Salamandre, à chacun son vélo

03 avril 2020

Oui on a de la chance...

... j'ai bien conscience qu'on n'a pas tous les mêmes conditions de confinement et j'ai souvent une pensée pour ceux qui sont coincés en ville dans un petit appartement. Parfois la chance se choisit aussi. Vous avez lu l'article de Pascal sur la Vie, la Mort. Et moi je pourrais encore travailler en ville au ministère de la défense (et gagner 10 fois plus...). Alors oui on a de la chance et on en est conscients, et fiers aussi d'avoir choisi d'être chanceux...

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Ce confinement (en pleine nature) est l'occasion d'approfondir le grand rangement que j'avais décrété suite à mon accident. Pour cela j'ai embauché un Pascal pour casser des cailloux à mettre sur le chemin ou à couper, fendre et ranger du bois ! Bon en réalité c'est son idée à lui et il le fait de son plein gré. Les abords de l'atelier s'embellissent de jour en jour et l'intérieur ne va pas tarder à faire de même (mais pour l'instant c'est le gros, gros, gros bazar !). Ne passez surtout pas (ça tombe bien vous n'en avez pas le droit). Mais pour ranger (surtout quand on inverse le contenu de deux pièces) il faut d'abord mettre le bazar !

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Mais rassurez vous, je laisse à mon pilote d'usine le temps de s'entraîner. Comme il ne peut plus aller dans les chemins, il travaille les nose turn en tall bike !!!

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Et pour terminer ce petit billet, une petite histoire pleine d'espoir. Souvenez-vous des débuts de l'atelier comme j'étais heureux d'être entouré de buis...

vue de l'atelier

Il y a trois ans, la pyrale du buis est arrivée et a tout mangé. Désolation. On a essayé de la combattre mais rien à faire. On s'est dit que l'hiver passerait et que les buis repartiraient. Et ils sont repartis. Mais la pyrale est revenue et rebelote... L'an dernier, dans un dernier espoir quelques buis sont repartis, mais les chenilles étaient toujours là. Abandon définitif. A l'automne, je me suis décidé à couper ces grands squelettes. Et ces derniers jours on a tout nettoyé, tout dessouché, tout ratissé. Ce faisant on a donné à ce chêne majestueux toute sa place, on en a profité pour lui faire un pansement (en tôle) pour qu'il puisse guérir une mauvaise blessure sans que la pluie pénètre à l'intérieur. Quant aux buis, ben, barbecue...

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La pyrale était une calamité. Aujourd'hui je la remercie. Quid du coronavirus ?

Et s'il vous plait, je voudrais en profiter pour lancer un petit appel. Même si vos conditions de confinement ne sont pas aussi cool que les nôtres, ne passez pas trop de temps sur internet. Ça maintient dans cette grande énergie de course et de consommation permanente, ça fait surchauffer les data center et les centrales électriques qui les alimentent, et ce sera un super argument pour tous ceux qui voudront encore booster cet arsenal : plus de data center, plus de haut débit et la fameuse 5G...

Profitons tous de ce temps pour aller gratouiller les vieux dossiers plus ou moins enfouis. On en a tous et dans tous les domaines. Libérons nous de l'ancien qui pèse. Ne nous projetons pas trop dans l'après, dans le nouveau. Il viendra quand il viendra, on ne sait pas dire quand ni comment. Mais posons nos vieilles valises pour être prêts à sauter dans le train quand il passera...

 

Sorry for english speakers. It really takes me too much time to translate all my posts. So in the future I'll only translate the ones with technical explainations and specific bike vocabulary that make translation apps fail. For those with standard text like this one, Reverso or google translate will make the job better than I do !

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30 mars 2020

Pascal le grand frère !

6 octobre 2013, 3H du matin. Je lutte dans un sentier ardéchois plein de cailloux au guidon de Résurgence. Je l'entends quelques mètres derrière moi en hyperventilation. Mais je vais bien finir par le lâcher à la fin ce parigot sur son machin en plastique de XC !!! M'énerve à la fin. Je suis le local de la sortie. C'est moi qui ai organisé cette petite balade de 250km, je roule en fat et je suis le plus fort techniquement alors il va ne va pas me coller encore longtemps... J'arrive à la route, il est toujours là. Je m'arrête, je me retourne, je lui tape dans la main "T'es vraiment aussi con que moi." C'est comme ça que tout a commencé...

Je n'ai pas trouvé de photo immortalisant l'évènement mais il reste cette petite vidéo dans les recoins d'internet. Il remontera en région parisienne avant même d'avoir eu le temps de tester le fat. Mais me voir m'amuser avec ce vélo aura suffi à le convaincre.

Décembre 2013. Il débarque à l'atelier un matin frais et brumeux. Il fait le tour de l'atelier au guidon du Citron :

"La position est nickel, le vélo joue bien, tu me fais la même géométrie.

-T'es sûr tu veux pas qu'on regarde un peu plus ?

- Non, non, c'est bon comme ça.  Vas-y."

Les heures suivantes il est resté assis dans le froid sur un établi sans rien dire ou presque (il m'aura fallu longtemps avant de m'habituer à ça, c'était presque stressant pour un hyper loquace comme moi, ce mec capable de rester là des heures juste à observer) à me regarder m'activer pendant que je construisais le Jouet. Un client vraiment pas comme les autres...

Jouet 1

Samedi 18 octobre 2014 : Pascal commence à prendre soif d'Ardèche. Il veut découvrir le caillou local et me pousse hors de mes sentiers habituels et de ma zone de confort. Allez aujourd'hui j'essaie Double 4 alors on va essayer aussi un nouveau terrain de jeu : le Serre de Barre. Pascal me fait porter mon vélo dans les cailloux. Ma technique de portage laisse un peu à désirer et je ne suis pas convaincu de pouvoir aimer ça un jour... Mais à la descente grosse banane. C'est bon cette pratique ! Et ce matin là, cerise sur le gâteau, je rencontre Cendrine...

Double 4 Serre de Barre

Samedi 24 mai 2015 : échaudé par mon échec sur la Shimano Epic, je suis dans la brume à la Colmiane pour récupérer ma plaque pour la Transvé. J'ai une revanche à prendre. Pascal monte me rejoindre et s'inscrit in extremis. Juste pour le plaisir de rouler avec moi. Le dimanche, bien que plus en forme que moi, et malgré mes multiples incitations à partir devant, il restera à mes côtés jusqu'à la ligne que nous franchirons ensemble. Comble de l'ironie, c'est moi qui serai déclaré vainqueur de la catégorie fat (sur 3 arrivants : Fred, Pascal et moi !).

Double 4-02

2015-2017 : Pascal roule de plus en plus fat, passe de plus en plus de temps en Ardèche et prend le pseudo de Fatscal. Avec lui et la pratique qu'il inspire à notre petit groupe, je fais évoluer les géométries des Salamandre (voir message précédent). Maintes fois on admirera son courage et sa détermination quand en sirotant une bière le dimanche soir on le verra repartir pour une nuit de conduite avec le boulot qui l'attend le lendemain matin à 8h. Il commence à saturer, veut tout lâcher, boulot, maison et vivre pour le vélo, pour la montagne. Mais ça ne répond pas si facilement. La manip commence à trainer en longueur, il prend mal au genou et ne peut plus rouler. Pas la grande forme...

Avril 2018 : je termine une période de grands remous dans ma vie et j'ai besoin de nouveau. J'ai rangé l'atelier de fond en comble, tout nettoyé. J'ai perdu pas mal de poids, je me suis rasé le crâne, rasé de près et j'ai mes petites lunettes rondes. Pascal arrive à l'atelier. Il sort de sa voiture. Crâne rasé, rasé de près, petites lunettes rondes. On se regarde et on éclate de rire. Deux frères quasi jumeaux ! Mais lui c'est le plus vieux puisque le lui rends deux bonnes années : Pascal le grand frère !

