world. I'm concious of the consequences of my choices and I act in this conciousness. In my first message, I gave a few of these directions I wanted to follow. The current post is a continuation of this.

A little bit late for this third season, summer is over. Maybe because during the summer I did what I wanted, or simply followed the easy way... Who knows ?

During this summer I had few holidays in Britanny and Scotland. I really love this country where landscapes of Britanny, the Alps and Lozère mix together and result in unique and wonderful places. Hope to be back there in may for Highland Trail 550... But I also really did what I wanted to do in my workshop ! Most of all, I bought"fairtrade" components

Paragon Machine Works

I spent much money in buying a quite large stock of Paragon components (rear and front dropouts, skewers, bottom brackets...). More than the high quality level of these components, I'm glad to work with this small San Francisco based company where working seems to be pleasant. I prefer this than using some components I can see on asian built frames, what make me suppose they're not built in a small workshop in Europe... These new frame components require that I build new tools to integrate them. Work in progress. The first fork with Paragon dropouts was built last week. The first frame should be built next week.

Velocity USA

I also have provided a small batch (not that small in regard to my bank acount) Velocity USA rims. Why Velocity ? Because they build themselves the rims they sell, they have their production tool under close control and can build custom rims. Every profile is proposed in many diameters (profiles and sizes chart here), many hole patterns (from 20 to 48 holes) and multiple colours (black, silver, polished and 8 bright and deep colours). Of course, this generates extra cost and delay but it's possible. For this first order I chose Dually (plus/fat 45mm wide model) and Cliffhanger (strong rim for commuting, travel or ATB purpose). Both are tubeless compatibles.

But maybe the main reason why I chose Velocity is the fact that Jeff Jacobi, one of their employees, is the current Skimbike world champion ! I particularly like that the employees in Velocity (at least some of them) are bike addicts and people who work seriously but don't take themselves too seriously. This makes me deepen my idea of what could be a fairtrade bike and, more generaly, of what a job should be. I want people I work with to have fun while working. I want to work with passionate people who would do what they do even if they earned no money for this.

From an environmental point of view, despite the fact I try to densify my orders (20" rims inside the 26"; themselves inside 29", 27.5" rims are black sheeps...), buying US made rims is probably worse than ordering containers of Taïwan made rims. But regarding subtle energy, it's totally different. What I'm telling here is pure supposition, but in my opinion the large asian cycle companies are not run by passionate people. They've only been made to generate an income. No problem with the skill or quality, but nothing to deal with the energy of Salamandre.

Our bikes are leisure vehicles, pleasure machines. Do we want our pleasure machines to be made by people who work in some conditions we wouldn't accept for us ? Wouldn't we prefer to imagine the persons who built our bikes and most of their components as passionate or even as crazy as we are ? People who have fun on their bikes and at work ? I haven't visited these companies. Maybe I will once. But artificially reducing the price of a Salamandre by the use of asian low price components makes no sense to me. I want Salamandre bikes to ride with Paragon, Velocity, hope, Middleburn... I'm currently working on a pricing policy that takes this into account.

In the 90's, Emery, a french bike brand (which frames were built in Taïwan as any other) had a leitmotiv "Inventer pour le plaisir" that can be translated into "Inventing for the pleasure". I want this leitmotiv to be mine. Invent, build and ride for my and for your pleasure.

 

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05 septembre 2019

2012 - 2019...

Il parait que 7 ans correspondent à un cycle. J'espère que je n'en suis pas au même point qu'il y a 7 ans mais que, comme le vautour fauve s'élève peu à peu au dessus des gorges de la Jonte, j'ai pris un peu de hauteur au cours de cette longue orbe...

Some people say that 7 years correspond to one cycle. I hope that I'm not at the same point than 7 years ago  but that I gained a little height during this cycle, like the silent vulture gets higher and higher over the steep Jonte canyon...

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22 août 2019

On a trouvé un vrai berger landais !!!

Marc est venu hier au soir à l'atelier pour lancer la fabrication d'un fat. Mais je ne résiste pas à vous montrer le clou de ces deux jours, la révélation de ce landais pur souche, amoureux des animaux devant ce fabuleux outil de surveillance des troupeaux. au diable les échasses, vive le Tall Bike !!!

