En cette période électorale, je me permets un petit appel à reprendre tous notre pouvoir. La renonciation à notre pouvoir est perceptible à tout moment dans des phrases anodines et pourtant tellement révélatrices : Je n'ai pas le temps. Je ne peux pas me le permettre. Je suis trop vieux. Je n'y peux rien. C'est de la faute à... Je n'ai pas la force. Je n'ai pas le choix... La liste est longue ! Pourquoi un tel fatalisme ? Qu'est-ce qui nous a dépossédés à ce point de notre pouvoir ? Face à ces croyances (car ce ne sont que des croyances) un seul mot d'ordre : DEBOUT !

Ne cédons pas notre pouvoir de décision aux politiques. Le 15 mars prochain donnons nos voix à ceux qui s'engagent à nous impliquer. Les listes construites sur le modèle de Saillans qui promeuvent une véritable démocratie participative fleurissent partout. Suivons les. N'écoutons pas les beaux discours, les programmes tout faits avec de belles actions déjà définies. Soutenons ceux qui disent qu'ils vont nous faire travailler, ceux qui n'ont pas encore les réponses aux questions mais qui veulent bénéficier de l'intelligence collective pour les trouver.

Ne bradons pas notre temps. Choisissons ce que nous voulons en faire. Personne ne peut tout faire, des choix sont nécessaires. Faisons les consciemment et osons les affirmer : "Non je ne souhaite pas faire cela, ce n'est pas dans mes priorités.". Et si c'est déjà du passé, plutôt que "Je n'ai pas eu le temps." oser assumer un "Je n'ai pas pris le temps.". C'est tellement plus gratifiant d'assumer cela que de trouver des excuses...

Achetons moins mais mieux. Oui les produits durables, équitables, locaux, fabriqués par des passionnés sont nettement plus chers que leurs équivalents industriels en provenance de l'autre bout du Monde. Mais qu'il est plus gratifiant de faire ces choix, de les mûrir, de les attendre. Quelle satisfaction de se dire que personne n'a souffert pour les créer ! Quelle satisfaction surtout que de me dire "Je ne suis pas très riche mais je peux me permettre ça : je fais ce choix". Plus généralement ne nous enchaînons pas à l'idée de pouvoir d'achat. Le pouvoir d'achat est un pouvoir bien illusoire devant le pouvoir de non-achat. Chercher à augmenter son pouvoir d'achat est aliénant. C'est un enchaînement à l'idée de consommation et à l'obligation d'obtenir un revenu pour assouvir cette pulsion. Il est bien plus gratifiant de trouver en soi la force de ne pas céder à cette frénésie, trouver les solutions pour assouvir nos besoins sans cette dépense ou réaliser que ces besoins n'en sont peut-être pas.

Ne nous soumettons pas à un employeur (ou autre rémunérateur). C'est la conséquence du point du dessus. Prendre conscience qu'on n'a pas tous ces besoins nous libère de ce joug. Si nous pouvons ne pas dépenser, nous n'avons pas besoin de nous prostituer et nous pouvons commencer à songer à créer ce qui nous plait. Créons de toutes petites entreprises qui nous ressemblent, des entreprises participatives portées par des idées fortes. Des entreprises qui ne rapportent pas forcément énormement d'argent mais tellement de satisfaction. Des entreprises où l'on a le sentiment de s'amuser, où le dimanche soir devient une fête. Soyons créateurs de nos vies.

N'abandonnons pas notre pouvoir de nous soigner aux médecins. La plupart des maladies se soignent d'elles-même sans le moindre traitement. Les remèdes de grand-mère font des miracles. Une bonne hygiène de vie (avec plaisir, la frustration n'est pas bonne conseillère) préserve  de bien des maux. Quand vraiment on ne comprend pas ce qui se passe, l'avis d'un médecin est bon à prendre, mais avant de foncer dans un traitement pharmaceutique, faisons jouer notre avis critique, consultons des thérapeutes pratiquant d'autres médecines. Prenons notre santé en mains. Le recours systématique à la médication pharmaceutique affaiblit le corps. Le recours systématique au médecin affaiblit la confiance en notre propre pouvoir de guérison.

Faisons du vélo ! Oui du vélo pas du VAE. Il y a 50 ans tout le monde se déplaçait à vélo. Aujourd'hui on entend chaque jour des personnes en pleine forme dire qu'il leur faut un VAE pour pouvoir remonter sur un vélo. Evidemment la première fois ça pique un peu mais le corps apprend vite. Evidemment les VAE vont plus vite, ils montent la côte selle en bas comme des fleurs. Mais quelle gratification en tirer ? Quelle perte de confiance en nos propres capacités ? Par ailleurs les VAE de série tout intégrés sont des produits jetables fabriqués à l'autre bout du Monde. Quand le fabricant du moteur aura changé son standard, le vélo complet partira à la poubelle. Les batteries ont une durée de vie limitée et contiennent des produits dangereux et il faut bien des centrales pour fabriquer le courant électrique.

Allons explorer les limites de notre corps et voyons comme elles sont infiniment plus loin que nous l'imaginons. Si nous ne nous croyons pas capables de faire 100km à vélo, faisons-en 400 ! Pas capable de jeûner plus de 2 jours ? Essayons la semaine. Notre corps a des ressources insoupçonnées qu'il rêve de nous montrer. Il est fait pour ça !!! Découvrons comme il peut changer de carburant, s'adapter à des situations nouvelles, se nettoyer tout seul (pensez quand même à changer de vêtements, eux n'ont pas cette capacité), se régénérer en quelques minutes de repos... Vive notre corps, c'est une merveille.

C'est un peu toutes ces pistes que j'ai essayé de creuser dans ma vie et je continue à le faire chaque jour. Je suis loin d'être au top de tous ces domaines mais j'ai la conscience de cela et l'envie d'approfondir ces pistes, de retrouver mon véritable pouvoir. Et vous ?