Salamandre : à chacun son vélo ...

11 juillet 2019

Bouffer des kilomètres, seulement des kilomètres…

Note : Ce message est à lire de préférence après « Ma Baroudeuse »


Introduction :

Nos croyances nous limitent. On peut le vérifier chaque jour. Nous avons créé dans nos têtes tout un tas de limites qui nous empêchent de faire certaines choses. Parfois c'est pour de réelles raisons de sécurité. D'autres fois il est plus difficile de voir ce qui pourrait empêcher d'essayer. La perte d'un cadre rassurant, la peur d'aller chercher notre vraie puissance ? J'ai déjà testé quelques trucs peu conventionnels dans le vélo, parfois sans succès, d'autres fois avec un résultat étonnant. Dans tous les cas j'ai eu les mêmes remarques.

« Tu roules en fat ! C'est pas pour moi ce type de vélo.
- T'as essayé ?
- Non. »

La première phrase peut être remplacée par :
« Tu roules en singlespeed ! Moi j'y arriverais pas. »
« Faire 200km en VTT ! Pas possible pour moi. »
« Monter sur un tall bike ! Je suis sûr de pas y arriver. »
...
La réponse reste invariable. « T'as essayé ? », « Non » !!!

Message reçu tout à l'heure (excuse moi Anthony de te citer, rassure toi, tu n'es pas le seul à dire ça mais ton message tombait à pic...) : « Tu jeûnais pendant la course ??? Tu te contentais d'eau ou tu prenais autre chose quand même ? Je n'imagine pas que ce soit quelque chose qui marcherait pour moi. C'est d'ailleurs ce qui m'a mis dans le dur pendant le Triangle de la Burle. »

Anthony, je ne connais pas ton expérience sur le triangle de la Burle, mais je suppose que plus que jeûner, tu es tombé en panne sèche, ce qui n'a rien à voir. Je suis aussi tombé maintes et maintes fois en panne sèche car je n'étais pas préparé à réellement jeûner, ou je roulais trop vite. C'est un peu du même ordre d'idée que d'essayer de rouler sans changer de vitesse sur un vélo multi pour tester le singlespeed. On croit avoir essayé mais en fait non. Un vrai singlespeed est bien autre chose qu'un multi sur lequel on n'utilise qu'une vitesse. Jeûner et manquer de nourriture sur une épreuve sportive ne sont pas la même chose.

Alors jeûner en ultra endurance, jusqu'à la semaine dernière j'avais la croyance que c'était possible. Depuis je l'ai fait et ça a marché ! Au delà de mes espérances. Je ne prétends pas que ça fonctionne pour tout le monde. Probablement que certains ont plus de facilité que d'autres pour cela et très probablement j'en fais partie. Mais je pense quand même que nous sommes tous conçus pour survivre et les fonctionnements utilisés ici sont ceux de la survie.

Mes expériences passées :


Ce n'est pas la première fois que je roule en jeûnant ou en mangeant très peu. En 2012, je participais à ma seconde Géobike. Ce raid magnifique de 250km dans le secteur des gorges du Tarn n'existe malheureusement plus. J'avais décidé de ne pas manger le plus longtemps possible mais je n'étais pas suffisamment convaincu de ma capacité à le faire et j'ai acheté en route un croque-monsieur, au cas où ! Les boulangeries sont des pièges ! Quand vous passez devant, tournez la tête de l'autre côté et ne respirez pas... Je l'ai mangé sans avoir vraiment faim autour du 100ème km. L'idée d'un croque monsieur dans le sac est trop tentante. Mais cette expérience avait déjà interpellé Guillaume (présent sur la Baroudeuse) avec qui j'ai fait les 130 derniers km.

Au Concours de Machines 2018, je suis parti sur le 100km sans rien à manger. Mais une fois de plus j'ai eu peur et au 25ème km j'ai acheté une baguette blanche (autant dire presque des sucres rapides) que j'ai mise dans ma sacoche de cadre et grignotée peu à peu. Après coup je pense que c'est elle qui m'a grignoté en remettant mon corps dans la filière glucidique, empêchant la filière lipidique de prendre efficacement le relais.

Je ne vais pas relater là toutes mes expériences de jeûne ou quasi jeûne sur le vélo mais peu à peu j'ai pris l'habitude de ne rien emmener à manger, surtout pas du sucré.


Outre le vélo, j'ai aussi testé le jeûne et d'autres diètes (cures de raisin jusqu'à 3 semaines) à plusieurs reprises à des fins de nettoyage corporel. La plus longue fut de 5 jours, en marchant, simplement. D'autres, jusqu'à trois jours mais à la maison, ce qui est bien plus difficile. J'ai le frigo compulsif quand je tourne en rond..

Et sans aller jusqu'au jeûne, j'ai testé à plusieurs reprises la suppression du sucre sur plusieurs semaines voire mois, chaque fois avec succès. Mais c'est tellement facile de succomber à cette petite douceur. Le sucre est une poudre blanche euphorisante, énergisante sur le coup, addictive et qui crée les plus profonds plongeons par la suite, physiquement comme émotionnellement. La cocaïne est peut être moins dangereuse, parce qu'elle, on en a peur !

Bref, sans être un expert de la question, je n'étais pas vierge et j'avais déjà abordé gentiment le sujet.

Un peu de physiologie :

Nos muscles savent fonctionner à partir de deux filières : la filière glucidique et la filière lipidique ou cétonique (les graisses sont transformées en cétones qui sont consommables par les muscles). Ces deux filières peuvent fonctionner alternativement selon les situations. Mais nous allons voir que ce n'est pas forcément toujours le cas.

La filière glucidique est celle qui permet de fournir la plus grande puissance. C'est aussi la plus simple à mettre en œuvre pour le corps car il ne doit pas préparer son carburant avant de le consommer. Si l'on mange des glucides, elle est donc quasiment la seule en action. La filière lipidique est en sommeil 99 % du temps chez 99 % des gens. Une baisse de glycémie et c'est le coup de pompe, trop d'apports (sucrés ou gras) et c'est la mise en stock sous forme de graisses. Ce n'est pas le gras qui fait grossir, c'est le fonctionnement permanent en filière glucidique qui empêche le déstockage des graisses en interdisant la mise en route de la filière lipidique.