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Il est reparti enchanté de ces deux jours. Et nous aussi on s'est bien régalés. Reviens quand tu veux ;-)

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03 août 2019

Laure la bretonne

Si vous avez lu tout mon site, vous connaissez déjà Laure, ma gentille compagne à deux roues du quotidien à qui je faisais miroiter un hypothétique voyage en contrepartie du quotidien de labeur que je lui offrais. Si vous aviez apprécié sa robe ivoire et les courbes de son guidon, les photos de la belle ci-dessous vont probablement vous surprendre. Vous avez peut être déjà remarqué, sur un autre post, ce guidon prototype qui me permet d'adopter selon le terrain, des positions de type "route" dans les sections où ça déroule, ou plutôt "VTT" quand j'ai besoin de contrôle ou de me redresser. J'ai profité de quelques petites modifications sur le cadre pour la parer d'une nouvelle robe bleu-gris légèrement granuleuse qui se marie très bien avec son nouveau jeu de sacoches sable réalisées par Helmut (guidon, fourche) et Cévènavélo (cadre). Elle est encore appelée à évoluer avec notamment diverses configurations rapidement interchangeables. A suivre donc...

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Je la voulais "tempête bretonne" avec un cadre rappelant un ciel menaçant ou des toits en ardoise, des sacoches évoquant le sable ou la pierre, et les pièces argentées comme l'écume. Malheureusement, mon manque de maîtrise de l'appareil a éclairci tout le paysage pourtant bien sombre et menaçant (d'ailleurs on s'en est pris une bonne dans les minutes qui ont suivi...). Et, une fois de plus, la photo est floue...

J'ai profité du coup de vent pour aller naviguer un peu en planche à voile, puis, dès le lendemain, nous sommes partis tous les deux à l'assaut des chemins finistériens. Frédéric Bernard, l'organisateur du Gravel Tro Breizh m'a donné son accord pour suivre son tracé, mais c'est avec les fichiers perso de Paul Galéa, le vainqueur de l'épreuve (excusez du peu), que je suis parti sur un tout petit, mais très joli tronçon de cette course : Morlaix - Douarnenez. Petit retour en quelques images sur ce trait d'union entre des lieux que j'avais découvert près de 30 ans plus tôt (j'ai vécu 6 ans à Brest) mais reliés par un cheminement inédit pour moi.

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Parti de Morlaix vers quatorze heures, j'ai atteint le Mont Saint Michel de Braspart, ou Menez Mikel, en toute fin d'après midi. Ce n'est pas le plus haut sommet des Monts d'Arrée, il est d'ailleurs un peu à l'écart de la chaîne majeure, mais il est probablement celui qui offre la vue la plus étonnante. Ce jour là il faisait trop beau à mon goût. J'ai découvert ce lieu par un temps gris avec des passages brumeux. La centrale nucléaire, jamais mise en service, de Brennilis (au fond à droite) qui sortait de la brume et la musique psychédélique de Pink Floyd (Atom Heart Mother, que j'écoutais à ce moment là) ajoutaient au mystère de ce lieu de légende. Le marais en bas, le Yeun Elez, abrite le Youdig, la porte de l'enfer... C'est cette ambiance surnaturelle que m'inspire ce lieu. Ce mercredi soir, le temps était estival (estival breton...), et c'était beau aussi.

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C'est à la nuit tombante que Laure et moi avons atteint la jolie petite bourgade du Faou. Trop tard pour manger une galette mais je sais jeûner. J'ai trouvé un abri couvert où jeter mon matelas et mon duvet et passé une nuit plus reposante qu'espéré.

J'étais passé au Faou en pleine nuit un soir d'octobre 1992. Alors en formation à l'Ecole Navale, j'avais raté le transrade et entrepris le tour de la rade de Brest sur le vélo d'une amie. C'était un vélo de fille à 3 vitesses dont la selle descendait petit à petit, éclairé par une loupiotte dont la dynamo ralentissait plus efficacement le vélo que ne savaient le faire ses freins, aux patins durcis par les années, qui tentaient vainement de mordre dans l'acier chromé. Cette fois non plus, je n'avais rien trouvé à manger en passant au Faou, et, moins bien préparé que maintenant, j'avais terminé en hypoglycémie. Cet exploit m'avait valu le titre de "Warrior de la semaine" de la part de mes compagnons de chambrée, ce qui, venant de bordaches (les vrais élèves de l'Ecole Navale, futurs officiers de Marine) qui se réservaient habituellement ce titre, n'était pas le moindre des honneurs !