Je ne sais plus exactement à quelle période tout s'est débloqué pour lui : maison, boulot, genou, tout s'est libéré et c'est un Pascal tout léger qu'on a vu débarquer ici une bonne partie de l'année pour notre plus grand bonheur à tous.

Mars 2019 : Pascal s'inscrit à la Baroudeuse. Après avoir puissament répondu que non franchement, ces trucs de bourrins c'était pas pour moi, il m'a fallu moins de 3 jours pour m'inscrire aussi... Evidemment avec ma grande gueule j'ai rapidement dit que j'allais lui mettre 24 heures, puis même 30 heures ! Une fois en course, j'étais d'ailleurs bien parti pour le faire (je ne lui ai pas gentiment rendu son attente de la Transvé...). Mes jambes marchaient super bien mais mon cerveau a du refuser cette histoire et a ordonné à mes fesses de se déchirer vers le 700ème km alors que j'avais déjà 19 heures d'avance. Pascal lui a souffert, il n'était pas en forme du tout. A fait une course vraiment très difficile. Mais c'est, avec Maxime Barrat, le vainqueur, le seul a avoir bouclé le parcours dans son intégralité. Il clame haut et fort qu'il n'a pas de cerveau. Mais il a quand même un mental d'acier !

Source: Externe

Depuis il a établi plus ou moins son camp de base en Ardèche et vadrouille au gré de ses envies et de celles de ses potes. Comme en ce moment il est confiné à l'atelier, il me fait du bois pour mon poêle ou il casse des cailloux à la masse pour mettre sur le chemin ! Bienveillant le grand frère... Et en plus des multiples vidéos qui l'ont rendu célèbre et qui me font une super pub sur la toile, il s'est mis à écrire un blog. Et comme ce qu'il écrit est puissament empreint de la sagesse acquise tout au long d'une vie choisie, je vous invite à cliquer sur ce ptit lien.

Merci Grand frère et t'inquiète, j'ai beau te chambrer, t'es pas si vieux que ça ...

 

October 2013 6th, 3 a.m.. I'm fighting with my bike Resurgence in a rocky Ardèche trail. I can hear his breath only a few meters from me. It's not possible that this guy from Paris with his full rigid XC carbon bike can follow me in this trail. I'm the local rider, the organizer of this 250km ride and I have to show him that I'm the best ! I reach to the road. He's still here. I stop, turn to him and hit his hand : "You're as crazy as I am !". It all began like this. I didn't find any picture of this ride but this video is still remaining somewhere on the internet.

He went back to Paris without having tested my fatbike. But the simple fact to have seen me playing with my bike was enough for him. December 2013. He comes to the workshop on a cold and foggy morning. He rides le Citron around the workshop :

"I feel well on this bike, you can make me the same

- Are you sure ? Don't you want to investigate a little bit more ?

- No it's OK. Go on !"

He spent the following hours seating on a table and watching me building Le Jouet (the toy). It was really strange for me to have this guy looking at me. A little bit disturbing. Not an average customer...

Saturday october 18th 2014 : Pascal is thirsty of Ardèche trails. He wants to discover the local rocks and makes me go over my current limits and usual trails. This morning I'll test a new bike (Double 4) and a new playground (Serre de Barre). Pascal makes me carry my bike in the rocks. My hike a bike method is not really efficient and I'm not sure that someday I'll like this... But on the downhill side a big smile came to my face ! And most of all, this morning I also met Cendrine...

Saturday may 24th 2015 : I'm queuing to gate my plate for the Transvésubienne. I failed on Shimano Epic Enduro and I have to finish this race ! Pascal joins me and gets a plate just before it closes. Just for the pleasure to ride with me (he already succeded many times on the Transvé). He's much more in shape than me and I tell him to go and let me. But he stays with me : "I said that I wanted to ride with you". We cross the finish line hand in hand. And they decide that I'm the winner of the fat bike category !!!

2015-2017 : Pascal spends more and more time in Ardèche, he rides fater and fater and becomes Fatscal. He and the riding he brings to our small group makes me improve the geometry of Salamandre bikes (see last post). Many times we'll have the occasion to see his courage and determination on sunday evening, drinking a beer and watching him going back home : one night drinving and job at 8 on monday ! He's fed up with this, he wants to give up his job, sell his home. One days he decides that it's enough but it takes longer than scheduled. His knee hurts and he barely can ride. Hard days...

April 2018 : I reach to the end of a personal difficult period. I need a new start. I cleaned my workshop, lost much weight, shaved my beard and head, weared my small round glasses. Pascal arrives at the workshop. He goes out of his car. He shaved his beard and head, wears his small round glasses !!! 2 twin brothers ! But as his 2 years older I prefer to call him my grand brother ("Pascal le grand frère" is a TV program). I don't know exactly when his situation unlocked but he soon came here and established his base camp in Ardèche for our greatest pleasure.

 

Translation coming soon... ;-)

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26 mars 2020

Un blog dédié aux occasions

Parce que le vélo les plus écolo est celui qui n'a pas besoin d'être fabriqué !

Avec Jean-Claude nous sommes en train de mettre à jour le site internet. Pas une refonte complète mais simplement une remise à jour plus en accord avec la réalité 2020 de Salamandre. Et dans ce cadre il m'est apparu intéressant de créer une rubrique "Occasions". La solution retenue a été la création d'un blog spécifique aux vélos d'occasions, facile à mettre à jour, accessible depuis le site ou directement.

Si le site n'est pas encore tout à fait prêt, le blog est opérationnel depuis ce matin. Vous y trouverez les vélos que je propose moi-même d'occasion (Salamandre, Recyclette) mais également les annonces de mes clients, amis (Salamandre, Recyclette, vélos d'artisans). N'hésitez pas à me proposer vos annonces soigneusement sélectionnées : texte et photos prêts à être mis en ligne. Je préviens tout de même que je serai drastique dans la sélection que je publierai. Je n'ai ni envie de prendre une commission sur la vente, ce que je ne trouve pas cohérent avec mes principes, ni vocation à concurrencer Leboncoin. Alors ne m'envoyez pas tout et n'importe quoi et acceptez un éventuel refus de publication.

Bonne journée à tous

 

The most earth friendly bike is the one that doesn't need to be built !

With Jean-Claude we're currently updating my website. Not making a fully new one but updating the current one to make it reflect what is really Salamandre in 2020. I thought it would be a good idea to create a new section with used bikes for sale. So I created a new blog for this purpose and Jean-Claude will only have to create a link on the updated website.

You can access this blog from here. You'll find here my own used (or new) bikes for sale but also bikes from my customers or friends. Feel free to propose me your Salamandre, Recyclette or custom built bikes for sale : text and pictures. I'll do it for free and I don't want to spend much time on this. My goal is not to challenge Leboncoin or other sales websites, only to give some great bikes a second (or third or more) life. I'll drasticly select the bikes I put on the blog. So before sending me your proposals, ask yourself if your bike is worth being there and accept that I may refuse to publish it.

Have a nice day.

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25 mars 2020

Acier et environnement

Je viens juste de recevoir cette communication de Osborn qui va dans le sens de ce que je souhaite pour Salamandre. Ces tubes sont fabriqués en Seine et Marne. Peu à peu je passe de grosses commandes chez eux (quantité minimale 500 mètres de tubes, soit quelques centaines de Salamandre !!!).