La filière lipidique est celle qu'utilisaient majoritairement nos ancêtres, qui mangeaient peu, quand ils le pouvaient, des aliments peu sucrés, surtout des légumes et moins souvent de la viande, des laitages après l'apparition de l'élevage (allez essayer de traire un auroch ou un bouquetin !!!), peu de céréales et pas de pommes de terre. C'est une filière plus lente, qui diffuse son énergie lentement mais sûrement. Pas de gros pics d'énergie, pas non plus de chutes brutales. Une capacité de stockage très supérieure aux glucides (100g de lipides = 900kCa, 100 g de glucides = 400kCa). C'est la filière de la survie, celle qui permet de tenir longtemps, de passer des périodes de disette. C'est aussi celle qui sait consommer les graisses corporelles.

Au cours des siècles notre alimentation a vu sensiblement augmenter la part des glucides, d'abord lents, puis celle des sucres rapides. Notre corps n'est pas prévu pour fonctionner comme cela. Cette alimentation qui devrait être réservée à des efforts intenses de court durée est celle de personnes sédentaires ! S'ensuivent tout un tas de dysfonctionnements allant de l'obésité à l'hyperactivité en passant par le diabète et la dépression chronique (mais cela est un autre sujet).

Revenir à une alimentation moins glucidique (aussi appelée carbohydrates) et plus glucidique permet donc un meilleur fonctionnement de notre corps au quotidien. C'est la tendance des régimes paléo, Lowcarb-Hifat et, le plus strict probablement, cétogène auquel on prête des vertus antiépileptiques et anticancéreuses, mais ça j'ai pas envie d'essayer...

Mon parcours de ces derniers mois :

L'article « Le gras c'est la vie » de David Manise (Carnets d'Aventures n°46) m'avait interpellé. Il y décrivait les principes de son alimentation : régime proche du régime paléo (je vous laisse chercher sur internet, c'est très documenté) et jeûne partiel quotidien (repas uniquement le soir). Je me sentais proche de ces idées et honnêtement, le gras, j'adore... Je vais quand même pas cracher sur le fat !!! Après m'être documenté un peu, j'ai choisi d'adopter pour un temps le régime cétogène, qui diffère un peu du régime paléo tout en gardant le même esprit. C'est probablement le plus contraignant mais tant qu'à essayer, allons-y à fond.

Fin février, j'ai donc mis un terme (provisoire ou pas, on verra) à ma consommation de glucides. Bon, ce n'est pas un absolu, à part de l'huile pure, rien ne contient pas du tout de glucides. Mais j'ai supprimé tout ce qui est majoritairement glucidique à savoir les céréales (blé, riz, maïs, avoine...), les pommes de terre, les légumineuses (lentilles, pois chiche, pois cassés...) et bien évidemment tout ce qui est réellement sucré, y compris les fruits et les légumes les plus sucrés (carottes, peu d'oignons). J'ai remplacé tout ça par des légumes verts (surtout du chou en hiver, puis des courgettes et maintenant des poivrons étonnamment pas si sucrés et quelques tomates, et évidemment tous les légumes feuille vraiment verts) copieusement arrosés d'huile (faut pas lésiner sur la dose), du fromage (trop) et autre laitages (crème, ma grosse frustration pour moi qui adore les tartines de beurre, c'est de ne pas pouvoir étaler le beurre sur du pain!), de la viande grasse, des oléagineux, des olives...

Bon honnêtement, c'est raide, très raide ! D'un autre côté ça m'a permis de travailler la volonté, la frustration... Les résultats ont été rapides. En 2 semaines je suis passé de 85 à 75kg, mais comme je reste un grignoteur compulsif, je suis descendu ensuite lentement aux environs de 72-73kg, ce qui est loin d'être maigre pour une personne, même à l'ossature solide, de 1,72m. Au départ, cette expérience était décorrélée de l'idée de Baroudeuse mais rapidement une synergie s'est créée entre les deux objectifs qui n'en ont plus formé  qu'un. La deadline de la Baroudeuse m'a aidé à tenir tout ce temps, avec la ferme idée qu'après j'arrêtais. Alors depuis hier, je mange...
... cétogène ! Ma chérie veut essayer, au moment ou je suis censé arrêter... Je me dis qu'à deux, avec de l'imagination on devrait pouvoir éviter de manger toujours la même chose. Je vais probablement aménager cela pour plus de souplesse mais les petits accords avec soi-même sont encore plus difficiles à gérer que l'interdiction stricte. Un autre challenge...

Au milieu de tout cela, j'ai introduit de courtes périodes de jeûne (jusqu'à 3 jours) ou de jeûne partiel. Le jeûne partiel est facile pour moi à appliquer. Je pars travailler ajeûn le matin, je bosse toute la journée. Et je mange en rentrant le soir. En restant à la maison c'est nettement plus difficile. Je pense que je vais le généraliser à l'avenir. Il permet de laisser le corps au repos (pas de digestion) et active la filière lipidique même avec certains apports glucidiques (je crois...).

Enfin, une semaine avant la course, j'ai arrêté le café. Il est censé être déminéralisant et chaque fois que je l'arrête, je prends mal à la tête pendant un ou deux jours. Je préférais que ce soit à la maison que sur le vélo...

Sur le vélo, les premiers jours c'était très dur. Des jambes de 50km dès le 3ème km. Un peu décourageant. Mais en quelques sorties c'est revenu et ma première sortie post inscription à la Baroudeuse (160km / 4000 D+ gravel avec Guillaume) est passée toute seule. J'ai systématisé le vélotaf (19km de magnifique petite route) et fait quelques belles sorties mais pas tant que ça en définitive. Je roule assez peu. Je prends autant de plaisir à fabriquer les vélos qu'à les rouler et ça ne me frustre pas de ne pas rouler. De 40km de VTT bien « fat » au Ventoux à 190km gravel roulants autour de Arles, en passant par 2 x 110 gravel dans les Maures (plus de 90 % de pistes, vraiment super adapté au gravel). Des sorties plus pour me prouver que ça passe que pour réellement améliorer mes performances vu leur espacement dans le temps.

Enfin, une semaine avant la course, une sortie gravel de 70km / 2000m D+ environ en plein cagnard (température annoncée 37°, roulage de 12H à 18H) m'a permis de me rassurer quant à ma résistance à la chaleur. J'ai bu 5 litres d'eau et tout s'est bien passé. Je pouvais attaquer la Baroudeuse serein. J'avais confiance en le jeûne et en ma capacité à supporte les fortes chaleurs sans souffrir. Et la confiance est juste primordiale dans ce cas.