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Au petit matin, j'ai vu le soleil se lever au dessus des brumes. Mais une fois sur le Pont de Terenez, celle-ci donnait un côté magique à cet ouvrage résolument moderne. Quelques mètres plus loin, ayant pris pied sur la Presqu'île de Crozon, je pédalais sous un soleil radieux.

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La plage de la magnifique Anse de Dinan marque la fin de cette longue traversée terrestre de la côte nord du Finistère à son littoral oriental. En face, la Pointe de Pen-Hir et ses célèbres tas de Pois, est probablement la pointe la plus emblématique de la presqu'île.

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Peu avant le Cap de la Chèvre, l'itinéraire emprunte l'une des rares sections autorisées aux vélos du sentier côtier (à moins que le vrai sentier côtier ne soit en contrebas, t'en dis quoi Julien ?). C'est bon de profiter de ce sentier roulant dans les bruyères en fleurs ! Laure plait énormément, aux passionnés de vélo comme aux néophytes. Elle était un passeport de discussion et, m'étant simplement arrêté pour prendre cette photo, je suis reparti vingt bonnes minutes plus tard après avoir refait le monde du vélo avec un ch'ti passionné.

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Le Menez Hom marque la sortie de la presqu'île de Crozon. Du haut de ses 330mètres, il ne rivalise pas avec le Roch Trevezel ou le Tuchenn Kador, mais sa situation stratégique, à la racine de la presqu'île de Crozon, en fait un observatoire idéal sur cette dernière et, par conséquent, sur la baie de Douarnenez, la rade de Brest et le cours de l'Aulne. Fred a astucieusement fait débuter son ascension depuis la plage de Pentrez, afin de nous offrir LA montée bretonne d'une seule traite ! Bon c'est pas le Ventoux mais les nombreux visiteurs n'en sont pas moins admiratifs des exploits de ceux qui grimpent à la pédale !

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Quel régal que la descente du Menez Hom par ce superbe single entre bruyères et ajoncs en fleurs. Ça raye un peu les bras et les jambes mais c'est pas pire que le végétation ardéchoise !

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Je dois à une propriété privée sur la trace mon passage par ce magnifique sentier côtier. J'étais convaincu que tous les sentiers côtiers étaient interdits aux VTT. Il semble que non. Aucune signalétique sur celui-ci et mon ami Julien, garde du littoral à Crozon, me confirme que ce n'est pas une interdiction générale. Bon, je n'étais pas très serein pour autant et j'ai fait quelques sections à pied. Mais merci la propriété privée !!!

Ayant prévu de rentrer sur Quimper, j'ai quitté la trace un peu avant Douarnenez et rallié la capitale finistérienne par une superbe voie verte dont la voûte arborée était illuminée par les rayons du couchant. Merci Fred pour cette jolie balade !

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Et voilà, les vacances bretonnes de Laure s'achèvent sur ces deux photos de l'Aber Wrac'h, symboles des vacances de mon enfance. Pour moi ce paysage c'est le début des vacances, l'instant où on découvrait la mer juste avant d'arriver sur le campement de Tonton Jean et Tante Mimi, c'est déjà presque la Bretagne. Pourquoi presque ? Parce que tant que je n'étais pas sur la plage à soulever le goëmon avec Tonton Jean à la recherche des crabes, ce n'était pas encore la Bretagne...

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18 juillet 2019

Un p'tit fat Pinion, qui n'en veut ?

Je me sépare du fat test en boîte Pinion. Il ne roule pas suffisamment pour justifier de le conserver. Surtout avec les gravels et autres vélos tout-chemins en préparation que j'aimerais bien pouvoir mettre en test aussi. Donc rationalisation du parc fat de test et de la place dans les racks à vélos !

Fat Pinion 1

Ce vélo a été repeint récemment et entièrement révisé. La boîte de vitesse est vidangée, bien avant son quota de kilomètres (il passe plus de temps suspendu au crochet qu'à rouler). Je maintiens une garantie de deux ans sur le cadre et fourche. Il convient à une personne entre 1,70m et 1,80m environ.