Source: Externe

Dans le cadre de la réorganisation de l'atelier, j'ai créé des espaces de stockage dans des espaces perdus à l'arrière de mes établis. Ces espaces vont me permettre peu à peu de stocker 6 tailles de tubes différentes dans ces quantités, stockés en longueurs de 3,50m, et ce sans empiéter sur les espaces utiles.

Pour l'instant, sont produits à partir de tubes Osborn :

- les tubes de selle en 27,2

- les bras de fourche, enfin pas encore, pour l'instant seuls les tubes non cintrés sont réalisés à partir de ces tubes (Hirvi, la Râleuse) puisque l'outillage de cintrage n'est pas au point mais on n'en a jamais été aussi proches !

Une commande de tubes de 16 x 0,8 (haubans, doubles tubes supérieurs, porte bagages lourds, remorques...) est en cours.

En 2020, je continue de faire ce que je veux !

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24 mars 2020

La géométrie, l'âme des Salamandre - Saison 2

Et voici l’épisode 2 de notre feuilleton sur l’évolution géométrique des Salamandre. Nous nous étions quittés en 2014 avec Hulk, mon premier « big fat » dont le tempérament n’était, à mon goût pas aussi vif que ses couleurs le laissaient supposer. Il me fallait donc creuser encore un peu et me fabriquer un nouveau vélo.
 
Double 4, la synthèse : C’est à Double 4 qu’est revenue la mission de concilier les avantages de Hulk (ces gros pneus au comportement fabuleux) et du Citron (ce comportement de gros BMX). Elargissement du moyeu arrière (170mm pour un dinglespeed) pour augmenter la ligne de chaîne et permettre au pneu de se rapprocher du boîtier de pédalier, aidé par une grande couronne de seulement 30 dents. Plus court encore que le Citron pour compenser un poil de BB drop en plus. Double 4 parce qu’il portait tout simplement le numéro 44, un chiffre puissamment symbolique pour moi. C’est aussi le vélo sur lequel j’ai testé le dinglespeed. Un  samedi matin d’octobre 2014, Pascal m’a fait découvrir les joies du portage sur la crête du Serre de Barre, que nous découvrions aussi. A la descente je me suis senti sur Mon Vélo : tolérant, confortable et roulant comme Hulk, joueur comme le Citron ! Parfait !!! Ce matin là j’ai aussi rencontré Cendrine. Trop de découvertes en quelques heures. Mes vertèbres n’ont pas supporté et Pascal a fini seul son WE pendant que je restais allongé…

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Lara 1, à l’assaut de la pente : Le potentiel de Double 4 combiné à la soif de Pascal de découvrir les cailloux ardéchois nous ont poussés jusqu’au Tanargue où a priori on devrait trouver ce qu’on cherche. Une trace sur la carte IGN, coup d’essai, coup de maître, nous découvrons une descente magnifique : épingles, pente, rochers, dévers, paysage, tout y est ! Sur ce terrain où je suis proche de mes limites techniques me prend l’envie d’un vélo plus adapté, plus propice à engager dans la pente raide et suffisamment étroit aux pédales pour ne pas accrocher les rochers : une guerrière avec deux gros poumons et une taille de guêpe. Lara Croft quoi… Le futur vélo est déjà baptisé, et la descente aussi… Quelques semaines plus tard nait la premiière version de Lara. Des bases réduites au minimum grâce à une plaque soudée en guise de Yoke, une potence très courte pour repousser la roue avant plus loin à position donnée, un boîtier 2cm plus bas, une direction plus couchée de 1°. Je me vois arrêté sur un gros rocher, simplement lâcher les freins et me reculer pour permettre au vélo de sauter. Je me dis que le vélo sera moins rigolo que Double 4 mais qu’il devrait être diaboliquement efficace. Je confie la belle à Pascal qui découvre instantanément son potentiel et en redemande. Mais il aura tôt fait de massacrer ce cadre un peu sous dimensionné que je n’aurai pas le temps d’essayer personnellement.

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Lara 2 et la Dompteuse : Lara 2 (la version que Pascal, devenu Fatscal a rendue célèbre) et la Dompteuse (pour dompter l’Indomptable, une descente très proche de Lara que Pascal a découverte juste après) sont les premières filles de Lara 1. Pascal prend réception de sa belle lors du WE de la 100ème Salamandre, fin novembre 2015, et exploite instantanément Lara. Je mets un peu plus de temps que lui à dompter la Dompteuse. Roulant plus sur la défensive que Pascal, j’avais tendance à me mettre trop sur l’arrière et à perdre l’adhérence de la roue avant.  Je tape aussi plus souvent les pédales au sol. Mais en trois jours, je prends le coup de main et je découvre une tolérance exceptionnelle dans le très technique et surtout, un vélo tout aussi joueur que Double 4 ! Ça c’est une excellente surprise (et une mauvaise nouvelle pour Double 4). La géo Double 4 est définitivement abandonnée au profit de la géo Lara, à savoir des bases autour de 410mm (voire 400), un BB drop de 60, un angle de direction de 68° (parfois 67°) et une potence de 35mm. Sur la troisième photo on voit à l'oeil nu la différence de géométrie entre Double 4 et la Dompteuse. A position identique, Double 4 est plus haut et plus court avec des bases un peu plus longues.

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Saint Remèze

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La Mule encore plus loin : Fatscal cherchant des terrains de plus en plus fat, de plus en plus raides a voulu un vélo qui allait encore plus loin que Lara. Nous avons donc créé la Mule dont la roue avant est encore 5cm plus en avant grâce à un angle de direction plus couché (65°) et un déport de fourche de 60mm (contre 50 habituellement chez Salamandre). Dans le même temps je me suis bricolé un vélo test (El Burico) avec 66° d’angle de direction mais une potence de seulement 10mm qui devait donner un résultat comparable. Le résultat a été que Fatscal est devenu plus fat que jamais, a repoussé encore et encore ses limites alors que moi, toujours plus sur l’arrière que lui, ai été incapable de contrôler l’avant du vélo à l’exception des dalles homogènes à l’adhérence exceptionnelle. Fatscal a adoré repousser ses limites sur les terrains extrêmes, en revanche, sur les terrains rapides et fuyants, il devait lui-même tout mettre en œuvre pour maintenir l’adhérence de l’avant. Par ailleurs, le vélo avait perdu une bonne part de son côté ludique. Ce n’était plus un jouet, seulement une arme à grosses pentes. La limite était atteinte.

Aujourd’hui la géométrie des fats Salamandre est dérivée de ces vélos. L’essai client me permet de déterminer s’il est judicieux de pousser jusqu’à une géométrie de type Lara (pour quelqu’un qui veut un vélo à piloter, qui cherche à jouer et à se confronter aux terrains difficiles) ou si je dois choisir des paramètres plus sages pour un pilote moins technique qui cherche juste à se balader (voire à rouler vite mais dans une pratique plutôt orientée X-Country).

Et Double 4 dans tout ça ? Je tenais à ce vélo, mais sa géométrie ne me convenait plus. J’avais pris l’habitude de vélos plus tolérants dans la pente. Alors je l’ai tronçonné, conservé les morceaux réutilisables (ensemble bases, ensemble haubans, boîtier de pédalier, douille de direction, cintre de tube de selle) et je l’ai reconstruit avec de nouveaux tubes avant sur une géométrie type Lara. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme disait Lavoisier...

Dans le prochain épisode, je vous parlerai de comment j’ai extrapolé ces leçons de géométrie aux non fats. A bientôt !




