Les Salamandre ne se distinguent pas par des matériaux très haut de gamme ou une finition digne d'orfèvrerie. Leur point fort tient dans la géométrie. Au sens esthétique comme au sens comportemental. Mais comment est née cette géométrie qui fait le bonheur des salamandristes ? Petite histoire de la géométrie des Salamandre à travers mes vélos personnels.

Big Orange (décembre 2011) : le grand frère

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Si Big Orange a reçu très vite un gros succès, c'est plus par l'association des courbes de ses tubes et des rondeurs de ses pneus que par sa géométrie proprement dite. Ne sachant pas trop comment prendre le problème, j'ai quasiment recopié la géométrie d'un Surly Pugsley. Au départ prévu pour moi, ce vélo s'est vite avéré trop grand, notamment en raison de son tube supérieur très haut pour mes jambes pas si longues. Fred s'y est rapidement trouvé plus à son aise et ce gros joujou est parti vivre en Aveyron

Le Citron (avril 2012) : à la recherche du jeu

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Avec le Citron, j'ai tenté de me rapprocher plus de ce que je pensais être une géométrie ludique. J'étais à l'époque convaincu qu'une direction assez redressée était plus vive qu'une direction couchée (voir les vélo-polos). J'ai donc conçu un vélo avec des bases plutôt courtes (430mm je crois, ce qui était déjà pas mal pour un vélo acceptant une couronne de 32 dents sur une ligne de chaîne de Rohloff), un angle de direction redressé (peut être bien 71° de mémoire) et un boîtier de pédalier plutôt haut (BB drop de 45mm). Le résultat était pas mal mais sans plus. Pour ma participation à la Géobike 2012, j'ai eu besoin d'une fourche avec des points d'emport. J'ai donc remplacé la fourche par une Surly, plus haute, en me disant que pour cette épreuve, je n'avais pas besoin d'un vélo ludique. Et là, surprise : le vélo, même chargé, était plus joueur que jamais. Ni une ni deux, je fabrique une fourche plus longue pour le Citron qui devient ce véritable BMX à gros pneus.

Résurgence (mars 2013) : le même en un peu mieux

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Avec Résurgence, je n'ai pas cherché à faire évoluer la géométrie du Citron que je trouvais parfaite, j'ai simplement cherché à en faire le vélo dont je rêvais en 2010 : un fat compatible Rohloff aux couleurs sobres et disposant de nombreux points d'emport pour du bikepacking. Le Citron était tout sauf sobre et un mauvais positionnement des pattes de roue le rendait incompatible avec le pignon de 16 dents du Rohloff. Ce n'est donc pas avec Résurgence que la géométrie des Salamandre a beaucoup bougé mais c'est à son guidon que j'ai rencontré Pascal (qui n'était pas encore devenu Fatscal) en octobre 2013.

En juin 2013, nous alignons ces trois vélo au départ des 24 heures de Méjannes le Clap. Et là nouvelle surprise. Sur un parcours plutôt roulant, nous tournons tous (4 pilotes) au moins une minute plus vite au tour avec Big Orange qu'avec le Citron ou Résurgence ! Non seulement les gros pneus ne nous ralentissent pas mais il nous font rouler plus vite. Probablement en partie grâce au tubeless (les autres sont en chambre), mais il me faut essayer. Je dois me construire un Big Fat !

Hulk (octobre 2013) : plus gros mais moins rigolo

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C'est donc Hulk qui m'ouvrira la porte des vraiment gros pneus. Montage singlespeed évidemment et moyeu de 150mm qui m'a limité en ligne de chaîne et imposé de revenir à des bases plus longues : 445mm. Mes angles de direction sont descendus à un gentil 69°, mes boitiers de pédalier tournent autour de 45mm de BB drop. Mais malgré ça, je ne trouve pas Hulk assez joueur. J'adore les gros pneus mais ces bases longues pénalisent le comportement du vélo. Bon tout est relatif, j'ai l'occasion de tester les fats du commerce de Audrey et Julien et en comparaison Hulk est un jouet. Mais je ne retrouve pas ce comportement de BMX que j'avais sur le Citron ou Résurgence

Il me faudra donc un nouveau vélo qui fera la synthèse de tout cela. Mais ça, c'est pour la saison 2 !

 

Salamandre bikes are not known for very high-end materials or a finish worthy of silversmithing. Their strength lies in the geometry. Geometry in its aesthetic sense, geometry in its behavior sense. But how was this geometry born that makes salamandrists happy ? Here is a little history of Salamandre geometries through my personal bikes.

Big Orange (December 2011): the big brother

Big Orange received a big success very quickly. It is more because of its curvy tubes and fat tires than its geometry. At that time, I had very few ideas about how to deal with geometry. My main goal was to be able to build a frame. So I almost copied the geometry of a Surly Pugsley. First planned for me, I quickly felt that it was too big, especially because of its top tube, too high for my legs. Fred quickly found himself more comfortable and this big toy went to live in Aveyron

Le Citron (April 2012): seeking fun

With Le Citron, I tried to get closer to what I thought to be a playful geometry. I was convinced at the time that a fairly upright steering column was lighter than a lying one (see the polo bikes). So I designed a bike with rather short chainstays (430mm I think, which was pretty good for a bike with a 32 tooth chainring on a Rohloff chain line), a straight steering angle (maybe 71° if I remember well) and a rather high bottom bracket (BB drop 45mm). The result was not that bad but not as fun as expected. To attend the Géobike 2012, I needed a fork with fixtures. So I replaced the current one with a higher Surly, thinking that the bike would be less fun what was no problem for this event. Big surprise: the bike, even loaded, was more playful than ever. I immediatly made a longer fork for Le Citron which became this real BMX with big tires.

Resurgence (March 2013): the same, a little bit better

With Résurgence, I did not try to change the geometry of the Citron that I thought was perfect, I simply tried to make of it the bike that I dreamed of in 2010: a Rohloff compatible fatbike with pastel colours and many fixtures for bikepacking stuff. Le Citron was anything but sober and a poor positioning of the rear dropouts made it incompatible with the Rohloff’s 16-teeth sprocket. So Resurgence didn’t improve the geometry of the Salamandre, but riding it, I first met Pascal (who had not yet become Fatscal) in October 2013.

In June 2013, we used these three bikes to run the 24 hours of Méjannes le Clap. And there, another big surprise. On a rather easy rolling track, we all rode (4 riders) at least one minute faster on one lap with Big Orange than with le Citron or Résurgence! Not only do the big tires not slowed us down, they even made us faster. Probably partly thanks to the tubeless (the others were equiped with tubes). I have to try this more. I have to build a Big Fatbike!

Hulk (October 2013): fatter but less fun

So Hulk opened me the door to the really big tires. Obviously singlespeed. The 150mm hub limited me in chainline and forced me to build longer chainstays : 445mm. Hulk featured the current (at that time) figures of most Salamandre fatbikes : 69° steering angle, 45mm bottom bracket drop. But despite that, I found Hulk not playful enough. I loved the big tires but these long chainstays penalized the bike’s behavior. Not that bad, I had the opportunity to test the fats (from big brands) of my friends Audrey and Julien and in comparison Hulk was a toy. But I didn’t find the BMX behavior of Le Citron or Resurgence

So I needed a new bike that makes the synthesis of all this. But this is for season 2...