Sans entretien, avec une transmission intégrée, et disposant de multiples points d'emport pour de la bagagerie souple, voire des porte bagages, c'est un vélo particulièrement adapté aux raids longue distance sur tous les terrains, y compris sable et neige.

Fat Pinion 2

La boîte est une Pinion P1.9XR donc avec 9 vitesses mais la même plage totale que la 12 ou la 18 vitesse. En gros c'est la P1.18 mais avec une vitesse sur deux. Personnellement je trouve ça largement suffisant et ça permet d'économiser qulques centaines de grammes et d'euros.

Il est entièrement équipé en pièces Hope (freins, moyeux, potence, jeu de direction, collier de selle, courones, éventuellement pédales en option). Les jantes sont des Sun Ringle Mulefut 80SL. Je peux proposer en option les pédales Hope (+80€) et/ou des pneus Schwalbe Jumbo Jim neufs avec un montage tubeless refait (+100€)

Fat Pinion 3

D'une valeur neuve de 4600€, je vends ce vélo 3100€. Avis aux amateurs...

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11 juillet 2019

Bouffer des kilomètres, seulement des kilomètres…

Note : Ce message est à lire de préférence après « Ma Baroudeuse »


Introduction :

Nos croyances nous limitent. On peut le vérifier chaque jour. Nous avons créé dans nos têtes tout un tas de limites qui nous empêchent de faire certaines choses. Parfois c'est pour de réelles raisons de sécurité. D'autres fois il est plus difficile de voir ce qui pourrait empêcher d'essayer. La perte d'un cadre rassurant, la peur d'aller chercher notre vraie puissance ? J'ai déjà testé quelques trucs peu conventionnels dans le vélo, parfois sans succès, d'autres fois avec un résultat étonnant. Dans tous les cas j'ai eu les mêmes remarques.

« Tu roules en fat ! C'est pas pour moi ce type de vélo.
- T'as essayé ?
- Non. »

La première phrase peut être remplacée par :
« Tu roules en singlespeed ! Moi j'y arriverais pas. »
« Faire 200km en VTT ! Pas possible pour moi. »
« Monter sur un tall bike ! Je suis sûr de pas y arriver. »
...
La réponse reste invariable. « T'as essayé ? », « Non » !!!

Message reçu tout à l'heure (excuse moi Anthony de te citer, rassure toi, tu n'es pas le seul à dire ça mais ton message tombait à pic...) : « Tu jeûnais pendant la course ??? Tu te contentais d'eau ou tu prenais autre chose quand même ? Je n'imagine pas que ce soit quelque chose qui marcherait pour moi. C'est d'ailleurs ce qui m'a mis dans le dur pendant le Triangle de la Burle. »

Anthony, je ne connais pas ton expérience sur le triangle de la Burle, mais je suppose que plus que jeûner, tu es tombé en panne sèche, ce qui n'a rien à voir. Je suis aussi tombé maintes et maintes fois en panne sèche car je n'étais pas préparé à réellement jeûner, ou je roulais trop vite. C'est un peu du même ordre d'idée que d'essayer de rouler sans changer de vitesse sur un vélo multi pour tester le singlespeed. On croit avoir essayé mais en fait non. Un vrai singlespeed est bien autre chose qu'un multi sur lequel on n'utilise qu'une vitesse. Jeûner et manquer de nourriture sur une épreuve sportive ne sont pas la même chose.

Alors jeûner en ultra endurance, jusqu'à la semaine dernière j'avais la croyance que c'était possible. Depuis je l'ai fait et ça a marché ! Au delà de mes espérances. Je ne prétends pas que ça fonctionne pour tout le monde. Probablement que certains ont plus de facilité que d'autres pour cela et très probablement j'en fais partie. Mais je pense quand même que nous sommes tous conçus pour survivre et les fonctionnements utilisés ici sont ceux de la survie.