Let’s go for season 2 of the Salamandre geometry evolution story. Last time we stopped with Hulk, my first « big fat » which behavior was not satisfying to me : not as playful as its shinny colours could inspire. So I had to dig a little bit deeper and build me a new bike

Double 4, the synthesis : It’s Double 4 who’s got the mission to mix Hulk’s tyres wonderful rolling and comfort and Citron’s fat BMX behavior. The rear hub had been enlarged (170mm what’s large for a dinglespeed bike) to enhance chainline and allow the tyre to get closer to the bottom bracket. The largest chainring was also only 30 teeth. Double 4 was shorter than le Citron to compensate a little bit higher BB drop. Double 4 because its serial number is 44, a powerful number and a symbol to me. It was also the first bike on which I tested dinglespeed. One morning of october 2014, Pascal made me discover the joys of hike-a-bike on the Serre de Barre crest (the mountain just ahead les Vans that we were also riding for the first time). Riding downhill, I really felt that I was riding My Bike : comfortable, easy rolling and forgiveness like Hulk, and as playful as le Citron ! Just perfect !! This morning I also met Cendrine, my partner. Too much for one single morning. My vertebra said stop and I spent the rest of the WE in my bed, letting Pascal discover the country alone...

Lara, the steep downhill weapon : Double 4’s potential, combinated with Pascal’s thirst for discovering Ardèche’s rocks led us to the Tanargue, a mountain chain 40km from here, where maybe we could find what we were seeking. A track on the map and the first trial was a succes. We discovered a wonderful downhill : tight corners, declivity, rocks, landscape : everything was perfect. On this downhill I felt clos to my skill limits and came to my mind the need for a more accurate bike, made to face steep downhills and narrow at the pedals not to hit the rocks on the sides : a warrior with big brests and thin waist. Lara Croft… The future bike wasn’t built yet but its name was found ! And the downhill was given the same name. A few weeks later, Lara was born. Very short chainstays thanks to a kind of yoke made from a stainless steel plate, a very short stem to make front triangle longer without changing the position, 20mm more BB drop, 1° less on heattube angle. I wanted the bike to be able to jump down from a big rock at zero speed. In my mind this bike should be less playful than Double 4 but much more efficient on technical tracks. I lend it to Ascal who immediatly discovers its potential and asks for more. But he soon distroyed the frame as it was not strong enough and I had no occasion to test it.

Lara 2 and La Dompteuse : Lara 2 (the Lara that became famous on Fatscal’s videos) and La Dompteuse (the Tamer, to tame l’Indomptable, the untamable, a very difficult downhill very clos to Lara  Pascal discovered a few days after) were Lara 1’s first daughters. Pascal used Lara for the first time during Salamandre 100th WE, on november 2015. He immediatly felt easy riding it. I needed a little bit more time to tame la Dompteuse. My position on the bike is more backward (chicken position…) than Pascal’s and I often loose the front wheel’s grip. But 3 days were enough to adapt my riding to la Dompeuse and I discovered its wonderful forgiveness, but the very good surprise was the fact that the bike was nearly as playful as Double 4. Double 4’s geometry had no more reason to be continued and Lara’s became Salamandre standard geometry : chainstays around 410mm (or even 400), 60mm BB drop, 67-68° headtube angle and a bike designed for a 35mm stem. On the third picture, the geometry difference between Double 4 and la Dompteuse is obvious. The pilot's position on both bike is the same, but Double 4 is shorter and higher and with longer chainstays than la Dompteuse.

La Mule, further : as Fatscal was seeking fater and fater, steeper and steeper playgrounds, he wanted  a more extreme bike. So we built La Mule which front wheel is 5 cm further forward thanks to a laid down angle (65°) and 60mm fork rake (Salamandre standard is 50mm). At the same time I built for myself El Burico (66° / 50mm for a 10mm long stem) to compare both solutions. The result was that Fatscal became fater than ever and pushed his limits further and further as I wasn’t able to use El Burico (excepted on very grippy pure rocky grounds) because of my chicken position on the bike. Even Fatscal faced difficulties to ride la Mule at high speeds on slippery grounds and he had to keep in mind to load the front wheel. The bike also lost its playful behavior. It was a steep downhill weapon but not a toy anymore. We had reached to the limit !

The current Salamandre’s geometry comes from these bikes. The customer’s test ride allows me to determine if it’s wise to choose Lara’s geometry (for a quite skilly rider who wants a playful behavior or to use his bike on technical playgrounds) or if I must choose a kinder geometry for someone who just wants to have quiet rides (or even ride fast but XC style).

And what about Double 4 ? This bike was My Bike, but it’s behavior was not fitting my needs anymore. I had became used to more forgiving bikes on steep downhills. So I cut it and used the re-usable parts (chainstays, seatstays, seattube bend, headtube, bottom bracket) to rebuild it with Lara’s geometry. "Nothing is lost, nothing is created, evrything is transformed" as Lavoisier said…

In the next season, I’ll tell you how I transfered these geometry lessons to non fat bikes. See you soon...

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18 mars 2020

Expérimentations

Petit ras le bol du jus Breuss hier après midi. Après une sieste au soleil qui m'a fait le plus grand bien, je me suis attelé à presser mes légumes (betterave rouge, celeri rave, carottes, radis noirs auxquels j'ajoute du citron sinon je n'y arrive vraiment pas...). Pas fan de l'extracteur. On en a un super mais ça reste long et pénible à nettoyer. C'est pas réellement plus long que de faire la cuisine mais c'est moins rigolo. Et à la fin ce jus m'est sorti par les papilles et j'ai commencé à glaner une cuilleré de purée de noisette par ci, un morceau de beurre par là (du gras, du gras, du gras ! Ras le bol de ce goût sucré !). Alors j'ai fini par m'autoriser un petit repas. Rien de bien méchant mais ça m'a fait du bien : salade de chou bien assaisonnée, un petit bout de fromage, un peu de purées de noisette, amande, cacahuètes, du beurre (oui tout seul, j'aime ça) et du chocolat noir 99%.

Hier je me demandais vraiment si j'allais repartir pour la seconde moitié mais ce matin j'ai envie de poursuivre l'expérience. Allez, encore 19 jours ! Le poids descend moins vite (de toute manière à 62kg il ne reste plus grand chose à grignoter).

Et hier soir, j'ai testé le bain hyperthermique. Je l'avais déjà testé en 2005 sur une grosse grippe. Hier c'était la première fois que je le testais sans symptomes. En revanche j'avais une toute petite tension. Je ne sais pas à combien elle est mais la cure l'a sensiblement abaissée. Je le sens au manque d'énergie et aux petits malaises vagaux quasi systématiques quand je me redresse un peu vite en ce moment. Mais cela n'a rien d'inquiétant. C'est normal qu'un corps volontairement sous-alimenté réduise ses fonctions.

La chaleur du bain n'est pas si difficile à supporter mais peut être cela est il dû à ma faible chaleur interne. Pendant la Baroudeuse, mon jeûne m'avait permis de bien mieux supporter la chaleur que les autres concurrents qui sont tombés comme des mouches. Contrôle des pulsations : 100 bpm, ce qui n'a rien de très étonnant, pour deux raisons à mon avis :

- tous les vaisseaux du corps étant dilatés, ils réclament une alimentation plus importante (ce qui est une très bonne chose : oxygénation, nettoyage...)

- le corps cherche à éliminer cette chaleur excessive en la transportant vers la tête, seul endroit à l'air libre

C'est quand même presque 3 fois plus que ma fréquence cardiaque au repos actuelle de 36 bpm mais pour moi c'est très loin de ce qu'on peut appeler des palpitations. C'est une fréquence de marche à pied et je ne sentais pas les pusations dans ma poitrine, je les ai prises au poignet.