La Baroudeuse :

Si au départ j'avais dans l'idée de courir la Baroudeuse en régime cétogène, rapidement l'idée de jeûner s'est imposée. J'avais dans l'idée que 1kg de graisse corporelle permettait de tenir une journée d'effort. Je visais 5 jours (la progression de Maxime semble annoncer plutôt 5 jours et demi ). Pour moi, ma réserve de graisse corporelle est largement suffisante pour assurer mon besoin.


Samedi 6 juillet, je prends le départ sans réserve de nourriture. Si jamais ça ne marche pas, je m'arrêterai et attendrai que la forme revienne avant de rallier un quelconque magasin. Mais ne surtout pas risquer de succomber. J'évite d'en parler à Cédric pour éviter de le faire flipper. Il l'apprendra bien assez tôt.

Seule idée en tête, l'eau. Toujours boire, ne jamais garder l'eau pour plus tard, compléter un bidon à moitié vide chaque fois que je croise un point d'eau, inverser mes bidons dès que celui du dessus est plein. Ce qui conduit à une consommation de 8 à 11 litres par jour !

Avec toute cette sueur, il y a une perte de sels minéraux, ce qui peut conduire à des crampes, mais aussi à des trucs bien plus graves (Lucie m'a sorti un de ces noms d'accident potentiel...). J'avais donc avec moi un complexe de sels minéraux. Je m'y suis pris très tard (sur mon trajet routier du vendredi dans la première pharmacie venue). Je n'ai trouvé qu'un complexe contenant du sucre (malto dextrine) et que j'ai donc mangé l'équivalent d'un demi morceau de sucre par jour (mes détracteurs pourront donc dire que je n'ai pas vraiment jeûné!). A chaque occasion de boire de l'eau gazeuse (café, magasin), je n'ai pas hésité non plus. Sur 3 jours ça a suffit à éviter les crampes et autres désagréments.

Mon parcours, vous l'avez déjà lu dans mon précédent message. Je vais me contenter des sensations vécues sur cette Baroudeuse :
- J'avais des jambes : Pas les plus exceptionnelles que j'ai connues, mais des jambes quand même, et toujours disponibles.
- J'étais serein face à la difficulté : réfléchis pas, vas-y, marche, pédale, plus tard tu seras en haut. Dans ma tête, Jim Morisson chantait « Take it easy baby, take it as it comes »
- Je n'ai jamais eu faim : mais alors réellement jamais. Je n'y pensais même pas. Mon objectif était rouler et je roulais. Pas de stress d'approvisionnement, d'horaires de fermeture des magasins. j'avais la nourriture sur moi, en moi. Le jeûne n'était pas une privation, l'idée de nourriture était juste hors-sujet.
- Je n'ai pas eu de gros coups de pompe : En journée, pas d'envie de m'arrêter me reposer. La nuit j'ai été handicapé par la perte de mes lunettes de vue. Je devais rouler très lentement et ça me demandait beaucoup de concentration. J'aurais peut être moins dormi si j'avais eu une vision claire, qui sait ? Après la nourriture, c'est le sommeil qu'il va me falloir explorer. Mais bon, après 3 nuits de 3 heures et tous ces km, j'ai dormi raisonnablement 7H la nuit dernière et je suis à 1H du matin en train d'écrire ce texte. Je pense que le jeûne n'y est pas étranger.
- Je n'ai pas souffert de la chaleur : le jeûne a un effet refroidissant qui m'a permis de rouler aux heures les plus chaudes, en aillant certes chaud, mais en ne souffrant pas. En revanche aux petits matins, je me suis senti plus sensible au froid.

Après la Baroudeuse :

J'ai repris l'alimentation quelques heures après mon abandon, en mode cétogène. J'avais envie de reprendre comme ça et je l'ai fait avec plaisir. Quelques gargouillis mais ça va bien.

Je ne me sens pas plus fatigué que ça. J'ai eu une journée tranquille, un peu de travail avec un client de passage, allez choisir de nouvelles lunettes, écrire ces textes encore à chaud...

Cet après midi, je me suis pesé : 67kg !!! A vérifier demain. Il y a peut être encore des niveaux qui ne sont pas refaits dans la machine mais il semble que j'aie perdu plus que prévu. Aucun risque d'attaquer les muscles, il reste du gras, ça se voit à l'oeil et il paraît que même quelqu'un de très maigre a encore des réserves. Aurais-je eu assez de réserves pour tenir jusqu'à l'arrivée ? Je pense que oui. Mais je ne peux l'assurer

En résumé mon expérience est très positive et malgré ma mésaventure, ce qui restera de cette Baroudeuse est une grande victoire. Je pense que tout était réuni pour que ça fonctionne sur la Baroudeuse : durée pas trop importante, fortes chaleurs. Je pense que sur une Highland trail ou une Rovaniemi 150, pour le froid, ou sur un Tour Divide, pour la durée, je partirais plutôt en cétogène en mode un seul repas par jour pour limiter les désagréments de la digestion mais remplir le réservoir et allumer doucement le chauffage.

Je ne prétends pas à l'universalité de mes propos. C'est mon expérience, c'est tout. Mais c'est aussi réellement mon expérience, pas une simple théorie. Et pour moi ça change tout ! En espérant que ce retour vous a inspiré...

« Tant qu'on n'a pas essayé, on ne fait que supposer. »

 

Edit : je me permets de mettre ce petit échange tenu ce matin avec David Manisse, l'auteur de l'article "Le gras c'est la vie" et instructeur survie au CEETS.


David : En clair t'étais déjà céto-adapté et t'as arrêté de manger le temps d'un effort long et soutenu. Bienvenue au club des gens qui découvrent le vrai potentiel de l'humain. On vit tous sous cryptonite puis on arrête de bouffer des céréales.

Maintenant, dans ce genre d'épreuve, tu peux aussi t'alimenter avec de faibles quantités de féculents simples, normalement, et rester en cétose.  Du coup tu as la double alimentation en énergie. Y'a sûrement de la doc sur tout ça dans le milieu des ultras, ironman etc.
Yann : A creuser sur la très longue distance (supérieur à 4-5 jours). Sinon le jeûne me semble vraiment intéressant par l'économie de la digestion et la libération totale de la recherche ou du transport de nourriture
David : Carrément, je comprends bien l'intérêt ! :) D'ailleurs je fais parfois ça en rando.  Et les viet-congs faisaient pareil ;)
Là ce que je découvre c'est l'intérêt d'un TOUT PETIT apport en sucre pendant les phases plus intenses, où tu crames tout au fur et à mesure.  A doser très finement. Exemple une boisson sportive genre isostar super faiblement dosée...  ou un mix maison à base de fructose et un peu de sel.