Mes expériences passées :


Ce n'est pas la première fois que je roule en jeûnant ou en mangeant très peu. En 2012, je participais à ma seconde Géobike. Ce raid magnifique de 250km dans le secteur des gorges du Tarn n'existe malheureusement plus. J'avais décidé de ne pas manger le plus longtemps possible mais je n'étais pas suffisamment convaincu de ma capacité à le faire et j'ai acheté en route un croque-monsieur, au cas où ! Les boulangeries sont des pièges ! Quand vous passez devant, tournez la tête de l'autre côté et ne respirez pas... Je l'ai mangé sans avoir vraiment faim autour du 100ème km. L'idée d'un croque monsieur dans le sac est trop tentante. Mais cette expérience avait déjà interpellé Guillaume (présent sur la Baroudeuse) avec qui j'ai fait les 130 derniers km.

Au Concours de Machines 2018, je suis parti sur le 100km sans rien à manger. Mais une fois de plus j'ai eu peur et au 25ème km j'ai acheté une baguette blanche (autant dire presque des sucres rapides) que j'ai mise dans ma sacoche de cadre et grignotée peu à peu. Après coup je pense que c'est elle qui m'a grignoté en remettant mon corps dans la filière glucidique, empêchant la filière lipidique de prendre efficacement le relais.

Je ne vais pas relater là toutes mes expériences de jeûne ou quasi jeûne sur le vélo mais peu à peu j'ai pris l'habitude de ne rien emmener à manger, surtout pas du sucré.


Outre le vélo, j'ai aussi testé le jeûne et d'autres diètes (cures de raisin jusqu'à 3 semaines) à plusieurs reprises à des fins de nettoyage corporel. La plus longue fut de 5 jours, en marchant, simplement. D'autres, jusqu'à trois jours mais à la maison, ce qui est bien plus difficile. J'ai le frigo compulsif quand je tourne en rond..

Et sans aller jusqu'au jeûne, j'ai testé à plusieurs reprises la suppression du sucre sur plusieurs semaines voire mois, chaque fois avec succès. Mais c'est tellement facile de succomber à cette petite douceur. Le sucre est une poudre blanche euphorisante, énergisante sur le coup, addictive et qui crée les plus profonds plongeons par la suite, physiquement comme émotionnellement. La cocaïne est peut être moins dangereuse, parce qu'elle, on en a peur !

Bref, sans être un expert de la question, je n'étais pas vierge et j'avais déjà abordé gentiment le sujet.

Un peu de physiologie :

Nos muscles savent fonctionner à partir de deux filières : la filière glucidique et la filière lipidique ou cétonique (les graisses sont transformées en cétones qui sont consommables par les muscles). Ces deux filières peuvent fonctionner alternativement selon les situations. Mais nous allons voir que ce n'est pas forcément toujours le cas.

La filière glucidique est celle qui permet de fournir la plus grande puissance. C'est aussi la plus simple à mettre en œuvre pour le corps car il ne doit pas préparer son carburant avant de le consommer. Si l'on mange des glucides, elle est donc quasiment la seule en action. La filière lipidique est en sommeil 99 % du temps chez 99 % des gens. Une baisse de glycémie et c'est le coup de pompe, trop d'apports (sucrés ou gras) et c'est la mise en stock sous forme de graisses. Ce n'est pas le gras qui fait grossir, c'est le fonctionnement permanent en filière glucidique qui empêche le déstockage des graisses en interdisant la mise en route de la filière lipidique.

La filière lipidique est celle qu'utilisaient majoritairement nos ancêtres, qui mangeaient peu, quand ils le pouvaient, des aliments peu sucrés, surtout des légumes et moins souvent de la viande, des laitages après l'apparition de l'élevage (allez essayer de traire un auroch ou un bouquetin !!!), peu de céréales et pas de pommes de terre. C'est une filière plus lente, qui diffuse son énergie lentement mais sûrement. Pas de gros pics d'énergie, pas non plus de chutes brutales. Une capacité de stockage très supérieure aux glucides (100g de lipides = 900kCa, 100 g de glucides = 400kCa). C'est la filière de la survie, celle qui permet de tenir longtemps, de passer des périodes de disette. C'est aussi celle qui sait consommer les graisses corporelles.

Au cours des siècles notre alimentation a vu sensiblement augmenter la part des glucides, d'abord lents, puis celle des sucres rapides. Notre corps n'est pas prévu pour fonctionner comme cela. Cette alimentation qui devrait être réservée à des efforts intenses de court durée est celle de personnes sédentaires ! S'ensuivent tout un tas de dysfonctionnements allant de l'obésité à l'hyperactivité en passant par le diabète et la dépression chronique (mais cela est un autre sujet).