Les 20 minutes sont passées assez facilement. Je vais peut être monter encore un peu le chauffe-eau. Là il fallait tout pour maintenir le 43° (j'ai bien rigolé l'autre jour à Carrefour avec juste mon thermomètre de bain au milieu des caddies débordants de bouffe et de PQ !!!). En revanche la sortie a été plus délicate.

J'avais le souvenir du petit malaise vagal de 2005. Alors avec ma tension très basse actuelle, je me doutais qu'il fallait que je me lève très doucement. Mais en réalité il fallait que je me lève très, très, très doucement !!! Passé le mi redressement, je me suis dit que c'était gagné et j'ai redressé le buste un peu vite. Je me disais qu'il fallait que je me sèche rapidement et que j'aille vite me mettre sous une couette si je voulais garder le bénéfice de la chaleur alors je ne voulais pas trop trainer. Je l'ai payé très vite. Le malaise vagal est arrivé relativement fort et j'ai du rester peut être deux minutes appuyé sur le rebord de la baignoire pour reprendre mes esprits. Au final rien de méchant mais il faut vraiment prendre beaucoup de précautions.

D'autant plus que ma crainte était infondée car même en prenant le temps de me sécher et de m'habiller, j'ai encore transpiré une grosse demi heure sous ma couette. Quand j'ai cessé de transpirer, je suis monté me rincer dans un bain qui était encore à 38°. Trop facile le bain à 38° et on se relève sans étourdissement !

Donc en complément de mon message précédent (dans lequel j'avais déjà souligné le fait de se relever doucement), je dirais aux personnes ayant déjà une tension basse de vraiment faire très très attention à ce point. Il est même probablement judicieux d'avoir quelqu'un à proximité, au cas où. Les effets du bain se feront de toute manière sentir encore un bon moment (une bonne heure dans mon cas entre le moment où le bain a ateint 43° et celui où j'ai cessé de transpirer).

Allez, le jour se lève et je crois que je vais aller continuer le rangement de l'atelier. C'est une activité impossible en télétravail, où je suis seul et où je vais à vélo sur une magnifique petite route sur laquelle je ne croise pas grand monde. Le confinement ici c'est très soft sans mettre persone en danger ! J'emporte avec moi mon jus Breuss ! Bonne journée à tous.

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15 mars 2020

Reprenons TOUS notre pouvoir ! Episode 2

Allez, suite à mon premier message sur le sujet et comme l'actualité m'y incite, je démarre une petite série "Reprenons TOUS notre Pouvoir" pour 2020.

Quelle merveilleuse occasion que le coronavirus pour vous parler de quelque chose qui me tient à coeur : la reprise de pouvoir sur notre corps et notre santé. Le stress voire la panique perceptibles même au fin-fond de l'Ardèche montrent le sentiment d'impuissance quasi généralisé face à une maladie comme celle-ci. Il y a un grand "sauvez-nous" qui se cache là derrière, un manque de confiance évident en la capacité de notre corps à se soigner seul ou presque, simplement en renforçant celui-ci et en accompagnant la maladie plutôt qu'en la combattant.

Probablement avez-vous lu mon article de juillet "Bouffer de kilomètres, et seulement des kilomètres...". J'y relatais mon expérience de l'an dernier sur le régime cétogène et le jeûne en ultra-endurance (700km de VTT, 3 jours et 3 nuits en jeûne hydrique). Ce genre d'expérience montre une toute petite partie des immenses capacités de notre corps auxquelles nous ne croyons pas, ou plus. Nous sommes intoxiqués par un mode d'alimentation déconnecté de la nature, une dépendance au moteur (celui de la voiture ou du vélo) et par mille autres croyances limitatrices. Une expérience comme celle-ci est une occasion unique de reconnection à notre pouvoir, une importante reprise de confiance en soi. Je ne peux que vous souhaiter à tous de vous offrir ce type d'expérience. C'est un effort, ça se paie par de la volonté, mais je me répète, c'est un cadeau.

Ça se paie par de la volonté mais c'est aussi récompensé par la confiance en notre volonté. Aujourd'hui encore j'ai entendu au moins trois fois "Je n'aurais jamais assez de volonté pour ça". Comme un aveu d'impuissance, une renonciation. C'est symptomatique de vies faciles où nous avons l'illusion d'une certaine puissance, d'un certain pouvoir qui n'est en fait que la face visible d'une dépendance à un système, à des énergies externes. La volonté on l'a tous au fond de nous, mais il faut la cultiver, la travailler, comme un muscle pour se prouver qu'on sait la mobiliser. Un exercice sans enjeu comme la Baroudeuse (ou la Highland Trail 550 à laquelle j'espère prendre part fin mai si elle est maintenue) est une occasion rêvée pour cela.

Reprendre son Pouvoir face à la maladie

Ce genre d'expérience est aussi possible face à la maladie mais cela est bien plus délicat car l'enjeu est autre : cette fois on n'est plus à l'entraînement, on est en compétition ! Les peurs engendrées par la maladie sont (en général, ce n'est pas toujours vrai), plus prégnantes que celles ressenties face à un raid longue distance. La plus communément partagée est bien évidemment la peur de la mort (pourtant s'il y a bien une certitude que l'on peut avoir dans la Vie, c'est celle de la Mort !). Je pensais vous relater ultérieurement mon expérience en cours, à son issue. Mais l'actualité me dicte de le faire plutôt maintenant.

Je suis actuellement depuis 21 jours et pour 21 jours encore une cure de jus de légumes (Cure Breuss). Cela fait suite à une crise d'épilepsie, elle-même déclenchée par un kyste (non encore investigué, et qui ne le sera peut-être jamais) dans le cerveau. Si je m'en étais tenu aux propositions du corps médical, je serais passé en remboursement sécurité sociale à 100% et j'attendrais dans un grand stress un IRM spectroscopique (initialement programmé demain, que j'ai repoussé à l'issue de ma cure, et qui aurait peut être été annulé vu la situation actuelle). J'ai choisi de consulter d'autres thérapeutes, pratiquant des méthodes plus holistiques que la médecine conventionnelle et d'écouter mes ressentis. Mi février, je me suis donc offert une semaine marathon thérapeutique : lundi neurologue, mardi micro-kiné, jeudi kinésiologue et vendredi chamane.

Les trois personnes consultées m'ont apporté chacune un éclairage différent. En quittant la dernière consultation, ces trois éclairages se sont assemblés comme un puzzle en une évidence : je suis à une période charnière de ma Vie et je dois m'arrêter un moment pour faire un gros rangement. Mon esprit est déjà passé dans l'Après, mais mes corps physique, mental et émotionnel sont encore prisonniers de l'Avant. Cela fait plusieurs années que je rêve de trains que je ne peux pas prendre car je suis encombré de bagages. Mais malgré cela je continue à courir. Alors mon corps a du employer la méthode forte pour m'arrêter. Et cette fois-ci, j'ai clairement entendu le message !

J'ai choisi la cure Breuss, qui me semblait la solution la plus adaptée à mon cas et dont la durée de 42 jours correspond exactement au temps dont je dispose avant l'arrivée d'un jeune stagiaire (symbole du renouveau). Je la complète de lavements au café et, à partir de demain, d'une cure de sève de bouleau, ces deux pratiques ayant pour but de drainer les déchets que la cure Breuss va glaner dans mon corps. Cerise sur le gâteau, les légumes sont cultivés à 5km de la maison, (à l'exception du celeri-rave acheté en magasin bio), la sève de bouleau est récoltée à 10km et non pasteurisée, et le café, s'il vient de beaucoup plus loin, est torréfié (torréfaction très spéciale, ultra légère) à 200 mètres à peine. Et puis ce n'est pas un hasard si toutes les grandes traditions proposent une période de jeûne à ce moment de l'année : le carême dure 40 jours et a débuté deux jours après mon jeûne de 42 jours ! Et si la Nature ne se montre, en apparence seulement, pas très généreuse, en réalité elle nous donne exactement ce dont nous avons besoin : peu...