Tu étais comment en termes d'électrolytes quand tu as arrêté la course ?
Yann : Je ne sais pas les mesurer. Je prenais tous les jours 10ml d'un complexe de sels minéraux (solution précieuse) et de l'eau gazeuse chaque fois que je passais devant un bar. Vu ma consommation d'eau par ces chaleurs (de l'ordre de 10 litres par jour), il fallait compenser; Pas de crampes ou autres soucis mais je n'ai pas d'autres infos.
David : Ok si tu as géré sans crampes c'est que c'est bon je pense

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10 juillet 2019

Ma Baroudeuse

Depuis le petit promontoire herbeux de l’église de Saint-Apollinaire, ma vue embrasse le lac de Serre Ponçon et les montagnes qui le cernent. Le tonnerre gronde et la pluie se rapproche, sommet après sommet. Lorsque les premières gouttes m’atteignent, mes yeux suivent le mouvement. J’ouvre les vannes et laisse couler les larmes. Je sais que c’est fini, qu’il me faut mettre un terme à cette belle aventure. Je m’arrête là où ça allait commencer, là où débute ce que j’étais venu chercher.

L’aventure a commencé en février, lorsque Pascal m’a parlé de la Baroudeuse à laquelle il allait participer. « C’est bon pour moi ce genre de conneries, pas envie de souffrir sur un vélo... ». Puis j’ai regardé le site, les photos, les vidéos. Et l’envie s’est fait trop forte en même temps que l’ego se laissait exciter. Quelques jours après, je m’inscrivais…

A la même époque, sans que cela semble avoir un quelconque rapport, je relisais dans Carnets d’Aventures un article intitulé « Le gras c’est la vie », traitant des bienfaits d’une alimentation riche en graisses et pauvre en glucides. Interpellé par cet article, j’ai approfondi un peu la question et décidé d’opter, pour un temps, pour un régime cétogène. Le régime cétogène est le plus strict concernant l’élimination des glucides. Seules des quantité infimes sont tolérées. Soyons honnêtes, c’est très dur à suivre, bien plus qu’un régime sans gluten par exemple. Car non seulement il faut supprimer le blé (pâtes, pain, semoule, pâtisseries…), mais également le riz, les pommes de terre, les lentilles, les pois chiches, et bien évidemment, tous les sucres rapides, y compris les fruits.

Le résultat escompté était une optimisation de mon corps à la filière lipidique, quasi généralement au repos chez la plupart des gens, et m’affranchir de la dépendance générée par la filière glucidique. La perte de poids fut rapide, de l’ordre de dix kilos. En revanche les premières sorties à vélo furent très difficiles. Des jambes de fin de sortie après quelques kilomètres seulement. Mais au bout de deux semaines, j’avais retrouvé ma forme habituelle et la première sortie test de cent-soixante kilomètres fut une formalité.

Rapidement l’idée de continuer ce régime jusqu’à la Baroudeuse, y compris pendant la course, est devenue une évidence. Grâce à la « batterie tampon » que constituent mes réserves adipeuses, il devrait me permettre de gérer le plus librement possible mes approvisionnements sur la course. Puis peu à peu, l’idée de jeûner pendant la course est devenue encore plus évidente. Apporter des graisses nécessitant d’être digérées n’avait pas de sens puisque mon corps disposait en théorie de la réserve de graisse suffisante pour les cinq jours de course que je visais. Je m’affranchissais totalement de la recherche de nourriture, de la digestion et autres désagréments. J’avais déjà expérimenté le jeûne sur des sorties à la journée de cent à deux-cents kilomètres et cela fonctionnait très bien. Prolonger l’expérience pendant plus de mille kilomètres était un pari…

Vendredi 5 juillet : Je quitte la maison de Tchan à l’aube pour aller prendre un train pour Nice à une quinzaine de kilomètres. Nous avions convenu que pendant mon périple, il remettrait mon camion en état et tenterait notamment de remédier à ce gros manque de puissance. A la gare j’apprends qu’il y a grève sur la ligne ce jour précisément, qu’un car passera sans certitude qu’il accepte mon vélo. Ça commence bien ! Alors cap sur Draguignan. Cent-trente-cinq kilomètres pour aller prendre le train, plus quinze de Nice à la Turbie (en montée et en plein soleil pour mettre dans l’ambiance). Beau préambule…

Samedi 6 juillet : 5H du matin, sur la ligne de départ, je m’aperçois que j’ai oublié mon portefeuille. Le temps d’aller le chercher, ils sont tous partis. Je remonte tranquillement jusqu’au groupe mais quelques kilomètres plus loin je perds mes lunettes de vue. Après un quart d’heure de vaines recherche, je les laisse finir ici leur vie, lassées des étincelles de disqueuse et de mes autres maltraitances. Une fois encore je suis bon dernier. La journée sera une longue remontée dans le classement jusqu’à, sans que je le sache, la seconde place. Je me découvre très régulier. Pas explosif mais avec des jambes toujours gentiment présentes. Parfait ! Pascal, que je retrouve en fin d’après-midi, ne peut pas en dire autant. Il souffre et regrette son choix de pneus. Mais je le sais fort dans sa tête. Pas de problème pour lui, il ira au bout. Vers 2H du matin je m’allonge près du sentier pour trois heures de sommeil.

Dimanche 7 juillet : 5H30 alors que je me prépare à repartir, passe un baroudeur. C’est comme cela que je ferai la connaissance de Yannick, qui m’a acheté un fat Salamandre il y a quelques années sans que jamais je ne l’aie rencontré. Nous passerons une bonne partie de la journée ensemble jusqu’au Ventoux. Mais la chaleur avant Banon l’a affaibli et je sors seul au sommet. Seul mais avec  en tête ces propos qu’il m’a tenu « Une dame m’a dit que Maxime n’était pas très loin devant ». Au sommet du Ventoux, je me suis promis de tout faire pour aller chercher Maxime. Jamais je n’aurais imaginé cela hier. Aller disputer la première place !