Revenir à une alimentation moins riche en glucides (aussi appelés carbohydrates) et plus riche en lipides permet donc un meilleur fonctionnement de notre corps au quotidien. C'est la tendance des régimes paléo, Lowcarb-Hifat et, le plus strict probablement, cétogène auquel on prête des vertus antiépileptiques et anticancéreuses, mais ça j'ai pas envie d'essayer...

Mon parcours de ces derniers mois :

L'article « Le gras c'est la vie » de David Manise (Carnets d'Aventures n°46) m'avait interpellé. Il y décrivait les principes de son alimentation : régime proche du régime paléo (je vous laisse chercher sur internet, c'est très documenté) et jeûne partiel quotidien (repas uniquement le soir). Je me sentais proche de ces idées et honnêtement, le gras, j'adore... Je vais quand même pas cracher sur le fat !!! Après m'être documenté un peu, j'ai choisi d'adopter pour un temps le régime cétogène, qui diffère un peu du régime paléo tout en gardant le même esprit. C'est probablement le plus contraignant mais tant qu'à essayer, allons-y à fond.

Fin février, j'ai donc mis un terme (provisoire ou pas, on verra) à ma consommation de glucides. Bon, ce n'est pas un absolu, à part de l'huile pure, rien ne contient pas du tout de glucides. Mais j'ai supprimé tout ce qui est majoritairement glucidique à savoir les céréales (blé, riz, maïs, avoine...), les pommes de terre, les légumineuses (lentilles, pois chiche, pois cassés...) et bien évidemment tout ce qui est réellement sucré, y compris les fruits et les légumes les plus sucrés (carottes, peu d'oignons). J'ai remplacé tout ça par des légumes verts (surtout du chou en hiver, puis des courgettes et maintenant des poivrons étonnamment pas si sucrés et quelques tomates, et évidemment tous les légumes feuille vraiment verts) copieusement arrosés d'huile (faut pas lésiner sur la dose), du fromage (trop) et autre laitages (crème, ma grosse frustration pour moi qui adore les tartines de beurre, c'est de ne pas pouvoir étaler le beurre sur du pain!), de la viande grasse, des oléagineux, des olives...

Bon honnêtement, c'est raide, très raide ! D'un autre côté ça m'a permis de travailler la volonté, la frustration... Les résultats ont été rapides. En 2 semaines je suis passé de 85 à 75kg, mais comme je reste un grignoteur compulsif, je suis descendu ensuite lentement aux environs de 72-73kg, ce qui est loin d'être maigre pour une personne, même à l'ossature solide, de 1,72m. Au départ, cette expérience était décorrélée de l'idée de Baroudeuse mais rapidement une synergie s'est créée entre les deux objectifs qui n'en ont plus formé  qu'un. La deadline de la Baroudeuse m'a aidé à tenir tout ce temps, avec la ferme idée qu'après j'arrêtais. Alors depuis hier, je mange...
... cétogène ! Ma chérie veut essayer, au moment où je suis censé arrêter... Je me dis qu'à deux, avec de l'imagination on devrait pouvoir éviter de manger toujours la même chose. Je vais probablement aménager cela pour plus de souplesse mais les petits accords avec soi-même sont encore plus difficiles à gérer que l'interdiction stricte. Un autre challenge...

Au milieu de tout cela, j'ai introduit de courtes périodes de jeûne (jusqu'à 3 jours) ou de jeûne partiel. Le jeûne partiel est facile pour moi à appliquer. Je pars travailler ajeûn le matin, je bosse toute la journée. Et je mange en rentrant le soir. En restant à la maison c'est nettement plus difficile. Je pense que je vais le généraliser à l'avenir. Il permet de laisser le corps au repos (pas de digestion) et active la filière lipidique même avec certains apports glucidiques (je crois...).

Enfin, une semaine avant la course, j'ai arrêté le café. Il est censé être déminéralisant et chaque fois que je l'arrête, je prends mal à la tête pendant un ou deux jours. Je préférais que ce soit à la maison que sur le vélo...