J'ai décidé que cette période serait une période de grand rangement dans tous les domaines. Pendant ces 42 jours, je ne prends aucun nouveau projet, je travaille uniquement sur les bagages qui m'empêchent de monter dans ma correspondance pour la 3ème partie de ma Vie. Je termine les vélos en cours. Je fais du tri, du rangement et de la réorganisation dans l'atelier. Je fais fonctionner le tour que je n'arrivais pas à remettre en route depuis plus d'un an. Je reprends toute ma comptabilité depuis 2012. Je termine les trucs pas finis à la maison. Je paie mes dettes ou je programme leur remboursement. Je mets à jour mon site internet. Je transfère tout ce qui concerne mon ancien logement à Fanny... Et pendant ce temps mon corps s'épure et même, se déconstruit. A l'issue des 42 jours il sera prêt pour une nouvelle reconstruction sur une base saine.

En définitive ce qui m'est arrivé est un véritable cadeau. Plus exactement ça a été l'occasion pour moi de m'offrir ce cadeau unique. Je m'allège à tous les sens du terme et c'est libérateur. Et je sens grandir en moi la confiance en mon pouvoir personnel, en la capacité de mon corps à se guérir seul. Peu à peu les symptomes régressent (illusions auditives, étourdissements passagers) et je sens une force et une paix profondes naître (ou simplement se révéler) en moi. Nous verrons une fois tout cela mené à bout...

Là dessus arrive le coronavirus...

Au début je le voyais loin et ça me laissait un peu froid. Puis le voyant s'approcher, j'ai commencé à me demander si, en pleine cure Breuss, j'aurais l'énergie pour traverser une infection. J'avoue que ce questionnement m'a fait ressentir une certaine peur. J'étais tiraillé entre l'idée que mon corps serait très sain, pas du tout encombré ou pollué, donc particulièrement prêt à faire face, et l'incertitude de sa capacité à générer une fièvre suffisamment puissante pour empêcher la prolifération du virus. J'ai tellement de mal à me réchauffer avec le peu de calories que j'ingurgite au quotidien ! Puis j'ai repensé à la solution du bain hyperthermique et la confiance est revenue. Si jamais mon corps ne sait pas déclencher la fièvre, je saurai la déclencher artificiellement.

Aujourd'hui, la majeure partie de la population est dans la même situation que celle que j'évoquais et que j'ai choisi d'éviter pour mon kyste : en attente d'un diagnostic, d'une solution médicale, avec le stress d'être victime. Une situation qui n'aide pas à la sérénité et renforce la peur. Et la peur fait le lit de la maladie. Si l'on attend résigné de la médecine conventionnelle qu'elle trouve la molécule miracle, c'est effectivement très stressant et démoralisant. Il en est de même si l'on prie, confiné, pour que la maladie ne nous touche pas, non plus que nos proches. Il existe une autre voie qui consiste à faire confiance à son corps et à lui donner d'ores et déjà tous les moyens de faire face. C'est l'option que j'ai choisie pour moi-même et dont je vous fait part ici. Mes outils seront donc les suivants :

Bain hyperthermique : Prendre un bain à 37° que l'on fait monter en cinq minutes à 43°, température à laquelle on le maintient pendant 20 minutes. Il faut pour cela disposer d'eau très chaude (de l'ordre de 70°, donc pour une fois oubliez les économies d'énergie et boostez votre chauffe-eau*). Rester bien immergé sans sortir les bras ou les jambes ; on a tendance à le faire car c'est vraiment très chaud et pas franchement agréable (pas le bain dans lequel on se prélasse, on est content que les 20 minutes se terminent) mais il faut se l'interdire. Le visage doit suer abondamment. Surveiller les pulsations cardiaques qui vont augmenter, ne pas insister si ça commence à palpiter.

Pendant ce temps, les vaisseaux se dilatent et le sang circule vraiment dans tout le corps et peut vraiment faire son travail de nettoyage à fond. Mais surtout la température corporelle atteinte (supérieure à 40°) permet de tuer les virus présents, qu'ils soient de première infection ou déjà bien à l'oeuvre. A la fin des 20 minutes, se relever très lentement (les vaisseaux étant complètement dilatés, un malaise vagal est plus que probable si l'on se lève d'un coup, tout le sang descendant dans les jambes), se sécher et se couvrir très chaudement voire se coucher sous une bonne couette pour maintenir le travail amorcé le plus longtemps possible.

Je le pratique déjà en préventif (en plus il me réchauffe), je le maintiendrai bien évidemment en curatif en multipliant les séances le cas échéant.

Conserver la fièvre : Evidemment si on essaie de faire monter la température du corps, ce n'est pas pour la faire baisser juste derrière. La fièvre est notre moyen naturel de lutte anti-virale alors accompagnons la, favorisons la, remercions là ! Alors au revoir paracétamol, ibuprofène ou aspirine qui reviennent à jeter ses armes aux pieds de l'adversaire. Si jamais la température monte vraiment trop haut (disons plus de 41°) on peut la faire descendre par un bain légèrement hypothermique (par exemple à 37-38° mais pas moins). Restons sous nos couettes bien au chaud. D'ailleurs on ne transpire pas avec de la fièvre. Par contre on se liquéfie littéralement, à transformer le lit en piscine, après un Doliprane...

Jeûne hydrique : Les vertus thérapeutiques du jeûne ne sont plus à prouver. D'ailleurs quand on est malade on n'a généralement quasiment pas faim. Observez un animal malade, il se met naturellement à la diète. Le jeûne permet de nettoyer le corps, en cela il peut être intéressant de le pratiquer en préventif pendant 3 jours (période minimale pour une véritable efficacité) et soigner ensuite son alimentation (pas de sucre, pas ou peu de viande et laitages, pas trop de blé...). Mais il est également très utile en curatif. Il libère le corps de la digestion (très énergivore) et cette énergie peut être employée dans la lutte virale. Etant depuis 3 semaines en quasi jeûne, mon corps est déjà nettoyé.

Bains de soleil : J'ai la chance (choisie !) d'habiter en sud Ardèche et de disposer d'un balcon plein sud abrité du vent du nord. Dès que l'occasion s'en présente, je peux déjà m'allonger en maillot de bain et prendre un bon bain de soleil. J'en ai pris un hier qui m'a même fait transpirer. Cela me donne beaucoup d'énergie et de chaleur que la nourriture ne m'apporte pas en ce moment. En outre cela apporte de la vitamine D particulièrement utile dans une lutte anti virale. Et ça fait aussi énormément de bien au moral !

Quelques compléments naturels : Infusions de thym, massage à l'huile essentielle de ravintsara, chlorure de magnesium...

Tout cela est très documenté sur internet. Personnellement je suis assez fan des solutions proposées par Michel Dogna (dont le parler franc et les solutions radicales pourront rebuter certains).

Ce que je retiens surtout de tout cela est que ces méthodes sont à la portée de tous, qu'elles n'agressent pas le corps avec des mollécules chimiques ET SURTOUT, QU'ELLES REDONNENT LA CONFIANCE EN NOTRE PROPRE CAPACITE DE GUERISON, QU'ELLES NOUS RENDENT À TOUS NOTRE POUVOIR !

