Il y a très peu de chances que vous connaissiez la Geobike. Cet évènement annuel qui en est à sa sixième édition propose à ses participants de parcourir un très long parcours (240km environ) de très beau VTT (Gorges du Tarn, Grands Causses, Cirque de Navacelles, Massif de l'Aigoual) en un temps imparti relativement court (30 heures) guidé par GPS et sans assistance. Sans chercher la confidentialité, la communication sur l'épreuve se fait uniquement sur la promotion qu'en font les participants aux éditions précédentes.

Si bien que ce samedi matin, aux environs de 9H30, c'est une petite vingtaine de participants qui s'élançaient pour de longues heures de pédalage vers l'inconnu. Inconnu du parcours, mais surtout inconnu d'eux même, une telle distance dépasse de tellement toutes nos références. Parmi les participants, seulement 4 ou 5 avaient participé à une édition précédente (dont moi-même, l'an dernier). Et parmi les vélos des participants, les deux Salamandre "big orange" et "citron" qui vous sont désormais familières, avec leurs pilotes respectifs Fred et Yann.

Geobike - Fred Yann Laurent - Causse noir

Petit montage "spécial géobike" pour ces deux vélos. Du côté du citron, changement de fourche pour une plus longue avec des fixations latérales, position sensiblement réhaussée pour tenir la distance sans mal de dos, installation d'un éclairage puissant et de deux batteries pour tenir toute la nuit et emport de tout le matériel nécessaire sur le vélo (vous connaissez désormais mon allergie au sac à dos) toujours grâce aux astucieuses réalisations de Beth (Wildcat Gear).

Du côté de "Big Orange", Fred ne souhaitant pas tenter le jeu en singlespeed en dépit d'un cadre uniquement prévu pour cela, nous avons installé 3 plateaux et 3 pignons avec possibilité de choisir (pour un certain temps quand même) entre 3 vitesses avec déraillement manuel de la chaîne (28x28 , 32x24 et 34x22 qui demandent tous la même longueur de chaîne), emport également du matériel sur le vélo grâce au Mountain Lion et au Tiger de Wildcat et montage de la même lampe Hope R4 très performante. Le choix du singlespeed était un peu osé, soit…

Ensemble sur le début du parcours, nous nous sommes séparés pour suivre nos rythmes respectifs sur le Larzac. L’efficacité du fat m’a permis de rattraper tous les concurrents dans le secteur technique de la fin du Larzac et surtout des Gorges de la Vis. Tous, sauf un : Guillaume, tenancier passionné du magasin Zeveloshop à la Fouillouse (42), où il distille ses conseils avisés de pratiquant chevronné. Guillaume est tout simplement arrivé une heure avant tout le monde au refuge de la mi-course où il a attendu bon nombre des autres participants ! J'ai eu la chance de repartir en sa compagnie mais il a dû m’attendre quelquefois, notamment dans les ascensions trop raides pour le développement de mon vélo et mon état de fatigue. Et c’est au lever du jour après avoir tout donné dans le sentier valléen des gorges du Tarn pour boucler avant 8H (perdu : 8H01 !) que nous avons rallié l’arrivée, les premiers, bien que la Géobike ne soit pas à proprement parler, une compétition.

Quant à Fred, au meilleur de sa forme, alors qu’il effectuait une très belle remontée, il a perdu son GPS dans la très technique descente sur les gorges de la Vis : trouver un GPS gris dans un univers de rocaille grise, à la nuit tombante sur un secteur de 2 km. Mission impossible. La mort dans l’âme, ne pouvant plus suivre le parcours, il a dû se résoudre à abandonner, ce qui n’est pas déméritoire car la course étant sans assistance, il a dû rallier l’arrivée par ses propres moyens, c’est-à-dire un bon 180 km de vélo en tout dont plus de 100 de tout terrain.

Au bilan 22h22 de grand et de beau vélo, un long moment, non pas de solitude mais de partage, d’humains qui cherchent côte à côte leurs propres limites. C’est aussi la démonstration sur un parcours vraiment éprouvant physiquement et techniquement de l’efficacité d’un fatbike. Si vraiment ce type de vélo avait le rendement désastreux que l’on imagine tous a priori (j'étais le premier à le penser avant d'avoir essayé), le résultat n’aurait pas pu être celui-là.

L’année prochaine ? Pour moi, un vélo vraiment optimisé pour cela et peut être un nouveau parcours. Nous allons nous y pencher sérieusement avec Loran, l’organisateur ultra efficace de l’épreuve. Ma proposition de parcours (le parcours test du vélo gris dans les messages précédents) l’interpelle. Je le peaufine actuellement pour le rendre irrésistible et que Loran craque !!!

Merci Loran, Guillaume, Fred et merci aussi tous les autres avec qui j’ai partagé quelques tours de roue, parfois même sur plusieurs dizaines de kilomètres.