Lundi 8 juillet : Cédric nous a prévenus. La section qui suit le Ventoux, dans les Baronnies, est très difficile, physique et cassante. Le calvaire devait cesser, selon lui, au 450ème kilomètre. Il cessera effectivement au 550ème! En dépit de cela le parcours jusqu’à Verclause est difficile mais vraiment très beau.  En revanche les points d’eau y sont inexistants et pour la première fois je souffre de la chaleur. Rien de terrible, mais jusque là, le jeûne et son effet refroidissant m’a préservé de cela. Un simple quart d’heure de repos me remet en forme. Mais le tronçon Verclause-Rémuzat s’avère vraiment trop dur avec deux longs poussages et une descente cassante. Pourquoi ce tronçon Cédric ? Il était vraiment de trop. La fraîcheur du soir me redonne des ailes et à 22 heures, je reprends la route avec le nom de Maxime en tête. Mon coup de pédale est franc et la montagne de l’Aup passe comme une lettre à la poste. Je m’allonge dans un abri bus pour les désormais classiques trois heures de sommeil. Trois heures ça me suffit. Je ne me sens pas fatigué. Pas le moment de sauter une nuit complète. Il en reste deux pour jouer mon va-tout.

Mardi 9 juillet : Le jeûne refroidit. C’est un avantage en journée mais ce matin il fait frais et je commence en descente alors je pars tout emmitouflé. Depuis 2 jours j’ai mal aux fesses. Ma selle était au top pour moi. J’avais déjà fait le téléphone tour avec. Sept journées de deux-cents kilomètres sans problème. Mais je l’ai changée de vélo, avec une position différente sur le vélo et rien ne va plus, ou peut être est-ce autre chose, mais quoi qu’il en soit, l’adéquation n’est pas bonne. Je cherche des positions pour me soulager qui ne sont pas toujours idéales pour pédaler. Mais je roule, j’y crois. Les jambes sont là et je me régale dans la montagne de Céüse. La première qui ressemble à ce que je suis venu chercher : piste roulante, mélèzes, pâturages et panorama. Rien ne manque. La descente est belle aussi. Je passe le CP de Gap à 7H45, je m’arrête boire un verre d’eau gazeuse et je repars toujours bille en tête et motivé. Mais dans la montée après Chorges, la douleur passe de sourde à électrique. J’ai une plaie à vif et le contact de la selle est intolérable. Je m’assied sur le banc face à la vue, contre l’église de Saint Apollinaire et je fais le point. Il reste près de cinq-cents kilomètres à faire. Les plus beaux et les plus roulants mais cinq-cents… Alors je laisse pleurer mes yeux. C’est fini…

Je me laisse glisser jusqu’à Chorges. Un train part dans le quart d’heure. Un coup de fil à Tchan qui était sur le point de partir en vacances. Il peut descendre mon camion à la gare en partant. Il me prend même un rendez-vous pour la fin d’après midi au contrôle technique. Je glisse la Bombera dans le coffre de Tifor (c’est mon camion). Tchan a trouvé la panne, il a retrouvé toute sa puissance ! Je vais me doucher, manger un morceau chez Tchan, un quart d’heure de sieste et j'emmène Tifor au contrôle. A 18 heures je prends la route, prudemment, sans mes lunettes… quand les choses glissent comme ça, c’est que le choix est juste. Si j’avais abandonné au-delà du Parpaillon ou pire, de la Bonnette, tout aurait été beaucoup plus difficile.

Au bilan demeure la déception, la frustration de ne pas avoir pu livrer ces batailles jusqu’au bout. Celle contre Maxime, mais aussi celle contre Pascal à qui j’avais lancé comme une boutade et sans trop y croire « Je te mets trente heures ». A Saint Apollinaire, Maxime avait 3 heures d’avance sur moi. J’en avais 19 d’avance sur Pascal. Mais eux sont encore en course. Les seuls encore sur le tracé intégral, et Pascal va chercher sa seconde place à la régulière. Moi je suis à la maison… Déception aussi d’abandonner au pied de la vraie montagne, celle pour laquelle j’étais venu.

Mais au bilan aussi une immense satisfaction. Mon pari a fonctionné. C’était osé mais ça a marché. Je me suis senti fort sur le vélo. Régulier, presque invincible. Et sans atteindre ni l’arrivée, ni la victoire, j’ai gagné ma liberté. J’ai senti la liberté et la puissance que me procurait ce choix. Mes fesses furent mon talon d’Achille. Je suis mort au combat. Mais je suis mort libre !

Je m’arrête ici mais très vite je vous ferai un sujet plus spécifique sur cette expérience du jeûne en ultra endurance. Ce n’est que mon expérience. Elle n’est peut être pas universelle, mais elle mérite qu’on s’y intéresse.
(EDIT : le message est en ligne ici)

Bouffer des kilomètres, seulement des kilomètres... - Salamandre : à chacun son vélo ...

Note : Ce message est à lire de préférence après " Ma Baroudeuse " Nos croyances nous limitent. On peut le vérifier chaque jour. Nous avons créé dans nos têtes tout un tas de limites qui nous empêchent de faire certaines choses. Parfois c'est pour de réelles raisons de sécurité.

http://salamandrecycles.canalblog.com



A très bientôt et merci à tous pour les mille messages de soutien que j’ai reçus.

Yann

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02 juillet 2019

Un joli monstercross Pinion pour écumer les chemins de hâlage bretons

Allez je ne résiste pas à vous montrer mon dernier né (ou à naître). J'y ai passé la journée en non stop (6-18) mais le résultat est sympa, enfin je trouve.

Philippe veut un gros gravel pour écumer les chemins de hâlage de Bretagne, mais aussi pour voyager, un jour. Séduit par la boîte Pinion c'était un "must have" de son prochain vélo. Pour moi c'est une belle occasion de continuer à explorer la piste du gros gravel (aussi appelé monstercross) à double tube supérieur que j'ai ouverte avec la Bomba et la Bombera (promis, bientôt je vous fait une belle présentation, il manque juste 2-3 bricoles à la Bombera) .

Par rapport aux deux dernières nommées, une ligne plus tendue, plus dans le classique Salamandre, avec la partie "haubans" des tubes supérieurs non cintrée (seule la partie avant est cintrée) qui donne plus de dynamisme visuel. Et un renfort pris entre les deux car Philippe n'a pas le gabarit fillette !

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Boite Pinion, courroie Gates et premier montage en pattes coulissantes Paragon (je vais monter de plus en plus de Paragon car c'est une entreprise labellisée "En 2019 je fais ce que je veux").