Sur le vélo, les premiers jours c'était très dur. Des jambes de 50km dès le 3ème km. Un peu décourageant. Mais en quelques sorties c'est revenu et ma première sortie post inscription à la Baroudeuse (160km / 4000 D+ gravel avec Guillaume) est passée toute seule. J'ai systématisé le vélotaf (19km de magnifique petite route) et fait quelques belles sorties mais pas tant que ça en définitive. Je roule assez peu. Je prends autant de plaisir à fabriquer les vélos qu'à les rouler et ça ne me frustre pas de ne pas rouler. De 40km de VTT bien « fat » au Ventoux à 190km gravel roulants autour de Arles, en passant par 2 x 110 gravel dans les Maures (plus de 90 % de pistes, vraiment super adapté au gravel). Des sorties plus pour me prouver que ça passe que pour réellement améliorer mes performances vu leur espacement dans le temps.

Enfin, une semaine avant la course, une sortie gravel de 70km / 2000m D+ environ en plein cagnard (température annoncée 37°, roulage de 12H à 18H) m'a permis de me rassurer quant à ma résistance à la chaleur. J'ai bu 5 litres d'eau et tout s'est bien passé. Je pouvais attaquer la Baroudeuse serein. J'avais confiance en le jeûne et en ma capacité à supporter les fortes chaleurs sans souffrir. Et la confiance est juste primordiale dans ce cas.

La Baroudeuse :

Si au départ j'avais dans l'idée de courir la Baroudeuse en régime cétogène, rapidement l'idée de jeûner s'est imposée. J'avais dans l'idée que 1kg de graisse corporelle permettait de tenir une journée d'effort. Je visais 5 jours (la progression de Maxime semble annoncer plutôt 5 jours et demi ). Pour moi, ma réserve de graisse corporelle est largement suffisante pour assurer mon besoin.


Samedi 6 juillet, je prends le départ sans réserve de nourriture. Si jamais ça ne marche pas, je m'arrêterai et attendrai que la forme revienne avant de rallier un quelconque magasin. Mais ne surtout pas risquer de succomber. J'évite d'en parler à Cédric pour éviter de le faire flipper. Il l'apprendra bien assez tôt.

Seule idée en tête, l'eau. Toujours boire, ne jamais garder l'eau pour plus tard, compléter un bidon à moitié vide chaque fois que je croise un point d'eau, inverser mes bidons dès que celui du dessus est plein. Ce qui conduit à une consommation de 8 à 11 litres par jour !

Avec toute cette sueur, il y a une perte de sels minéraux, ce qui peut conduire à des crampes, mais aussi à des trucs bien plus graves (Lucie m'a sorti un de ces noms d'accident potentiel...). J'avais donc avec moi un complexe de sels minéraux. Je m'y suis pris très tard (sur mon trajet routier du vendredi dans la première pharmacie venue). Je n'ai trouvé qu'un complexe contenant du sucre (malto dextrine) et j'ai donc mangé l'équivalent d'un demi morceau de sucre par jour (mes détracteurs pourront donc dire que je n'ai pas vraiment jeûné!). A chaque occasion de boire de l'eau gazeuse (café, magasin), je n'ai pas hésité non plus. Sur 3 jours ça a suffit à éviter les crampes et autres désagréments.

Mon parcours, vous l'avez déjà lu dans mon précédent message. Je vais me contenter des sensations vécues sur cette Baroudeuse :
- J'avais des jambes : Pas les plus exceptionnelles que j'ai connues, mais des jambes quand même, et toujours disponibles.
- J'étais serein face à la difficulté : réfléchis pas, vas-y, marche, pédale, plus tard tu seras en haut. Dans ma tête, Jim Morisson chantait « Take it easy baby, take it as it comes »
- Je n'ai jamais eu faim : mais alors réellement jamais. Je n'y pensais même pas. Mon objectif était rouler et je roulais. Pas de stress d'approvisionnement, d'horaires de fermeture des magasins. j'avais la nourriture sur moi, en moi. Le jeûne n'était pas une privation, l'idée de nourriture était juste hors-sujet.
- Je n'ai pas eu de gros coups de pompe : En journée, pas d'envie de m'arrêter me reposer. La nuit j'ai été handicapé par la perte de mes lunettes de vue. Je devais rouler très lentement et ça me demandait beaucoup de concentration. J'aurais peut être moins dormi si j'avais eu une vision claire, qui sait ? Après la nourriture, c'est le sommeil qu'il va me falloir explorer. Mais bon, après 3 nuits de 3 heures et tous ces km, j'ai dormi raisonnablement 7H la nuit dernière et je suis à 1H du matin en train d'écrire ce texte. Je pense que le jeûne n'y est pas étranger.
- Je n'ai pas souffert de la chaleur : le jeûne a un effet refroidissant qui m'a permis de rouler aux heures les plus chaudes, en aillant certes chaud, mais en ne souffrant pas. En revanche aux petits matins, je me suis senti plus sensible au froid.