* au sujet du chauffe-eau, il est aberrant pour quelques douches et un ou deux bains par semaine de maintenir en permanence 200 litres d'eau à plus 45°. En revanche si plusieurs personnes prennent chaque jour des bains hyperthermiques cela devient nécessaire et même économique. Cela augmente artificiellement la capacité du chauffe eau : avec 200L d'eau à 45° on fabrique 230 litres d'eau à 37°. Avec 200L d'eau à 70° on en fait plus 350. Pour maintenir le bain hyperthermique à 43° il suffit d'y rajouter régulièrement quelques litres à 70° alors qu'on n'y arrivera pas en vidant intégralement un cumulus à 50°. Enfin, on peut se succéder dans le bain. On ne s'y lave pas donc il se charge très peu en impuretés et du fait de sa température les virus n'y survivent pas. Un cumulus de 200 litres peut donc sans trop de problème permettre à une famille de 5 personnes de prendre un voire deux bains hyperthermiques par jour. Bon, je ne vais pas jusqu'à dire que c'est écologique, mais au regard des bienfaits procurés et comparativement aux solutions proposées par la médecine conventionnelle (chimie, hospitalisations...) disons que ça me semble vraiment pas pire...

PS : je pense qu'il est utile que ce message soit très largement relayé. Alors ne vous en privez surtout pas !

 

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02 mars 2020

Striptease inverse

Les bicyclettes sont tout l'inverse des stripteaseuses. Elles commencent par se montrer toute nues avant de se rhabiller. Voici donc l'irrésistible Rocket Queen !

Bicycles are the opposite of strippers. They start by showing off naked before getting dressed. So here comes the irrestible Rocket Queen !

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Normalement elle devrait ressembler un peu à ça (Merci Jieff !)

It should look like something like this (Thanks Jieff !)

Rocket Queen by Jieff

Habillage dans quelques semaines. Il reste encore du boulot...

Dressing in a few weeks. There's still work to be done...

 

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27 février 2020

La géométrie, l'âme des Salamandre - Saison 1

Les Salamandre ne se distinguent pas par des matériaux très haut de gamme ou une finition digne d'orfèvrerie. Leur point fort tient dans la géométrie. Au sens esthétique comme au sens comportemental. Mais comment est née cette géométrie qui fait le bonheur des salamandristes ? Petite histoire de la géométrie des Salamandre à travers mes vélos personnels.

Big Orange (décembre 2011) : le grand frère

Lou-Bud 8

Si Big Orange a reçu très vite un gros succès, c'est plus par l'association des courbes de ses tubes et des rondeurs de ses pneus que par sa géométrie proprement dite. Ne sachant pas trop comment prendre le problème, j'ai quasiment recopié la géométrie d'un Surly Pugsley. Au départ prévu pour moi, ce vélo s'est vite avéré trop grand, notamment en raison de son tube supérieur très haut pour mes jambes pas si longues. Fred s'y est rapidement trouvé plus à son aise et ce gros joujou est parti vivre en Aveyron

Le Citron (avril 2012) : à la recherche du jeu

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Avec le Citron, j'ai tenté de me rapprocher plus de ce que je pensais être une géométrie ludique. J'étais à l'époque convaincu qu'une direction assez redressée était plus vive qu'une direction couchée (voir les vélo-polos). J'ai donc conçu un vélo avec des bases plutôt courtes (430mm je crois, ce qui était déjà pas mal pour un vélo acceptant une couronne de 32 dents sur une ligne de chaîne de Rohloff), un angle de direction redressé (peut être bien 71° de mémoire) et un boîtier de pédalier plutôt haut (BB drop de 45mm). Le résultat était pas mal mais sans plus. Pour ma participation à la Géobike 2012, j'ai eu besoin d'une fourche avec des points d'emport. J'ai donc remplacé la fourche par une Surly, plus haute, en me disant que pour cette épreuve, je n'avais pas besoin d'un vélo ludique. Et là, surprise : le vélo, même chargé, était plus joueur que jamais. Ni une ni deux, je fabrique une fourche plus longue pour le Citron qui devient ce véritable BMX à gros pneus.

Résurgence (mars 2013) : le même en un peu mieux

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Avec Résurgence, je n'ai pas cherché à faire évoluer la géométrie du Citron que je trouvais parfaite, j'ai simplement cherché à en faire le vélo dont je rêvais en 2010 : un fat compatible Rohloff aux couleurs sobres et disposant de nombreux points d'emport pour du bikepacking. Le Citron était tout sauf sobre et un mauvais positionnement des pattes de roue le rendait incompatible avec le pignon de 16 dents du Rohloff. Ce n'est donc pas avec Résurgence que la géométrie des Salamandre a beaucoup bougé mais c'est à son guidon que j'ai rencontré Pascal (qui n'était pas encore devenu Fatscal) en octobre 2013.

En juin 2013, nous alignons ces trois vélo au départ des 24 heures de Méjannes le Clap. Et là nouvelle surprise. Sur un parcours plutôt roulant, nous tournons tous (4 pilotes) au moins une minute plus vite au tour avec Big Orange qu'avec le Citron ou Résurgence ! Non seulement les gros pneus ne nous ralentissent pas mais il nous font rouler plus vite. Probablement en partie grâce au tubeless (les autres sont en chambre), mais il me faut essayer. Je dois me construire un Big Fat !

Hulk (octobre 2013) : plus gros mais moins rigolo

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C'est donc Hulk qui m'ouvrira la porte des vraiment gros pneus. Montage singlespeed évidemment et moyeu de 150mm qui m'a limité en ligne de chaîne et imposé de revenir à des bases plus longues : 445mm. Mes angles de direction sont descendus à un gentil 69°, mes boitiers de pédalier tournent autour de 45mm de BB drop. Mais malgré ça, je ne trouve pas Hulk assez joueur. J'adore les gros pneus mais ces bases longues pénalisent le comportement du vélo. Bon tout est relatif, j'ai l'occasion de tester les fats du commerce de Audrey et Julien et en comparaison Hulk est un jouet. Mais je ne retrouve pas ce comportement de BMX que j'avais sur le Citron ou Résurgence

Il me faudra donc un nouveau vélo qui fera la synthèse de tout cela. Mais ça, c'est pour la saison 2 !

 

Salamandre bikes are not known for very high-end materials or a finish worthy of silversmithing. Their strength lies in the geometry. Geometry in its aesthetic sense, geometry in its behavior sense. But how was this geometry born that makes salamandrists happy ? Here is a little history of Salamandre geometries through my personal bikes.

Big Orange (December 2011): the big brother

Big Orange received a big success very quickly. It is more because of its curvy tubes and fat tires than its geometry. At that time, I had very few ideas about how to deal with geometry. My main goal was to be able to build a frame. So I almost copied the geometry of a Surly Pugsley. First planned for me, I quickly felt that it was too big, especially because of its top tube, too high for my legs. Fred quickly found himself more comfortable and this big toy went to live in Aveyron

Le Citron (April 2012): seeking fun

With Le Citron, I tried to get closer to what I thought to be a playful geometry. I was convinced at the time that a fairly upright steering column was lighter than a lying one (see the polo bikes). So I designed a bike with rather short chainstays (430mm I think, which was pretty good for a bike with a 32 tooth chainring on a Rohloff chain line), a straight steering angle (maybe 71° if I remember well) and a rather high bottom bracket (BB drop 45mm). The result was not that bad but not as fun as expected. To attend the Géobike 2012, I needed a fork with fixtures. So I replaced the current one with a higher Surly, thinking that the bike would be less fun what was no problem for this event. Big surprise: the bike, even loaded, was more playful than ever. I immediatly made a longer fork for Le Citron which became this real BMX with big tires.