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Custom bike, custom tools... Un nouveau support usiné ce matin même pour ne plus me battre avec le double tube. Quel confort ! D'autres outillages sont à venir pour rendre la manip encore plus simple.

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Hâte de le voir monté celui-là...

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28 juin 2019

Bienvenue au Cargo Bike Workshop !

Quelques images d'une semaine sympa à l'atelier. 5 joyeux lurons se sont donné rendez-vous pour cogiter sur le sujet du cargo bike, version long tail.

Objectif, soumis par Fred (Cévènavélo) : concevoir et fabriquer un cargo le moins cher possible en Ardèche. Recyclette ? Pas Recyclette ? Plateforme haute ? Forme du porte bagages ? Les cerveaux ont chauffé sur mille questions et au bout de 3 jours un premier proto en version Recyclette était prêt à rouler.

Montage dans l'effervescence du vendredi soir !

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Fatscal en mode Raymond Boyaux !

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De gauche à droite :

- Raphaël alias Marvel, parce qu'on a toujours besoin d'un glabre dans la bande !

- Fred, Mr Cévènavélo, qui s'est pointé juste pour voir le vélo fini, heureusement qu'il avait amené de la bière !

- Pascal alias Fatscal, il dit qu'il a pas de cerveau mais nous on le croit pas. Il a de bonnes idées en tout cas !

- JB en mode "j'ai vu de la lumière je suis rentré", réparateur de vélos ambulant dans sa vie parisienne, soudeur prometteur dans sa vie ardéchoise

- Yann alias moi-même en mode "c'est Mon Vélo !!!"

- Nico alias "le stagiaire" à qui je dois déjà le magnifique cargo que vous avez pu voir précédemment

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Bon, tout ça c'est bien beau mais on n'a pas été plus convaincus que ça par la solution Recyclette qui pose largement autant de problèmes qu'elle en résout. Alors on a remis le couvert sur un second proto. En fabrication intégrale cette fois-ci. Et comme le principe du porte bagages nous plaisait, on a aussi fabriqué le gabarit pour les construire facilement.

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Le proto qui en est sorti va être peint assemblé et soumis à un panel de testeurs pendant l'été et le début d'automne. Les retours nous serviront d'entrée pour un second workshop qui finalisera le vélo, les méthodes et permettra un test en vrai grandeur d'une fabrication en petite série avec pour objectif de fixer un tarif équitable pour tout le monde pour ces beaux joujous qui seront au catalogue en fin d'année.

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Mais outre les aspects techniques et la réalisation pratique, ce fut surtout une chouette semaine de rencontres et de partage, de camping à l'atelier, et l'occasion pour toute la bande de tater de la conception, de la fabrication et du poste à souder.

A refaire...

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07 juin 2019

Hvala Hrvatska !

Petites images d'un trip en Croatie, joli prétexte pour faire la connaissance de Vedran, premier salamandriste bosniaque de l'histoire de l'humanité !!! Antoine, Tchan et Goran faisaient aussi partie du voyage. (Vedran, Goran, Antoine, Tchan et Yann roulent comme des ânes !!!)

Magnifiques balades sous une météo de plus en plus généreuse (la première sortie sur l'Imber Trail fut très humide) et surtout de belles rencontres...

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L'embouchure de la Cetina est juste magnifique

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Vas-y Tchan ouvre la voie...

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Qu'ajouter ?

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La trace est juste évidente, ça doit passer, c'est certain...    ... mais personne n'a engagé l'obstacle...

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Rien que pour la photo, ça valait le coup de monter les vélos là haut, même si on les a aussi portés sur la moitié de la descente...

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Celle là on l'a bien méritée

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Hvala Goran !

Hvala Vedran !

Hvala Tchan !

Hvala Antoine !

HVALA HRVATSKA !

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23 mai 2019

En 2019, je fais ce que je veux - saison 2

Ben oui saison 2, on est passés au printemps, il commence à faire beau et chaud.

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Alors en 2019 :

- je rends ma cabane de plus en plus conforable

- je fais rouler Atom Earth Mother (oui, Earth, pas Heart, n'en déplaise aux Floydiens), le tall bike bleu au fond

- je termine ma remorque

- à défaut d'acheter chinois, je continue d'exploiter mes stagiaires pour qu'ils me fabriquent de beaux cargos (merci Nico !)

- je ré-invente le VTC (mais en version y'a du feu dedans !!!)

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Juste un petit teaser avant de vous présenter très prochainement un peu plus en détails mon nouveau cargo, joli bébé qui a servi de sujet d'école à Nico, stagiaire AFPA soudure venu découvrir les bases de la fabrication de vélo (le prochain sera pour lui, rassurez vous !). Ce gros joujou aux allures gentiment militaires n'est pas encore fini mais il est déjà diablement efficace !

Cargo - Nico 2Nico au poste !

Cargo - Nico 1

Et les plus perspicaces auront remarqué au jeu des 7 erreurs que ce n'est pas la Bomba (mon gravel que vous avez pu apercevoir plus amont dans la neige) qui est en remorque, mais sa petite soeur, la Bombera. Matez la taille du pneu et la longueur de bases. J'ai fait très très fort et n'en suis pas peu fier ! Bientôt je vous révèlerai mes petits secrets...

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Bombera, en espagnol ça veut dire pompier, au féminin (ça existe pompière ?). Et la Bombera aura pour dure mission d'être la reine des DFCI (vous savez les pistes larges, mais pas toujours ultra lisses, créées pour la Défense de la Forêt Contre les Incendies). Un tempérament de feu pour éteindre le feu. Fight fire with fire ! Accrochez vous !!!

A très vite !

Yann

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11 mai 2019

L'hiver est fini, partez en Antarctique !!!

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Deux ultra fats à vendre en ce moment. Des vélos sans compromis pour maximiser la portance sur neige et autres terrains très meubles (sable).

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Le dernier né, construit autour de deux jantes prototypes de 126mm de large  et de 2 pneus Vee Rubber Snowshoe 2XL. Sur ces jantes, réalisées à base de 4 Surly Rolling Darryl découpées, soudées, poncées, peintes, le pneu offre un profil de pneu plus plat et plus large (132mm soit 5.25" mesurés aux crampons, encore plus au ballon) que sur les jantes fat de 100mm, les plus larges disponibles sur le marché. Prévu pour un montage en dérailleur, il est ici monté intégralement en Hope (moyeux, pédalier, potence, jeu de direction, boitier de pédalier) avec une couronne DN-UP (exclusivité Salamandre) de 22 dents. Il est ainsi possible d'obtenir des développements très faibles nécessaires dans les neiges molles (parce qu'avancer est difficile mais également parce qu'appuyer fort sur les pédales peut rompre la résistance d'une couche de neige un peu tassée).