Après la Baroudeuse :

J'ai repris l'alimentation quelques heures après mon abandon, en mode cétogène. J'avais envie de reprendre comme ça et je l'ai fait avec plaisir. Quelques gargouillis mais ça va bien.

Je ne me sens pas plus fatigué que ça. J'ai eu une journée tranquille, un peu de travail avec un client de passage, allez choisir de nouvelles lunettes, écrire ces textes encore à chaud...

Cet après midi, je me suis pesé : 67kg !!! A vérifier demain. Il y a peut être encore des niveaux qui ne sont pas refaits dans la machine mais il semble que j'aie perdu plus que prévu. Aucun risque d'attaquer les muscles, il reste du gras, ça se voit à l'oeil et il paraît que même quelqu'un de très maigre a encore des réserves. Aurais-je eu assez de réserves pour tenir jusqu'à l'arrivée ? Je pense que oui. Mais je ne peux l'assurer

En résumé mon expérience est très positive et malgré ma mésaventure, ce qui restera de cette Baroudeuse est une grande victoire. Je pense que tout était réuni pour que ça fonctionne sur la Baroudeuse : durée pas trop importante, fortes chaleurs. Je pense que sur une Highland trail ou une Rovaniemi 150, pour le froid, ou sur un Tour Divide, pour la durée, je partirais plutôt en cétogène en mode un seul repas par jour pour limiter les désagréments de la digestion mais remplir le réservoir et allumer doucement le chauffage.

Je ne prétends pas à l'universalité de mes propos. C'est mon expérience, c'est tout. Mais c'est aussi réellement mon expérience, pas une simple théorie. Et pour moi ça change tout ! En espérant que ce retour vous ait inspiré...

« Tant qu'on n'a pas essayé, on ne fait que supposer. »

 

Edit : je me permets de mettre ce petit échange tenu ce matin avec David Manise, l'auteur de l'article "Le gras c'est la vie" et instructeur survie au CEETS.


David : En clair t'étais déjà céto-adapté et t'as arrêté de manger le temps d'un effort long et soutenu. Bienvenue au club des gens qui découvrent le vrai potentiel de l'humain. On vit tous sous cryptonite puis on arrête de bouffer des céréales.

Maintenant, dans ce genre d'épreuve, tu peux aussi t'alimenter avec de faibles quantités de féculents simples, normalement, et rester en cétose.  Du coup tu as la double alimentation en énergie. Y'a sûrement de la doc sur tout ça dans le milieu des ultras, ironman etc.
Yann : A creuser sur la très longue distance (supérieur à 4-5 jours). Sinon le jeûne me semble vraiment intéressant par l'économie de la digestion et la libération totale de la recherche ou du transport de nourriture
David : Carrément, je comprends bien l'intérêt ! :) D'ailleurs je fais parfois ça en rando.  Et les viet-congs faisaient pareil ;)
Là ce que je découvre c'est l'intérêt d'un TOUT PETIT apport en sucre pendant les phases plus intenses, où tu crames tout au fur et à mesure.  A doser très finement. Exemple une boisson sportive genre isostar super faiblement dosée...  ou un mix maison à base de fructose et un peu de sel.

Tu étais comment en termes d'électrolytes quand tu as arrêté la course ?
Yann : Je ne sais pas les mesurer. Je prenais tous les jours 10ml d'un complexe de sels minéraux (solution précieuse) et de l'eau gazeuse chaque fois que je passais devant un bar. Vu ma consommation d'eau par ces chaleurs (de l'ordre de 10 litres par jour), il fallait compenser; Pas de crampes ou autres soucis mais je n'ai pas d'autres infos.
David : Ok si tu as géré sans crampes c'est que c'est bon je pense

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