Resurgence (March 2013): the same, a little bit better

With Résurgence, I did not try to change the geometry of the Citron that I thought was perfect, I simply tried to make of it the bike that I dreamed of in 2010: a Rohloff compatible fatbike with pastel colours and many fixtures for bikepacking stuff. Le Citron was anything but sober and a poor positioning of the rear dropouts made it incompatible with the Rohloff’s 16-teeth sprocket. So Resurgence didn’t improve the geometry of the Salamandre, but riding it, I first met Pascal (who had not yet become Fatscal) in October 2013.

In June 2013, we used these three bikes to run the 24 hours of Méjannes le Clap. And there, another big surprise. On a rather easy rolling track, we all rode (4 riders) at least one minute faster on one lap with Big Orange than with le Citron or Résurgence! Not only do the big tires not slowed us down, they even made us faster. Probably partly thanks to the tubeless (the others were equiped with tubes). I have to try this more. I have to build a Big Fatbike!

Hulk (October 2013): fatter but less fun

So Hulk opened me the door to the really big tires. Obviously singlespeed. The 150mm hub limited me in chainline and forced me to build longer chainstays : 445mm. Hulk featured the current (at that time) figures of most Salamandre fatbikes : 69° steering angle, 45mm bottom bracket drop. But despite that, I found Hulk not playful enough. I loved the big tires but these long chainstays penalized the bike’s behavior. Not that bad, I had the opportunity to test the fats (from big brands) of my friends Audrey and Julien and in comparison Hulk was a toy. But I didn’t find the BMX behavior of Le Citron or Resurgence

So I needed a new bike that makes the synthesis of all this. But this is for season 2...

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25 février 2020

Reprenons TOUS notre pouvoir !

En cette période électorale, je me permets un petit appel à reprendre tous notre pouvoir. La renonciation à notre pouvoir est perceptible à tout moment dans des phrases anodines et pourtant tellement révélatrices : Je n'ai pas le temps. Je ne peux pas me le permettre. Je suis trop vieux. Je n'y peux rien. C'est de la faute à... Je n'ai pas la force. Je n'ai pas le choix... La liste est longue ! Pourquoi un tel fatalisme ? Qu'est-ce qui nous a dépossédés à ce point de notre pouvoir ? Face à ces croyances (car ce ne sont que des croyances) un seul mot d'ordre : DEBOUT !

Ne cédons pas notre pouvoir de décision aux politiques. Le 15 mars prochain donnons nos voix à ceux qui s'engagent à nous impliquer. Les listes construites sur le modèle de Saillans qui promeuvent une véritable démocratie participative fleurissent partout. Suivons les. N'écoutons pas les beaux discours, les programmes tout faits avec de belles actions déjà définies. Soutenons ceux qui disent qu'ils vont nous faire travailler, ceux qui n'ont pas encore les réponses aux questions mais qui veulent bénéficier de l'intelligence collective pour les trouver.

Ne bradons pas notre temps. Choisissons ce que nous voulons en faire. Personne ne peut tout faire, des choix sont nécessaires. Faisons les consciemment et osons les affirmer : "Non je ne souhaite pas faire cela, ce n'est pas dans mes priorités.". Et si c'est déjà du passé, plutôt que "Je n'ai pas eu le temps." oser assumer un "Je n'ai pas pris le temps.". C'est tellement plus gratifiant d'assumer cela que de trouver des excuses...

Achetons moins mais mieux. Oui les produits durables, équitables, locaux, fabriqués par des passionnés sont nettement plus chers que leurs équivalents industriels en provenance de l'autre bout du Monde. Mais qu'il est plus gratifiant de faire ces choix, de les mûrir, de les attendre. Quelle satisfaction de se dire que personne n'a souffert pour les créer ! Quelle satisfaction surtout que de me dire "Je ne suis pas très riche mais je peux me permettre ça : je fais ce choix". Plus généralement ne nous enchaînons pas à l'idée de pouvoir d'achat. Le pouvoir d'achat est un pouvoir bien illusoire devant le pouvoir de non-achat. Chercher à augmenter son pouvoir d'achat est aliénant. C'est un enchaînement à l'idée de consommation et à l'obligation d'obtenir un revenu pour assouvir cette pulsion. Il est bien plus gratifiant de trouver en soi la force de ne pas céder à cette frénésie, trouver les solutions pour assouvir nos besoins sans cette dépense ou réaliser que ces besoins n'en sont peut-être pas.

Ne nous soumettons pas à un employeur (ou autre rémunérateur). C'est la conséquence du point du dessus. Prendre conscience qu'on n'a pas tous ces besoins nous libère de ce joug. Si nous pouvons ne pas dépenser, nous n'avons pas besoin de nous prostituer et nous pouvons commencer à songer à créer ce qui nous plait. Créons de toutes petites entreprises qui nous ressemblent, des entreprises participatives portées par des idées fortes. Des entreprises qui ne rapportent pas forcément énormement d'argent mais tellement de satisfaction. Des entreprises où l'on a le sentiment de s'amuser, où le dimanche soir devient une fête. Soyons créateurs de nos vies.

N'abandonnons pas notre pouvoir de nous soigner aux médecins. La plupart des maladies se soignent d'elles-même sans le moindre traitement. Les remèdes de grand-mère font des miracles. Une bonne hygiène de vie (avec plaisir, la frustration n'est pas bonne conseillère) préserve  de bien des maux. Quand vraiment on ne comprend pas ce qui se passe, l'avis d'un médecin est bon à prendre, mais avant de foncer dans un traitement pharmaceutique, faisons jouer notre avis critique, consultons des thérapeutes pratiquant d'autres médecines. Prenons notre santé en mains. Le recours systématique à la médication pharmaceutique affaiblit le corps. Le recours systématique au médecin affaiblit la confiance en notre propre pouvoir de guérison.

Faisons du vélo ! Oui du vélo pas du VAE. Il y a 50 ans tout le monde se déplaçait à vélo. Aujourd'hui on entend chaque jour des personnes en pleine forme dire qu'il leur faut un VAE pour pouvoir remonter sur un vélo. Evidemment la première fois ça pique un peu mais le corps apprend vite. Evidemment les VAE vont plus vite, ils montent la côte selle en bas comme des fleurs. Mais quelle gratification en tirer ? Quelle perte de confiance en nos propres capacités ? Par ailleurs les VAE de série tout intégrés sont des produits jetables fabriqués à l'autre bout du Monde. Quand le fabricant du moteur aura changé son standard, le vélo complet partira à la poubelle. Les batteries ont une durée de vie limitée et contiennent des produits dangereux et il faut bien des centrales pour fabriquer le courant électrique.

Allons explorer les limites de notre corps et voyons comme elles sont infiniment plus loin que nous l'imaginons. Si nous ne nous croyons pas capables de faire 100km à vélo, faisons-en 400 ! Pas capable de jeûner plus de 2 jours ? Essayons la semaine. Notre corps a des ressources insoupçonnées qu'il rêve de nous montrer. Il est fait pour ça !!! Découvrons comme il peut changer de carburant, s'adapter à des situations nouvelles, se nettoyer tout seul (pensez quand même à changer de vêtements, eux n'ont pas cette capacité), se régénérer en quelques minutes de repos... Vive notre corps, c'est une merveille.

C'est un peu toutes ces pistes que j'ai essayé de creuser dans ma vie et je continue à le faire chaque jour. Je suis loin d'être au top de tous ces domaines mais j'ai la conscience de cela et l'envie d'approfondir ces pistes, de retrouver mon véritable pouvoir. Et vous ?

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