Adapté à une personne de 1.75-1,80 environ, je peux le proposer tel quel avec les éléments primordiaux (kit cadre + roues complètes + pédalier) ou monté complet avec des pièces à définir ensemble. Pour partir avec ce beau joujou, il vous en coûtera la modique somme de 3000€ dans cette configura, un peu plus pour le vélo qui roule.

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Le noir vous l'avez déjà vu. Construit autour de sa roue arrière de 130mm de large (proto à base de deux Surly Marge Lite soudées) et d'un pneu Vee Rubber Snowshoe 2XL qui sort à 5.25" réels. Moyeu Rohloff XL, jante avant Surly Clownshoe de 100mm, freins Hope Race M4, montage tubeless... C'est un vélo conçu pour une personne de 1.70-1.75m, qui a peu roulé, qui vaut plus de 5000€ et que je propose à 3200€.

ET PETIT RAPPEL : DEMAIN SORTIE 100 KM DFCI ! Comme indiqué sur le message précédent vous avez jusqu'à ce soir pour me passer un SMS avec le nombre de croissants que vous prendrez au petit déj !

 Hummm... Va falloir que j'apprenne à pas bouger quand j'appuie sur le déclencheur moi...

 

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26 avril 2019

Que diriez vous d'une belle balade DFCIste ?

Partant pour un petit 100km sur les pistes DFCI cévenoles ? Très exactement 73km de pistes et 28km de jolies petites routes bitumées pour 2600m de dénivelé, de 150m à près de 1000m d'altitude à travers la pinède et les hêtraies, le grès et le schiste, l'Ardèche et le Gard. Pour partager ce moment avec nous, prenez votre gravel ou un VTT roulant (votre fat si vous voulez mais c'est pas le terrain idéal pour une fois) et rejoignez nous dimanche 12 mai à 7H00 au bar des sports à Saint Paul le Jeune.

 

Pas d'inscription "officielle" mais juste quelques consignes pour que tout se passe bien.

 

Inscription : informez moi simplement de votre venue par SMS au 07 87 22 onze 47 en me précisant combien vous prendrez de croissants et pains au chocolat afin que la café puisse en approvisionner la juste quantité.

 

Parcours : il est plus simple que chacun soit autonome et puisse rouler à son rythme, surtout si on est un peu nombreux. Vous pouvez consulter et télécharger la trace ici (https://www.openrunner.com/r/9868174)

 

Stationnement : merci de ne pas stationner sur le parking a proximité de la pharmacie et du bar des sports. Ce parking dessert les commerces locaux qui tournent bien le dimanche matin. Il leur serait préjudiciable que nous le monopolisions pour la journée. Il y a de places sympa à l'ombre sur la rue parallèle à la route principale, de l'autre côté de la grande place en terre (route de Banne, près du Crédit Agricole).

 

Coup de pompe : vous constaterez sur la carte qu'en cas de gros coup de pompe, il est possible de shunter la deuxième boucle et de ramener le circuit à 67km

 

Rendez-vous le 12 ;-)

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04 janvier 2019

Salamandre 2019

Je profite de la période de renouveau de la nouvelle année pour vous présenter quelques évolutions sur les Salamandre.

Après plusieurs années qui ont fait la part belle aux pattes de roue 2SoulsCycles EVO2, la fermeture brutale et non annoncée de 2SoulsCycles m'a demandé de trouver des solutions de remplacement. J'ai également abandonné mon traditionnel tube de selle cintré, remplacé par un tube de selle droit déporté vers l'avant complété par un petit renfort à l'arrière du boitier de pédalier. Le cintrage du tube supérieur se fait un peu plus léger pour respecter la nouvelle harmonie de l'ensemble. Pour le reste, les bases et haubans demeurent fidèles à la tradition Salamandre.

En images ça peut donner par exemple le beau vélo de Bruno, bien mis en valeur par l'objectif de Philippe Fournier

 

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Les pattes de roue arrière comportent une partie démontable permettant de monter des platines pour dérailleur et moyeu à axe de 10 à serrage rapide, des platines pour dérailleur et moyeu à axe de 12, ou des platines à pattes horizontales pour une utilisation singlespeed.

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Pour un usage dinglespeed ou Rohloff, je propose un boitier de pédalier à excentrique de fabrication artisanale locale à roulements intégrés (les plus perspicaces auront reconnu la Râleuse, le vélo que j'ai présenté au concours de machines).

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Petit détail sur le travail de l'arrière du boitier de pédalier et sur la couronne direct mount réalisée en Normandie sur mes spécifications par DN-UP. J'aurai l'occasion de vous présenter plus en détail cette solution, également disponible pour pédalier Middleburn, qui permet d'obtenir une ligne de chaine idéale sur un moyeu de 190-197mm avec un pédalier à Q factor limité (modèle à axe de 100 chez Hope ou Middleburn alors que c'est le modèle à axe de 120 qui est habituellement conseillé pour ce type de moyeu). Cela est possible grâce à la finesse des bases en acier et à leur travail en S permettant de coller au plus près au profil du pédalier sans risque de collision entre la manivelle et la base.

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Tout ceci est bien évidemment a suivre...

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31 décembre 2018

En 2019, je fais ce que je veux !

C'est ma résolution pour cette nouvelle année. Crise d'adolescence tardive ou annonce d'un âge enfin adulte ?

Mais avant de vous présenter mes belles résolutions pour cette nouvelle année, je me joins à Fred de Cévènavélo pour vous souhaiter une belle année 2019. Cet après midi Fred a enfumé son atelier à la lentille corail carbonisée (dont l'odeur m'a extirpé de ma sieste !). Alors plutôt que de nous asphyxier, nous avons profité de cette belle dernière journée de l'année pour aller saluer notre Saint Graal local, sa majesté le Serre de Barre

Serre de Barre 20181231

Mais revenons à mes belles résolutions. "Je fais ce que je veux."

Déjà qu'est ce que je veux ? Je ne peux pas tout avoir, je ne peux pas tout faire, je ne peux pas tout vivre, je ne peux pas tout voir... Il va falloir choisir ce que je veux vraiment, et renoncer au reste... Aïe, ça se corse déjà cette crise d'adolescence ! Mais plus difficile encore, dans je veux, il y a deux mots. Le premier est "Je". Qui est-ce qui veut dans je dis :  "je veux" ? Est-ce vraiment moi  ? Je ? Ou est-ce quelqu'un d'autre ? Ma compagne, mes parents, mes enfants, mes amis, mes clients, les gens dont je veux qu'ils m'aprécient, la société tout-entière, ou simplement une part frustrée et pas vraiment objective de moi-même ?

En quelques lignes, cette phrase d'enfant en colère est devenue un vrai casse tête. Pour faire ce que je veux, je dois d'abord déterminer ce que moi, et seulement et réellement moi, je veux vraiment, puis je dois choisir de me limiter à cela en renonçant à d'autres voies pourtant si engageantes... Ensuite il va me falloir de la volonté. Il va me falloir bannir les phrases excuses. "Je n'ai pas le temps". Si j'ai vraiment fait mes choix, j'ai le temps de les mettre en oeuvre. "Je n'ai pas le choix". J'ai toujours le choix mais tout choix implique des conséquences, lesquelles suis-je prêt à assumer ? Eviter les renoncements au premier obstacle "Finalement c'est pas ce que je veux...". Bref, je vais devoir être intransigeant avec moi-même.

Pour ce qui nous concerne ici, Salamandre, pour 2019 je veux agir dans plusieurs voies :

- Je veux mettre à niveau mes outillages de base dont certains n'ont pas été réalisés de manière assez précise et génèrent un surplus de travail inutile et très frustrant : gabarit de fabrication des bases et haubans, support de pattes de roue arrière de mon gabarit principal...

- Je veux également développer de nouveaux outillages pour faire évoluer mes fabrications : outil de cintrage des bras de fourche, nouvelle cintreuse de bases-haubans, gabarit compact pour réaliser rapidement mes vélos habituels, au chaud dans la partie fermée de l'atelier...

- Je veux creuser plusieurs pistes techniques : aboutir le vélo du concours de machines très prometteur mais seulement l'ébauche de ce qu'il pourrait être, et d'autres projets que je garde secrets pour l'instant...

- Enfin, je veux prendre le temps de rouler plus, de communiquer (un peu) plus, terminer et vendre les vélos qui encombrent l'atelier...

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Mais cette petite phrase "Je fais ce que je veux" peut prendre un sens encore plus profond : "J'agis dans le sens de ce que je veux voir advenir", "Je suis le créateur du Monde que je veux", "Je veux que le Monde aille dans cette direction, j'agis en conséquence". Je suis guidé par cette idée depuis de longues années. Pourtant que d'entorses je peux y faire au quotidien ! L'achat sur Amazon de 100 rouleaux abrasifs pour Dremmel au prix de 2,50€ port compris (de Chine) a été la goutte d'eau. A ce prix là on ne couvre même pas les frais de port en France. Qui a fabriqué ces rouleaux, dans quelles conditions ? Quelles conséquences écologiques, économiques ? Si j'ai bien un pouvoir, c'est celui d'acheter ce qui me convient et de ne pas acheter ce qui ne me convient pas. Dans ma vie de tous les jours, combien de fois ai-je commandé des vêtements, pièces, outils ou autres sur le premier site internet qui apparait (le plus gros, le moins cher) au détriment du magasin local chez qui je me contente de me dépanner et qui ne dépannera bientôt plus personne ?

En tant que constructeur artisanal de cadres de vélos, je bénéficie automatiquement de la bénédiction absolue du public. Le vélo est écolo, je travaille de mes mains, en France. Pourtant, je me sens bien loin de ce que j'aimerais vraiment incarner. D'où viennent mes fournitures ?  Quels trajets motorisés sont générés par mon activité ? Ne crée-je pas des besoins nouveaux qui vont générer une consommation que je ne souhaite pas ? Combien de fois ai-je fait baisser artificiellement le prix d'une Salamandre en indiquant le prix d'un vélo équipé de pièces qualifiables de "génériques" a priori fort peu "équitables" ? Je ne peux pas choisir pour mes clients, mais, en tant que "générateur de besoin en pièces", je me sens la responsabilité d'informer.

J'ai une définition bien à moi d'un vélo "équitable". C'est un vélo que chacun des intervenants de sa fabrication pourrait raisonnablement s'offrir s'il le désirait. Par "raisonnablement" j'entends jusqu'à 4-5 mois de salaire (ce qui n'a rien de choquant si l'on se rend compte que nos échelles de prix ont été faussées), pas plusieurs années. Dans certains pays, les ouvriers commencent à avoir un niveau de vie acceptable, mais si les prix sont 5 ou 10 fois plus faibles qu'en France, est-ce équitable pour nous ? Voulons nous conserver une activité de production locale ? Malheureusement, ce vélo ne peut déjà plus exister car certains composants ne sont déjà plus fabriqués de manière plus ou moins locale. Alors faisons les meilleurs compromis.

A mon niveau je veux augmenter la part de constituants de cadres produits le plus localement et le plus éthiquement possible. Ce sera tout d'abord le cas pour mes futurs bras de fourche dont les tubes ont été produits en Seine et Marne, conifiés par une toute petite entreprise de Barcelone puis cintrés à l'atelier. Les tubes bruts, qui ont constitué une immobilisation financière importante en 2018, seront également utilisés pour les tubes de selle après usinage. Ce sera ensuite le cas pour les haubans puis les bases. A terme, chaque constituant va être passé au crible pour augmenter la part de fabrication la plus locale possible. Je vais également veiller à la provenance des constituants de mes outillages.

J'envisage également de créer des vélos dont certains composants spécifiques hors cadre et fourche seront produits à l'atelier. C'est par exemple le cas de "la Râleuse" (ainsi baptisée par auto dérision envers mon esprit râleur du moment), le vélo que j'ai présenté au concours de machines, dont la fourche intégre pseudo-potence, demi-guidons et roulements de direction (SKF suédois mais à l'avenir de bons SNR savoyards !)

"En 2019, je fais ce que je veux". Vaste programme. Bonne année à vous tous !

livraison Fatall

PS : non désolé, je ne prends pas la résolution de faire toutes mes livraisons en tall bike !!!

 

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